‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 174 sur 231 · II. LA PIERRE DE SI-N6AN FOU. ISI · texte numérisé non relu

II. LA PIERRE DE SI-N6AN FOU. ISI

et sans intermédiaire sur Tun des estampages chinois que j*ai encore sous les yeux en Irâoant ces lignes.

Ce n*est pas, du reste, pour la première fois quelle paraît, avec une exactitude et une précision très suffisantes. Nous ne faisons pas difficulté de reporter au R'^ Williamson Thonneur d'avoir le premier reproduit un décalque analogue. Nous ne lui reprochons que d'avoir un peu embelli le dessin original de la croix, figurée ici avec plus de rigueur, mais les contours sont exacts dans sa vignette, et les enjolivements en sont dûs peut-être au caprice du graveur sur bois. A moins pourtant qu'il faille les attribuer à M. Lees, compagnon de voyage de Williamson, et auteur du croquis. La croix est bien une crpix de Malte : mal copiés ou mal compris, les trois cercles qui ornent chaque extrémité ont peut-être donné lieu, soit à l'interprétation trilobée de Léontiewski, soit au vieux type fleurdelysè, soit aux rapprochements tentés avec la Croix de S. Thomas et de .^. Jean, soit encore au profil hastf^ de Boym. Kircher, Pauthier et Dabry de Thiersant.

La planche phototypique mise en tête du travail de Legge n'est qne la reproduction d'un lavis qui réunit deux des trois dessins de Williamson; l'un est la croix de Malte authentique; l'autre est une copie au pinceau de la gravure sur bois du croquis de Lees. Il représente tout le haut de la pierre, qui, sans doute, n'avait jamais été reproduite. On y soupçonne une sorte de draperie, peut-être des silhouettes d'animaux assez indécises. Ce sont les dragons écailleux dont nous avons parlé plus haut. Sans trop s'en rendre compte, Williamson a défiguré ce superbe morceau de sculpture.

Legge remarquait prudemment à ce propos: «C'est à M. Lees que nous devons les singulières figures qui forment rornementa" tion autour du titre ; une étude ultérieure viendra peut-être modifier légèrement la représentation qu'il en fait. (1). Nous lui efti-

\1] (.Vtte modification est plus profonde (|u'il ne la piévoyait.

Le lecteur est désorninis fixé sur le motif de rornementfition supétienre, constituée par un enchevêtrement d • dragons squammeux. Nous avons fait ressortir à la page 111 Tair frnppant de ressemblance, d'étroite et évidente ))arentc qui, à première vue, rattacha telle* ment cette stèle à celle de Si-hia charif plus vieille d*un siècle, que plusieurs s*y trompent et les prennent l'une pour Tautre. Animalier jdus que médiocre s'il s'agit de l'exacte véiité dans le rendu de la natuie vivante eu morte, le Chinois se révèle artiste consommé pour imaginer et construire telle béte fantastique ou de style héraldique; mais il excelle siirtout dans la représentation du dragon national ! En rédigeant la note 2 de la page 85 sur les bas-reliefs relatifs à Si-waugmou^ (l'Istar ou Vénus chinoise, au dire du D' Edldns), nous ignorions qu'ils venaient d*étre l'objet d'un excellent travail intitulé: «La sculpture sur pierre en Chine, au temps des deux dynasties Ilan, imr EdouArd Chavannes». Paris, Leroux 1893. in 4*. pp. XI — 88. avec M planches.

pruntons aussi la croix gravée immédiatement au-dessus de ce titre. Le procédé d'estampage qui assure Tcxacte reproduction des caractères intaillés est absolument inapplicable aux sculptures en relief.» {op. cit. p 34.) Il s'agit du procédé chinois, que nous avons décrit ailleum. (1)

Souhaitons qu'on ne tarde pas à exécuter, au proflt des grands musées du monde, des estampages fidèles, ou des surmoulages plus désirables encore, de ce vénérable monument, qu'on tremble de voir ainsi exposé aux vicissitudes du temps et des événements, toujours si inclémentes en Chine !

Une correspondance adressée au Daily News (20 avr. 1893) par le R^ Duncan Moir, très zélé pour l'étude et la préservation de la célèbre stèle,' exprime la juste indignation de l'auteur en constatant que plusieurs des caractères venaient d'être martelés par malveillance. Il rétablit en outre la vraie forme de quelques idéogrammes inexactement figurés dans le texte de Legge.

Williamson est l'un des derniers voyageurs qui aient pubh'é le récit de leurs excursions auprès et autour de la fameuse pierre. Ce récit est un sûr point de repère pour Thistoire successive du monument. aOn nous informa, écrit-il, que la tablette nestorienne existait encore parmi les ruines d'un temple appelé le Ching-tung, eu dehors de la porte de l'Ouest... Traversant les faubourgs, nous parvînmes aux restes d'une pagode bouddhique; un vieux bonze nous dit: «Ce n'est pas là votre temple, le voici;y> et il nous montrait un ensemble de ruines vers le Sud-est. Nous traversâmes un champ de blé, et, franchissant un mur à demi renversé, nous entrâmes. Là, à notre joie, je trouvai la tablette que je reconnus d'après un fac-similé que j'avais chez moi. La tablette se dresse entière, sans aucune égratignure, dans un renfoncement en briques faisant face au Sud, parmi des amas de pierres, de briques et de décombres... Nous ne pûmes voir les inscriptions syriaques des côtés, mais nous trouvâmes le syriaque qui est en bas; vraisemblablement les inscriptions syriaques latérales sont encastrées dans la maçonnerie.» Grâce aux derniers renseignements des missionnaires catholiques, on sait dans quel sens il faut modifier plusieurs de ces lignes, pour se figurer les conditions dans lesquelles le monument provoque désormais les investigations ultérieures. (2).

(1) Cf. La Revue Etudes rdigieute» .. t. XLIX. niarg 1890. p. 488.

(2) Notona quelque légère incohérence dans la description Me WiUiamson, en dé- ■accord avec sa gravure du Monument sous abri. Aurait-il réussi à voir les caractères chinois de Ban Tai-hoa sans voir les caractères syriaques quMls coupent en partie? Or U mentionne les premiers en avouant qu'il n'a pu considérer ces derniers. Comment du reste examiner les tranches de la stèlo, si elle est aussi encastrée dans la maçonnerie que

Ti ndique la figure? Le texte, comme document, l'emporte ici sur l'illustration.

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