TRADITIONS ANCIENNES SUR LA CROIX
SI
Les Juifs chinois. — Le Tau cruciforme. — La croix de Méliapore.
C'est donc un fait définitivement acquis h l'histoire; elle peut l'enregistrer sans témérité : d'après le texte de la pierre de Singan fou, à la fin du VIII* siècle, les Chrétiens avaient des établissements prospères en Chine. Et pour arriver à ce résultat, pour emporter de haute lutte cette sorte de reconnaissance ofïîcielle, que d'efforts courageux, que de tentatives héroïques, que de ténacité persévérante, que de temps surtout n'avait-il pas fallu! Ce monument constate l'épanouissement progressif du Christianisme, nestorien ou non; il ne le représente pas comme un événement imprévu, accidentel, subit, éphémère et transitoire, mais comme un fait se produisant sans suprise, logiquement, et au grand jour. Tirons en celte conclusion que la croix, le symbole préféré du Christianisme, ne resta pas en Chine un symbole caché, dissimulé, intelligible aux seuls initiés et adeptes, en vertu d'une sorte d'ésotérisme particulier, puisqu'on l'arborait alors comme le blason, le chiffre de cette religion. (1).
Faute de documents, je ne sais s'il faut étendre à la Chine d'alors l'usage nestorien signalé par le P. du Jarric : «Les prêtres portent la couronne sur la teste, non pas en forme ronde comme nous, mais en croix». (2).
(1} 11 semble qu'en gravant cette croix au frontispice du mcnument on prétendait
traduire ce passage de rinscription tracée eu dessous : «le sceau de cette religion est une
croix... qj # + ^»-
(2) Histoire des choses piux mémorables advenues tant e: Indes... par le P. Pierre
du Jarric, Tolosain, S. J. Bourdeaux. 160».