I. LES MALHEURS D'UN CRITIQUE MODERNE
Avant d'entrer dans le détail de notre histoire, qui intéresse à la fois la géographie, l'économie sociale, la science géologique et l'honneur même des missions catholiques, le lecteur nous saura gré de lui présenter tout d'abord un de ces textes malheureux, auxquels nous faisions tout à l'heure allusion. Il est de M. El. Reclus. Mis en regard des variantes que nous proposerons a l'érudit compilateur, il permettra à chacun d'embrasser d'un coup d'œil la somme remarquable d'inexactitudes qu'il est possible d'entasser en un si petit nombre de lignes.
(1) Lettre du P. Gaubil à M. de Tlsle 1752.
L*ÎLE DE TSONa-MING.
Texte de la Nouvelle géographie (1).
On dit que l'île de Tsoungming ou Kiang ché, c'est-à-dire la «Langue du Fleuve» qui s'allonge dans l'estuaire (du Yang-tse) du nord-ouest au sud-est, immédiatement au nord de la rade de Wousoung, effleurait à peine la surface à Vépoque de la domination des Mongols, (1280 à 1368)
Les premiers habitants envoyés sur le sol affermi, furent des bannis du continent, mais l'île ne cessant de s'accroître et de se consolider, fut bientôt après visitée par des colons libres, qui en changèrent l'aspect par leurg canaux, leurs levées, leurs villages et leurs cultures.
Des pirates japonais s'établirent aussi sur le littoral océanique, et leurs descendants devenus de pacifiques agriculteurs se soni mêlés aux immigrants d*origine continentale,
Tsoungming où sur environ un millier de kilomètres carrés se pressent deux millions d'habitants, est une des régions les plus populeuses et les plus fertiles de la Chine i
Les colons de Tsoungming avaient pendant la première moitié de ce siècle, Vavantage de vivre indépendants, sans mandarins qui vinssent leur faire payer des impôts et les vexer par des règlements.
Variantes proposées.
L'île de Tsong-ming (^ ^), ou plus exactement Dzong-ming, appelée aussi autrefois Kiangché {iL ^), remonte au commencement du 8® siècle (705)
Les premiers habitants furent des pécheurs et des faucheurs de roseaux, émigrés volontaires du continent, dont l'histoire nous a conservé les noms. Bientôt ils furent rejoints par d'autres familles également libres, originaires des environs de Nan-king
Des Japonais firent à partir du 14** siècle, plusieurs descentes à Tsong-ming, mais si quelques-uns d'entre eux y trouvèrent un tombeau, nul, que Von sache, n'y laissa de postérité,
Tsong-ming avec une surface d'environ 720 kilom, carrés, nourrit plus d'un million d'habitants. La densité extrême de la population jointe à la médiocrité de ses terres, réduit cette île à une profonde misère.
Tsong-ming fut d'abord rattachée à plusieurs centres administratifs du continent, mais depuis Tan 1293, date de son érection en district séparé, l'île a été régie jusqu'à nos jours par une série ininterrompue de 216 sous-préfets, dont 33 pour les cinquante premières années de ce siècle, U impôt de Tsong-
(1) Nouvelle géographie universelle, par El. Reclus. T. VI. L'Asie orientale, pag. 405.