‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 204 sur 231 · IV. IMAGES ET CRUCIFIX · texte numérisé non relu

IV. IMAGES ET CRUCIFIX

très, échappaient à la recherche des ennemis de la religion : ce pieux artifice aura été découvert dans la suite et rendu inutile par des perquisitions plus exactes; et c'est ce qui fait sans doute qu*on a discontinué à King-té tchen ces sortes d'ouvrages.» (1).

On le voit : la croix se trouvait mêlée partout aux habitudes de la vie profane et religieuse des Chrétiens. Aussi les î)aîens étaient-ils bien au fait de leur vénération pour ce symbole sacré et de la vertu bienfaisante qui y réside. Ces traditions, datant des premiers siècles de notre ère et perpétuées à travers les âges, ne sont pas toutes perdues de nos jours. Quand, en 1891, dans les pillages de nos établissements, sur les rives du Yang-tse Kiang, à Ou-si ^ ^ et aux environs, la croix qui les dominait venait à être renversée, beaucoup de ces païens se précipitaient pour en détacher des morceaux. Il en résulta parfois des rixes sanglantes. Plusieurs Chinois, trop cupides, périrent écrasés, victimes de leur ardeur à ce vol. «C'est qu'il y aurait dans ces croix un trésor bien précieux, dit la relation d'un missionnaire témoin des incendies; si bien que quiconque le découvrira est sûr de s'enrichir et n'a plus rien à craindre du fong-choei,yy (2).

Puissent les Chinois mieux pénétrer la valeur du véritable joyau renfermé dans la croix : in Cruce salus, in Cruce vita !

(1) Lettres édif. X. — Jao-tclteou. 1712. — Le musée Guiraet n'est enrichi d'un «isaez grand nombre de ces pièces, japonaises ou chinoises, à sujets religieux. Au Japon, les muscps en montrent ausâi, à côté de divers obj-ts du culte catholique indigène. — On lit à l.i p:)gc 22 du Petit Guide illustré du uiusée Ouimet : « La travée de gauche contient les sujets religieux inspirés par les Pères jésuites. Un service à thé représente rétablissement de ces missionnaires dans le Chen-si axL X VHP Siècle.» — Dans le n** de nov. 1890 des Etudes religieuseSy p. 441, nous avons dit qu'à V Expftsition d'hygiène <le Londres (1884,) figurait, selon Texpression du Catalogue officiel t « un vase de grande valeur où l'on saisit Li trace de l'invasion jésuite dans l'art chinois.» Dans la même Revue (p. 440) nous avions cité l'aveu du P. d'Entrecolle«, relatant les importunités des Mandarins qui le pressaient de faire venir des dessins et modèles d'Europe, pour les fabriques impériales de {)orcelaine.

(2) On Ta souvent expliqué : dans l'idée païenne le fong-ckoei JBL "^^ vent et eau ^ représente vaguement les influences géomanciennes, favorables ou pernicieuses, dérivant du site, du voisinage et de l'orientation. C'est la confusion et le mélange des conditions atmosphériques, climatériques et telluriques, avec les influences surnaturelles, suprasensibles et superstitieuses. C'est une observance d'origine moderne, absente des Classiques, condamnée dans le «Saint Ëdit» de K'ang-hl. Un jour que je mesurais et photographiais les ruines d'un très ancien tombeau, dans la campagne, un paysan, qui m'avait observé, vint à moi en me priant de lui dire, puisque j*em)doyais des instruments si parfaits, ce qu'il avait à faire pour soustraire aux influences malignes de cette sépulture sa maison, située à 800 mètres en arrière. On lui avait conseillé d' la tranporter ailleurs ou de bâtir un grand mur par di^vant, pour améliorer le fong-cfioei. J'eu« la satisfaction de l'amener à renoncer b ce coûteux et inutile projet.

Autre exemple : le Gouvernement chinois a ouvert en 1890 une Ecole Navale à Nankin. Or, en octobre 1S92, le mandarin directeur intérimaire do l'Ecole a fait démolir une des portes d'ectrée sur la rue, porte en style chinois et toute neuve, poar là faire reoons'

CROIJ ET 8WA8TIKA.

Fig. 180.

Notre étude tendrait à conclure que ce symbole leur fut, dans tous les âges, presque Tamilcr, et qu'eux aussi, plus d'une fois, ils ont inconsciemment é\c\& des autels au Dieu i mi-connu. Un missionnaire du XVII" siècle s'écriait: a Dans cette distribution de grâces que la Providence divine a faite parmi les nations de la terre, la Chine n'a pas sujet de se plaindre, puisqu'il n'y en a aucune qui en ait été plus constamment favorisée.» (1). Pour compléter ces indications archéologiques et évoquer encore des souvenirs, passionnants en vertu même de leur incertitude cnigmatique, qu'on nous laisse reproduire plusieurs fragments, copiés dans des recueils chinois.

Le premier est la partie accessoire d'un «trépied en terre n, nien-li jSj ^, sorte de vase à profil rituel et d'un galbe antique, remontant aux vifilles dynasties. (2). C'est une plaque perforée, introduite dans le vase quand on s'en sert pour cuire à l'éloufTée; l'objet s'appelle chou-ti- P' Se i£ tti< «couvercle fond, laissant passer (h vapeur d'eau.)» (fig. 180).

Le second fragment est la reproduction scrupuleuse du motif central, qui orne la panse d'une cloche à umbos, h anse latérale, à section transversale en amande, aux bords inférieurs échancrés en deux demi-lunes, et de forme essentiellement chinoise. Les recueils archéologiques présentent par douzaines ce type si caractérisé, usité encore aux sacrifices ofTiciels, comme j'ai pu le constater. Je ne connais pourtant que ce cas de quatre croix en place aussi évidente; cette cloche, d'après notre recueil, remonterait à une haute antiquité. (3). (fig. 181.)

tr.ilr» rl'une f»çoii iilentiqne, en inctiimnt toutefois Kon me d'environ 10" pur ni|>part ft riiligncmcnt do mur de clûtaTS. L'effet o|itii) ne est <1éiilon<1il.' ; mnii le faag-cluiti, tàan corrigé. e«t Bicpllent. 1,'ét^l •nnituire, lit rfiisiite ;iUK einiiieii», l'anieai" «o trmnù). let pro^if s leolnires et tecbniqnes, tout e>t ovauré <léKirin:iis.

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(1) Le Comte, op. ell. T. I. p. fl".

IS) Voir le K-ao-iou-l'ou ^ TET H i vol. IIl, p. 13. Noua avons donné Qn npéiA- >n Analogue percé Je cinq croix. Cf. p. S8.

(3. Cette figure eit tirée du Po-toufoulou ffi lË" H $9^* '"à XXI, p. 23.

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