‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 208 sur 231 · V. LES CROIX OU X DE PER · texte numérisé non relu

V. LES CROIX OU X DE PER

aisément reconnu, était fort populaire. Par contre, ma curiosité se trouvait vite mortifiée, quand renouvelant mon enquête pressante, et amoncelant questions sur questions, je n'obtenais jamais que les renseignements ordinaires.

Je dirai plus loin comment l'idée me hanta, à la suite d'une vague indication, que cette X de métal pouvait provenir d'une tour de fer, dans laquelle elle aurait servi, soit à relier les différentes pièces, y jouant le rôle d'armature interne, soit à asseoir les assises inférieures, soit même, vu le caractère fabuleux de certaines informations, à représenter quelque mystérieux talisman, quelque chêli-relique, déposé dans la base, selon l'usage hindou. (1).

Consultées, les Chroniques de Nankin, Kiang-ning fou tche (2), fournirent le maigre renseignement suivant : « On dit que l'endroit des ciseaux de fer s'appelle Yétcli'eng }f{ jjj^, ou «ville de la fonderie », parce que sous la principauté de Ou i^ on y fondait des métaux. »

L'éminoncc ;iu pied de la(|uelle gît le fei-lai tsien — laissons-lui son nom chinois si commode ! — a été de bonne heure occupée par un village. Au début de notre ère, on la trouve couverte d'habitations, comme toutes les buttes qui émergeaient au confluent marécageux de la Iloni et du Yang-tse hiang. Située maintenant au cenlre de Nankin, elle était alors assez éloignée de la ville de médiocre étendue, qui, fondée d'abord plus au Sud,

(1) Le cff^fi n'est pas un objet d'-teriiiiné ; la superstition donne à cette relique les formes les pluK diverses.

(2) 2l W )n ^» Livre VIII p 2. Dis le temps décrit par Confucius sous le nom de 7'ch*oen-t8i€ou 722-4^1 av. J. C), Yr-tch^enff aurait existé comme fonderie d'amies. Les Chroniques l'identiHcnt avtc reiiijducenicut actuel du TienKong y^ S • Bien qu'il ne seuible se rattacher «jue de loin au fvihn tuien, nous iuëcrons en entier le passage relatif à la Tour de fer, pour offrir an lecteur tous les élénijnta <le la iUscussiou et ninltiplicr les pièces utiles du i>rocès : « Dans l'ouvrage K'o-tsouotcltoei-pu ^ JSe jÇ pn on raconte qu'à l'endroit vulgairement api^elc Louo-st tchoan-wan (l^ ^iS W W» appellation jieutctre fautive, il y a^^^it une pagode dite fié -ta se WK ^ ^ ou «pagode de la tour de fer D, nommée jadis Louo se fp^ ^ • Cette ])agode fut bâtie au temps de Ja dynastie LieoU'Song Vj y^ sous le règne de ATtnrz-f^ nf] ^^ vers 4G5, sous le nom de Yen-tto ^^ Ifpî mais à cause d'un bonzu f>rt intelligent et aveugle de naissance, nommé Ltmohfou |p BRi le nom de cette pagode fut changé en Louo se Ift tj ou « pagode du bon. ze Louo ». Tar devant, on avait bâti deux tours en fonte de fer la 1^" année du règne ir'(en-Àm{7 (1022) de la dynastie des «S'onr; ^* Aussi cette pagode fut-elle appelée dans la suite « pagode de la tour de fer. » Mais d'autres prétendent qu'elle fut élevée sous l'Empereur Tai-tsong 7C tt» (027-050) de la dynastie des Tang @' {Chronique» du Chang* ijuen hien ei du Kiang-nin hien -t Dl M Jw ÎÈ' Livre V, p. 31). — Sur le Yétch'eng ou Yé-chan îp LU i se dressait un palais impérial, à la fin des T^ang (620-907) occupé par un prince révolté. Il fut refait de 892 à 937, sous lei Ou-wan^ 3« royaume de Ou. Au début du 12*' siècle, sous les Sonf/^ on enterra un prince héritier sur cette butte.

vnrs l'Arsenal, puis sur toutes les collines rocheuses du Nord, s'agrandit successivement en enL^'lobant les hameaux, villages ou postes fortifiés, établis sur h s :îiamelons voisins : le Tcfiao-t'ien hoiifj ^ Ji '!^. le ('he^l'eou tcheivi jff ifî Jjg^, T-s'iiig-tiang chan

Wi h llJ- P^'i<i-i«» it S r??!. Ou'tai chan E ^ lU- »» »>utte du KoU'leou ^ ;^, enfin If Pao-fa chan % ^ llj actuel. Les vieilles cartes nous montrent quelques rivières et canaux, naturels ou artificiels, d'un transit fort actif, des ponts de bateaux, des écluses, des barrages, des vannes de retenue, dos plans inclinés pour le transbordage des barques: t«ul un ensemble de travaux, utilisés pour le commerce intérieur ou la défense du pays.

De ces considérations retenons seulement ces quelques points : La « butte de la fonderie » fait partie, depuis plusieurs siècles, de la ville de Nankin; sur cet emplacement s'élevaient des tours en fer; la butte se dressait jadis au bord du Yanff-tse kiang, à la jonction de plusieurs canaux ou rivières, au centre d'un important trafic par batellerie.

§ n. L'X DE FEH DE NANKIN EXTRA MUROS,

Traditions et littérature indigène. — Ces X viennent du ciel en volant. — Ponts et collines qui volent. — La fei-lai che^ ou pierre tombée des airs. — Cloches envolées.

Quelques mois après ma découverte du fei-lai (sien de Nankin, un Père jésuite chinois, mis au courant de mes recherches, me signala l'existence d'un instrument semblable, dans la pagode de Ling^kou se ^ ^ ^, à une lieue à Test de Nankin. Nous ne tardâmes pas à nous y rendre.

La pagode en ruines de Ling-kou se, bâtie au pied d'un des contreforts sud de la belle colline de Tse-kin chan ^ ^ [Ij (1), était sans contredit parmi les plus curieuses de tout le Kiangnan. Elle occupait jadis, sous les Liang ^ et les Song Ç(ç, l'emplacement où s'étendent aujourd'hui les ruines du tombeau de Hong-ou ^ ^, le fondateur de la dynastie des Ming PJ en 1368, mort en 1399. Le site ayant été déclaré favorable, par les géomanciens, pour les sépultures impériales, les bonzes furent expropriés et on leur fit construire sans retard, aux frais du trésor, un monastère d'une grande splendeur et d'une belle ordonnance, à deux kilomètres plus à l'Est. Cette bonzerie, d'un si haut renom pendant plusieurs siècles, est surtout célèbre pour son Ou^ liang tien ^ ^ ^, lourde bâtisse, composée de trois nefs, voû-

(1) Lo pic central Tchongc/uin @ llj ^ mont S. MicJiely domine la ville de plus de 430 mètres.

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