V. LES CROIX OU X DE FER
battements ultra conventionnels (1), ils figuraient les deux rails transversaux, si caractéristiques dans les deux instruments déjà découverts. Je résume ici l'article des Missions Catholiques :
«Voici le fac-similé réduit d'une grande croix de fer, dans la forme des croix dite de S. André, appelée par les païens Che-tse poussah, c'est à dire croix-divinité ou croix-idole. Elle est l'objet d*une grande vénération de la part de tous nos Kiang-sinois païens, qui viennent lui rendre leurs hommages dans une pagode fameuse, connue sous le nom de Ta^Wang miao ^ J J^, «temple du «grand Roi.»
«Quel est ce Ta-Wang? Les Chinois n'ont, que je sache, aucun poussah de ce nom ; ils ne savent pas ce que c'est que ce grand Roi. Ne serait-ce pas notre grand Roi, Rex regum, Rex super omnes reges, notre Seigneur des Seigneurs, Dominus domi^ nantium? Rien n'empêche de le croire, et la présence d'une grande croix de fer semble, autoriser cette pieuse croyance; caries inscriptions chrétiennes qui l'encadrent glorifient manifestement le mystère de notre rédemption par la croix. Au reste, des légendes nombreuses décorent tout l'intérieur de la pagode ; or, toutes, bien qu'altérées quelque peu par l'ignorance, la mauvaise foi ou je ne sais quelle autre cause, se rapportent incontestablement à la croix. J'ai interrogé, à cet égard, à plusieurs reprises nos prêtres chinois et nos lettrés chrétiens. Ils sont tous convaincus que notre pagode de la Croix était jadis un temple chrétien.» (2).
Le vénéré Prélat expose ensuite comment le Ta-Wang miao(3)
(1) Ce procédé était aussi familier aux Egyptiens et aux Chaldéens qu'à nos artistes du moyeu-âge.
(2) En 1892, sur les placards poussant la populace à incendier de nouveau Torphelinat et Téglise «le Tan-yang 7} |w» non loin de Tchen-kiang J^Ç Ql? les établissements catholiques étalent appelés Ta- Wang y^ i»
(3) Inscriptions suspendues dans la pagode :
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par une transformation presque insensible des caractères chinois qui servent à écrire ce titre, était peut-être anciennement un T'ien-Tchou Vang 5ç i ^^ Q^' ^st maintenant le vocable officiel et réservé des églises catholi |ues. Selon lui aussi Ta-Wang :Ac I» 1® grand Roi, ou mieux encore Tai-Wang -Je I^ aurait été une des expressions usitées pour signifier le Dieu des Chrétiens, avant que le S. Siège eût fixé la dénomination plus récente et seule autorisée de T'ien-Tchou ^ i, le Seigneur du Ciel. «Il parait toujours bien certain, ajoute M^'^ Rouger, que ce Ta- Wang miao a dû être primitivement un tomple chrétien, dédié à la croix de Jésus-Christ. Et cette croix, cette grande croix de fer, qu'en faut-il donc penser? Nous avons souvent cherché à la bien voir de près, pour avoir des données certaines sur son origine et sur l'époque à laquelle elle se rapporte. Nous n'y avons jamais pu découvrir aucun caractère lisible, et les gardiens du T a-Wang miao nous ont toujours affirmé que la rouille avait considérablement dégradé leur Ctie^tse poussah. En conséquence il était devenu absolument impossible d'y lire quoi que ce soit.» (1). Et l'auteur termine en mentionnant divers textes chinois relatifs à ce « monument vénérables.
Naturellement, nos convictions sur l'origine chrétienne de cette X en fer étaient beaucoup moins fermes que les siennes, puisque nous avions 'connaissance de deux autres monuments, tout au moins analogues, s'il fallait s'en rapporter au croquis adjoint à la lettre.
(1) On cite en plusieurs endroits, notamment à Hoai-ngan tH >?» province ilu Kiang-sou, et à Nankin, près le CAoei-«t-m€» TK W Iji des pagodes appelées Ta- IFrtwj/ miao. — En 1889, près de Oa-ho 3l \v\ (Ngan-hoei), le maître d'une barque de stl, raconte un missionnaire, trouve une couleuvre il t<>te carrée, lonp^ue de 20 centiuiètres : «C'était T^ai-Wanfjj le grand 2*' ai-Wang, naguère intronisé dieu par décret d'empereur!» La béte inoffensive est amenée au Tan-tai de la Douane au sel, qui va au devant d'elle en cortège officiel, et lui fait une prostration. Bien que durant 10 jours on fête l'animal par des représentations théâtrales, il s'enfuit un jour. Des gamins le retrouvent dans une mare voisine, où un bonze le reconnaît entre leurs mains. Ce bonze habitait justement une pagode en ruines du célèbre T*ai-Wang. Le Tao-tai, averti de nouveau, ramène pompeusement la bête couleuvrine et décrète que cette pagode sera réparée. Les barques de sel devront payer dix sapèques pour chaque quintal de cette denrée, jusqu'à l'achèvement des travaux, pour lesquels le Vice-roi de Nankin promet 130.000 francs environ. —D'après le Chincsc Recorder 1887, p. 249, il y a une vingtaine «Vannées, à la suite d'un débordement du Pei-/(to, un petit serpent fut ainsi pris, et porté en procession &\i T'ai- Wang miao. «Le puissant Vice-roi Li Hong-tchangt accompagné d'un cortège de hauts mandarins, vint rendre hommage au misérable petit serpent et implorer son secours contre les inondations.» La scène se renouvelait à Nankin, en 1801, et plus récemment encore, dans des circonstances presque identiques. En effet, tlans les premiers jours de janvier 1893, le Vice-roi Licou K'oueni, entouré des plus grands dignitaires, y fit idusieurs prostrations publiques devant un lézard, enfermé dans une grande bouteille drapée en jaune el apportée dans un palanquin jaune aussi. Lire oe récit dans le Shanghai Mercwt/ du 13 janvier 1893.