‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 39 sur 231 · XIX. LA POPULATION · texte numérisé non relu

XIX. LA POPULATION

Tant de malheurs n'empêchaient point l'île de Tsong-ming de voir augmenter chaque jour sa population, et bien que depuis deux siècles, l'émigration ait porté sur les nouvelles côtes une partie de ses habitants, ses pertes ont été vite compensées et môme dépassées par les accroissements que cette race doit à sa fécondité naturelle.

Le chiffre de deux millions d'habitants que plusieurs auteurs assignent à la population de l'île, est notablement au-dessus de la vérité; nous croyons qu'il convient de le diminuer de presque la moitié, et l'on aura, même à ce compte, un résultat fort respectable.

C'est en vaîn que nous avons cherché, sur cette question, des renseignements dignes de foi, parmi les documents officiels. La dernière édition des Chroniques de Tsong^ming se contente d'enregistrer les recensements opérés au 18® siècle, et le tribunal de Tsûng-ming lui-même, que nous avons fait interroger à ce sujet, nous a répondu par le chiffre ridiculement insudisant de 372,465 habitants pour la population actuelle de tout l'arrondissement, y compris les 670 kilom. carrés qui se trouvent à la pointe de la péninsule.

La précision de ces données ne saurait nous forcer à leur donner crédit, contrairement à toute évidence: elle prouve seulement l'indifférence que l'administration chinoise attache de nos jours à tout chiffrcf à toute statistique, qui ne lui rapporte point un profit matériel (1).

Heureusement, nous possédons d'autres éléments de calcul, pour déterminer avec assez d'exactitude la population de l'île, ainsi que celle de la côte Haiménoise. Le premier élément consiste dans la contenance moyenne des terres cultivées par une famille. A cette donnée vient s'ajouter, pour la presqu'île de Haimen, la distribution méthodique de ses bandes, qui permet d'éva-

(1) Pour donner un exemple de ce dédain superbe envers les statistiques, croirait-on que la province du Ngan-hoei où nous habitons maintenant, est dotée par les ministres protestants (Inland Mission) nos voisins, de 10.000.000 d'habitants seulement, tandis que le général Mesny, qui dit écrire sur des documents officiels, lui attribue 34 millions; M. Reclus, ,30.590.988... Gotha, 20.596.988... Du moins dans ces deux derniers nombres, les dernières unités ont la rare fortune de se ressembler !

luer avec une approximation suffisante le nombre moyen de personnes établies sur chaque Viao.

Nous trouvons ainsi une densité de 700 hab. par kilom. carré pour la partie continentale, et de 1475 pour l'île de Tsong~ming, Cette dernière serait donc peuplée de 1.150.000 habit, environ, tandis que la péninsule colonisée par elle en compterait 1.250.000 (1). Ces deux chiffres, qui donnent une somme totale de 2.400.000 habitants, concordent assez bien avec ceux que nous avaient laissés les Chroniques de 1760. Durant les 17 années qui précédèrent cette édition, l'empereur K'ien^long qui paraît s'être intéressé plus que ses successeurs à ce genre de renseignements, avait fait relever minutieusement le chiffre de la population Tsongminoise, qui aurait été en 1759, si nous en croyons ces statistiques, de 642.743 habitants.

Etant donné que la période de doublement est d'environ 70 ans, nous arrivons précisément après un espace de 130 ans, au chiffre admis plus haut (2).

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