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NGAN-HOEI
A. — GENERALITES.
POSITION. POPULATION. EESSOUKCES.
La dénomination ^ ^ NGAN-HOEI, que certains auteurs Nom. ont faussement traduite «Bourgs pacifiques» (El. Reclus), ou encore «Société pacifique» (Antonini), tire son origine des deux principales préfectures (J^) de cette province, NCTÂN-k'ifig (^ &) et HOEI-tcJwou (;^ ^).
C'est de la môme façon du reste que l'expression Ûl j|^ ZI.4A''G-S0U' emprunte ses éléments aux deux cités de KIANGning (Ùl W) o^ Nan-king, et de ]|^ jtj SOU-tcheoiL
La seule ignorance des caractères chinois peut excuser les auteurs susnommés, dont le premier traduit Kiang-sou par «Coulées du Fleuve», et le second donne à Ngan-k'ing le sens de «Cour de la paix» au lieu de «Paix et joie» (1).
La province du Ngan-hoei est contiguë à cinq provinces Limiter. différentes. A l'Est et au Nord-Est, elle est bornée par la province du Kiang-sou, avec laquelle elle formait jadis le Kiaiujnan (^ ^). Au Nord-Ouest, elle confine au Ho-nan (f^f ^). Au Sud-Ouest, elle est limitée par le Hou-pè (jj8 4b) et le Kiang-si (Jï "B). Enfin la partie Sud-Est est limitiophe du TcU-kiang (}Jf ZC)- •
Le Ngan-hoei, compris entre le 29^ et le 34^ parallèles Po«/7 /on Nord, s'étend du 112' au 116' méridien (de Paris). Sa longueur .'7'^^.^«moyenne, du Nord au Sud, est ainsi d'environ 550 kilomètres, et sa largeur, de l'Est à l'Ouest, de 350 kil.
La forme générale est celle d'un ovale, dont le grand axe, Forme. orienté du Nord au Sud, est légèrement déjeté vers l'Ouest, à sa partie supérieure, tandis que la portion S. 0. de la figure, ainsi que le milieu du pourtom' Est, offre de vastes échancru-
(1) Ainsi l'on a faussement pris, trompé parla similitude des sons, flî[pour '&♦ Sk poiir SC> et peutOtre fSfi pour jf}.
res, où s'engagent, comme des tenons dans leurs mortaises, les ten'itoires des provinces voisines (V. les cartes ci- jointes) (1). Surface. Le général Mesny attribue au Ngan-hoei une surface de
48.460 milles carrés, soit environ 125.000 kilom. carrés. Ce chiffre nous semble un viinimum.
Populo- En l'absence de documents officiels d'une valeur sérieuse,
il est difficile de déterminer le chiffre de la population d'une façon exacte.
Un recensement de tout l'empire, opéré la 26^ année de Kmi-hng (|^ |^), accusait pour le Ngan-hoei une somme de 22.761.030 habitants (1761).
A un siècle de distance (1857), quelques années avant les désastres causés par les rebelles Tai-jying, Klaproth estimait la population de notre province à trente-quatre millions.
Les pertes infligées au Ngan-hoei par la rébellion, ne sont point encore complètement réparées. Bien que la nativité de ces 25 dernières années, et l'introduction dans cette province d'une foule considérable d'immigrants venus surtout du Ilou-pé
(1) C'est j\ l'oblifîeaiico du Père Aug. Pierre que nous sommes redevable de CCS cartes. Il s'est servi, pour les tracer: 1° Do la carte dressée au commencement du IS* siôcle par les .Tcsuitos ; les longitudes et latitudes indiquées au 4* vol. du P. du Halde on été scrupuleusement conservées ; les points observés étaient les suivants: Pn-tchcou, Mong-tch*rng^ Lhig-pi, Fong-yang-fou, Tingyueji, Lai-nginiy Liu-frheou, Jlo-chan, Liu-kiatig, Ngan-kHng, Tch^e-tchrou^ T^ai-p^ingfou^ JSing-koiio-fou^ Tsifig-tê, Huei-tcheou et Tonn-yao-tchen\^^ ^ [«'• fRi WO- 2" De la carte chinoise rééditée en fascicules jI Ou-tch^ang-fou (1803), laquelle paraît n'Atre qu'une reproduction du travail des anciens missionnaires. 3«> Des cartes marines, qui ont donné le cours du Kiang et quelques points particuliers. 4" Des notes et observations personnelles de plusieurs missionnaires. S** Des routiers chinois, tels que Ân^/nl fT^t J^ywi^* r»« Des Chroniques générnlrs du Ngnu-hori 9 IR iS idv édition de 1878. /"Enfin des cartes militaires de l'ouvrage :k tt IH ^>paru on 1871.
Nous ne garantissons pas la parfaite exactitude de la délimitation de? préfectures entre elles. Sur plusieurs points, ce tracé n'est qu'approximatif.
Il y a malheureusement peu d'espoir que d'ici longtemps nous ayons une carte plus parfaite, et il ne semble pas en tout cas, que nous devions l'attendre de l'intelligence du gouvernement chinois. Il est vrai qu'à la suite d'un décret impérial (4 Septembre 1886) constituant un Bureau (dp) pour la refonte do l'ouvrage § -^i des instructions ont été données plusieurs fois aux autorités provinciale», pour qu'elles eussent h refairt^ la carte des contrées soumises ;\ leur juridiction. Mais il ne suffit pas d'un décret pour former des géographes: l'ignorance j^rossière des mandarins, ;\ qui incombait une tAche si nouvelle, était un sûr garant que l'entreprise avorterait; et les missionnaires du Ngnn-hori^ consultés par de graves lettrés conmiis il ces fonctions, ont pu constater pli^s d'une fois et l'incapacité de ces derniers, et la parfaite naïveté du gouvernement central.
QÉNÉBÂLITÉB. 3
et du Ho-nurit aient comblé une partie des vides formés par la guerre civile, il reste encore dans plusieurs régions des traces d'anciennes cultures aujourd'hui délaissées, qui attestent dans le passé une population plus nombreuse que celle de nos jours.
Aujourd'hui pourtant, le général Mesny donne encore au Ngan-hoei trente-quatre millions d'habitants. Ce chiffre nous parait exagéré. Nous croyons toutefois qu'il se rapproche plus de la vérité que celui de neuf millions, indiqué par les agents de M. Hudson Taylor, mais manifestement insuffisant pour quiconque a visité cette province, surtout dans sa partie Nord.
Bn adoptant comme terme moyen le chiffre de 25 millions d'habitants, nous croirions assigner le minimum de la population actuelle.
Ces données nous permettent de fixer la densité de la po- DensitA. pulation à 200 habitants par kilomètre carré, la même sensiblement que celle de la Belgique. Ajoutons, pour être vrai, que cette moyenne, étant loin d'être atteinte dans certaines parties montagneuses du Ngan-hoei, se voit en conséquence augmentée d'une façon notable dans les grandes vallées, et surtout dans l'immense plaine qui borde la rive gauche de la rivière Hoai.
La diversité des sites et des terroirs, les facilités plus ou Richeaae. moins grandes de communication, établissent des nuances importantes entre les différentes parties du Ngan-hoci, au point de vue de la richesse. Les Chroniques indigènes rendent bien compte de ces inégalités dans ce texte que nous leur emprun-
tons: «ffl±»:fî JGakJj^ll W««f. . ««^S iîfeyS ^ H ffi^^ Pf - ^ ft M •&. «I^ans cette province, il y a des terrains fertiles et d'autres arides, des localités très fréquentées, d'autres presque désertes ; . . . ici les habitants sont prodigues, là ils sont économes. Tout comporte de nombreuses différences, et l'on ne saurait mesurer des choses si diverses par une règle unique.»
Ce mot de prodigalité (§), tombé du pinceau de notre chroniqueur, aurait quelque lieu de nous étonner, si nous ne savions combien il 'faut peu à un Chinois pour s'estimer heureux de son sort. Bn réalité, la population du Ngan-hoeit presque exclusivement agricole, vit dans l'indigence, et «lutte pour la vie» au jour le jour, comme celle des autres provinces.
Outre le nombre trop considérable des habitants, outre IsLAgricullenteur de leurs procédés de culture, l'imperfection de leur outil- '"^^• lage, il faut chercher la raison de cette misère, qui semblerait insupportable à nos paysans de France, dans l'égoïsme et l'incurie totale qui caractérisent l'administration des «pères et mères du peuple» à tous les degrés de la hiérarchie. Devant être bref et discret, nous nous bornerons à citer plus tard, au courant de ces notes, quelques faits significatifs concernant les travaux publics.
A part quelques industries locales que nous relaterons en industrie.
leur lieu, le Ngan-hoeÀ, nous l'avoiis dit, ne vit guère que de la culture. Une seule préfecture fait exception à la loi générale ; c'est celle de Iloci-tcheou. Déjà de son temps, le Père du Halde caractérisait ainsi les habitants dé ces montagnes : «Ils passent pour être très habiles dans le commerce ; il n'y a point de ville, tant soit peu marchande, où il ne se trouve des Marchands de Iloi'i-tchvoii ; ni de Banque, ou de Change, où ils ne soient parmi les principaux intéressez.»
Ce témoignage est encore vrai de nos jours. «Hardi et entreprenant dans le négoce», le peuple de Hoei-tcheou laisse aux fennnes la garde de ses maisons, il afferme à des étrangers la culture de ses vallées, puis il s'en va au loin chercher une fortune que la terre lui refuserait. Cotte remarquable aptitude des habitants du Iloei-tcheoii est consacrée par ce proverbe que toute la Chine connaît : ^^/[i^0. {al, '^) «Il ne se traite point d'affaires (il ne se tient pas de marchés) sans les gens de Hoei.ïi
DIVISIONS DU NGAN-HOEL RIVIEKES. MONTAGNES.
Trois seg- Deux grands cours d'eau divisent le Ngan-hoei en trois seg-
ments d'inégale importance : vers le Nord, la rivière ou fleuve Hoiii (}||), au Sud le Yamj'tse-kmng (^ '? Jt) ou fleuve Bleu. Les deux bassins ne communiquent pas entre eux sur le ten-itoire de cette province, mais des lacs fort étendus et le Grand Canal des Transports unissent plus bas les eaux de ces fleuves, dans les terrains d'alluvion du Kiang-sou.
La Hoai. En 18B8 et 1889, la Hoai, dont les fortunes ont été bien
diverses aux différentes époques de son histoire, recevait dans son lit une partie notable des eaux du fleuve Jaune. C'est le Cha-ho (iS^ \vi), Cmud des Sables, qui draihait dans le Ho-nan les eaux débordées du Hoang-ho (Jjf ^ij), et les versait dans la Hoai, à la hauteur de Tcheng-yang-koan {}£ ^ M)* après avoir inondé dans son cours inférieur de vastes campagnes.
Cours. Depuis que les digues du fleuve Jaune sont réparées, la
Hoai a repris son cours pacifique. Ce n'est point à dire toutefois qu'elle ne cause aucun dommage aux contrées qu'elle traverse. Chaque année, à l'époque des crues, les campagnes de la rive gauche, qu'(»lle côtoie dans son cours inférieur avant de se jeter dans le lac Hong-tché (^^ SJJ), ont à souffrir de ses envahissements. Une partie des digues en terre qui protègent les riverains se crève chaque été sous l'effort du flot, et c'est ainsi notamment que les terres basses de la sous-préfecture de Ou-ho (S M SI) i^estent couvertes d'eau plusieurs mois de l'année.
Le cours de la Hoai est de l'Ouest à l'Est, avec une inflexion d'environ 35° vers le Nord. Sa largeur varie entre 150 et 400 mètres.
La nature meuble des terrains qu'arroso cette rivière, le Insuffipeu d'inclinaison de son cours, le manque total de curage de ses ^/J.^^Jj^'" affluents, contribuent sans cesse à rendre plus difficile et plus lent le drainage de la plaine alluviale, qui s'étend sur sa rive gauche jusqu'au bassin du fleuve Jaune.
Plusieurs des affluents de la Hoai indiqués par les ^noXen- La plaine nés cartes chinoises et môme plus récemment par les missionnaires Jésuites, géographes de Kançj-hi, des lacs importants signalés autrefois. dans la même région, ont aujourd'hui complètement disparu, au grand détriment des populations rurales, qui voient trop souvent leurs moissons menacées par le double fléau de l'inondation ou d'une extrême sécheresse.
Le fleuve Bleu ou Kiang traverse le N(jaii'hoei sur un par- Le Kiang. cours de 310 kilomètres, restant sensiblement orienté du Sud- Ouest au Nord-Est. Sa largeur, aux eaux basses, va par endroits jusqu'à 4 kilomètres, tandis que sur d'autres points, les canaux utiUsés toute l'année par les steamers ont à peine 400 mètres d'une rive à l'autre. Les cartes marines indiquent pour la même saison des profondeurs moyennes de 8 à 10 brasses (15 à 18 mètres) pour le chenal du fleuve (1).
A la différence de la Hoai, dont la rive droite seule s'ap- i^''-^«puie sur un système de collines à peu près continu, le Kianij s'est creusé son lit au milieu d'une large vallée, dont les hauteurs les ^\\xs éloignées se montrent toujours à l'horizon. Les atterrissements qui lui sont dus sur ses deux rives sont considérables.
Sur lu rive gauche, les sous-préfectures de Sou-somi (^ fe) Atterrisseet de Wamj'kiang (H ^), une partie de la préfecture de Nffuu-"'^'^^^^k'iny, des sous-préfectures de Toiuj-tch'emj (^Q ^), Ou-uri (^ S j^) et de la préfecture de Ho-tchvou [^ jt|), doivent leur
(1) Commi' nous voulons donner de simples notes et non point faire une peinture, nous nous abstiendrons de louer la beauté des sites que présente le fleuve dans notre province ; du reste, de nombreux voyageurs en ont fait la description, et il nio suffira de citer quelques litrucs de l'un d'entre eux, II. Ellis, commissaire de l'ambassade anglaise de 1810. "31»' of October. — The scenery "on the banks is highly picturesque; the hills bave great variety of élévation, "and are covered with woods, the trees atthisseason exhibitingtheiuost varied "and vivid autumnal tints. . . l»*- of November. — Mountain, hill, valley, stream "and woods, présent theniselves to the eye under the most iiicturesque combi- "nations : the climate is delightful, and if mère beauty of scenery could re- "move ennui, ours would be a pleasant journry. . ." Si l'implacable spleen poursuivait 1(^ voyageur anglais jusqu'au milieu de (•(> tableau enchanteur, qu'eût-il pensé, qu'eût-il dit, s'il avait navigué dans ces eaux par les chaleurs accablantes d'été?
existence aux dépôts dont ses eaux sont chargées. A l'époque des crues, le Kiang refoule encore jusqu'au lac Tcliao (^ jjj))dans le cœur du Liu-tcheou-foii (ji[ *|tl /j|f), le cours des émissaires de cette contrée lacustre entièrement conquise par la population.
Us 3 D'autre part, c'est sur la rive droite, que les deux ancien-
i\'Q-ni^- j-jgg branches du Kinmj désignées par les Chroniqiu's générales {tÊ, îê) ^^ ^^ province, sous les noms de Tchowj'hmmj et de Nan-kinng, «Fleuve du Milieu» et «Fleuve du Sud», se détachaient de la branche du Nord, qui subsiste seule aujourd'hui (1).
(1) Tchou-Teh^a7ig-wen(x^ ^ 5C) "mentionnait en 1084, dans son ouvrage ^ {p H S 91 Bu ' l'existence antérieure de ces trois branches du fleuve, dans lesquelles il croyait reconnaître les San-kiavg Zl^ lH du "Tribut de Yu." Quoi qu'il en soit de cette identification qu'il défend contre plusieurs explications opposées, il nous représente comme certain le fait de cette ancienne division du Kiang. "lies trois Kiang, écrit-il, sont ceux du Nord, du Milieu et "du Sud. Celui du Nord (ift flC) passait par P'i-ling (^ fMt aujourd'hui "Kiang-yn fH ^); c'est le Grand Kiang actuel. Plus haut, un embranchc- "ment partant de Ou-hou (|^ {(i) se dirigeait vers l'Est et gagnait Yang-yen "Ri ^' aujourd'hui I-hlng Ê 9i)' c'était le Kiang Moyen (ff* ÎL)- "Une autre branche partait de Che-tch^eng (^ jj{, aujourd'hui Tch^e-tcheou "nfe /H)ï passait à Waji-ling (52 K» aujourd'hui ^ 9) et gagnait le lac ''Kiu-kHu (:^ Ifeî le Tai-hou îk, M actuel); c'était le Kiang du Sud **ffif ÎlC- Les trois Kiang se trouvaient ainsi il différentes hauteurs par "rapport au lac et se jetaient dans la mer."
Les Chroniques générales du Ngan-hoei {Vol. 21. Cartes U K- Vol. 28 et 27. Montagnes et cours d'eau |ll /l|) nous fournissent d'intéressants détails sur les deux branches du fleuve aujourd'hui disparues. J'en donne ici la traduction.
^'Kiang du Milieu: au Sud-Ouest de la sous-préfecture deOw-/w)^^;c'estle *^Tchong-kiang, dont parle V Histoire des Uan (|^ "S- yH S J^) ; il partait "du Sud-Ouest de Ou-hou et allait il Yang-yen^ d'où il gagnait la mer. Vers la "fin des T^ang (®î fin du 10* sièle), cinq barrages furent élevés A, Yn-lin " (jjc YN s^^^ l'ancien parcours de cette branche, dont les eaux étaient jusquo- "là reçues en aval par les territoires de Sou-tcheou (jj yf\) et de Tch^ang- ^^tcheou ( 1^ jHj). Depuis lors, l'ancien cours moyen du Kiang écoule ses eaux "du côté de l'Ouest, au lieu de le faire par l'Kst comme jadis. Le parcours de "l'ancien lit est tracé par le canal dit aujourd'hui Hien-ho (j|| f^fj^ lequel, "partant de Ou-hou et passant par Hoang-tchU- (jÇ fg), pénètre dans les lacs "de Tan-yang (tJ f^j et de Che-k^ieou (Ç 0). Cette voie d'eau fut ou- "verte dans l'ancien lit par des travaux entrepris en 1125. — Kiang du Sud : "il l'Ouest de la sous-préfecture de Kovitch^c (jÇ ^), aujourd'hui desséché. "C'est le Nan-kiang de VHistoire des Han (1. cit. ). Les eaux du fleuve se sépa- "raient il Chc-tch^eng (se. Tch^e-tcheou ou Koei-tch^e) et une branche gagnait h l'Est la sous-préfecture de Yu-yao (f^ ^ dans le Tché-kiang), au Sud de
Le bras du milieu, partant des terres basses de Qii-houTchong- (|H| ^) à 439 kilomètres de l'eiiibouchure actuelle, se dirigeait '^^*"^'' vers l'Est, à travers la région lacustre qui trace les limites du Kùmg-soUj jusqu'à la pointe Nord du Grand Lac ou Tai-lum ("iC iîW)' ^'o^ il gagnait ensuite la mer, en traversant la plaine actuelle de Chany-hai.
Aujourd'hui encore, un vaste cours d'eau reliant la ville Tou^^-pa. de Ou'hou à celle de I-hing (5lt ft) et au lac Tai-hou, en passant par les sous-préfectures de Kao-chocn (î^jS) et de Li-yanfj (ÎH ^)' perpétue le souvenir du Tchong-kiang et marque la trace de son ancien cours. Seulement, do nos jours, deux digues ou barrages en pierres, connus sous le nom de Tong-pa (3ft JS), coupent vers son milieu ce cours d'eau, et empêchent les eaux du Kmnii de se précipiter dans les plaines du Kiang-sou.
Une seule digue en terre s'opposait jadis \ la communication des eaux entre les deux bassins. Sa rupture, qui eut lieu en 1849 sous l'effort des eaux refoulées de l'Ouest jusque dans le lac Kon-tch'eng O JjJ, ou i\\ ^ jj^), et les ravages que cet accident occasionna dans plusieurs préfectures du Kiang-Hou, déterminèrent la construction des digues actuelles. Le bras
^^Sou-tcheoUy puis 80 jutait dans la mer. D'après le 7f^ JS Îx» cette bran- "che, partant de Che-tchU'ng^ se dirigeait vers l'Est, se niellait aux cours d'eau "Je "ft nfci puis traversait la souspréfecturo do Lin-tch^eng ([cSi JW' ^^' "jouixl'hui r«'i/i<7-?/ri/ï<7 fl" Iw)' se niMait aux eaux de ce et plus loin h, "celles de f0; plus i\ l'Est, elle traversait la sous-préfecture de Ngaii-uu ("K :K' "ancienne ville A 50 U S. O. de Kiug-liivn 8c Jî^)^ recevait les eaux de "36 eS» passait a^ Sud de la sous-préfecture de Ningkuno \m BS/î puis "entre Kou-tchnng et Ngan-ki (flX ^ <^f- J^P. aujourd'hui Tch'ang-hing " ^ S» *it 5 tJ , deux sous préfectures du Tché-klaug) : enfin ses eaux al- "lant vers le Nord-Kst, formaient le lac -^ j^ j^, qui se versait dans celui "de KiU'kHu (i. e. T'ai-hou actuel). A partir des dynasties Suei (|f|^ 581 î\ «^18) "et T^ang (018 îl DOG) les Chraiiiqiws ne font plus mention de cotto ancienne "branche àuKiung : aussi de nos jours accuse-ton Mong-kicn (jfe S) et Tao- 'Ujuen (îft 7C) d'erreur; mais leurs affirmations soiit trop précises ettropfon- "déea pour t^tre si légèrement révoquées en doute, bien que maintenant nous ne "reconnaissions plus l'ancien lit du fleuve."
Fan Mong-kien (jË» al. JE @) qui vivait de l'an 32 à 92 de l'ère chrétienne, est l'historien des Han antérieurs ("By JH, de 200 av. J C. j\23 ap. J. C). Quant :\ i/i Tao-ijucn (RP) auteur du C'//oW-A/;/.«7-<c/iOM,ilexistaitverslafindu .V siècle.
On le voit, ces textes sont précis, et l'antiquité qui leur est attribuée leur donne quelque crédit; je regrette de n'avoir pu, depuis qu'ils sont arrivés à ma connaissance, vérifier personnellement sur les lieux letir bien fondé, en ce qui concerne la branche du Sud. Espérons qu'un jour, quelque voyageur plus heureux que moi, pourra suivre, un baromètre i la main, la route indiquée par Li Tao-yueHj il y a quatorze siècles.
d'eau,, qui conduit du barrage supérieur ( Ji JH ) au barrage inférieur (TJ^), a 6 kilom. de longueur et a été réduit pour plus de sûreté, aux proportions d'un canal assez étroit. De niveau avec les eaux du lac Kou-iclicnij, il domine d'environ 20 pieds Ics'eaux du bassin inférieur (1).
Transit, Tofig-pa cst Ic Centre d'un commerce assez actif ; il pos-
sède des entrepôts. Les principales denrées échangées entre les deux bassins sont l'huile de fèves et le riz ; mais les difficultés d'un double transbordement confinent l'intérêt de ces transactions dans un territoire de petite étendue.
Nan- La branche du Sud se détachait de celle du Nord à la
kiang. hauteur de Tch'e-tcheou (^ ^ flj), 137 kilom. plus haut que la précédente, traversait les vallées de Nimj-kouo ($ S jfif) qu'elle remplit peu à peu de ses sables, puis mêlant ses eaux à celles du Grand Lac dont les bords sinueux portent encore la trace de son action, elle sortait vers le Sud et pénétrait dans la mer vers la baie de Hang-tchecm {^ jW jj^), qui lui doit en
Wan- grande partie l'exhaussement de ses fonds.
cheng. Ngan-k'îtKj, le chef-lieu actuel du Ngan-hoci, portait
autrefois le nom de Wan (È^). C'est en mémoire de cette ancienne dénomination que, de nos jours encore, les documents officiels et les pièces de littérature désignent sous les noms de Wan-nan et de Wan-pé les portions de cette province, qui se trouvent sui* la rive droite (Sud) et sur la rive gauche (Nord) du Yang-isC'kiang. Une montagne élevée et célèbre par ses pagodes, située au Nord-Ouest de Ngan-k'ing, porte encore aujourd'hui la dénomination de ^^ llj.
(1) "M JS Tong-fm communique par eau avecSfS ip. Trug-pou et ^SSf "Ou-si à l'Est; avec î© ($ Kao-choni ot |t jj^ Onhou h l'Ouest; avec ^ ^ *'Koaug-t('' ti ^ $ Sr-iigan au Sud; avec YtR /JC Li-rhoci et £11 W/nf ^'Kiaiig-ving-foH au Nord; avec jJH ^ Li-yang vX S ^ I-/i/;j<7 au Nord-Est; "avec ^ JE Kin-Vau et TT ^ Toiiyntig au Nord-Est; avec ^ S j}J ^'Niug-kono-fov au Sud-Ouest; avec >(c ^ iff T*ai-p^i7ig-fou au Nord-Ouest. "OrigiiiainMiuMit ce barra^^e u'existait pas; les eaux v(*nues du Nhtgkouo-fou^ "du Hoei-tcheou, du Koang-tc et de Kicn-pHng passaient par Sou-tcheon et ^'Ou-kiang [-^ Ql) et se rendaient à la mer par les rivières 2SJ 5K t^ ^^Liton-kia-ho et 'fô JX Song-kiang. Eti 1368, les eaux inondfrent les moissons "du territoire do Sou-icheou ; A la requête du ministère des finances (^ p|5)' *'Tong-])a fut construit et les eaux dirigées vers le Kinng, par T^ai'-ji'ing et Onhou ; n la suite de ces travaux, une partie des terrains de |5 |f§! Kao-choen îl "^ flB Hoang-tch^e fut convertie en lac, et leur part de contribution pour le "tribut fut reportée sur les préfectures de Sou-tchcou et de Sovg-kinng.''
JjA note qui précède est extraite du Bouticr JJ* îv ^ fT (1**^ \o\. ^ JH >5R È ^/;f*lloiie contredit pas les alléf,'ations données plus haut d'après les C// roHj «7 z/r«, mais elle les complète, en nous parlant de nouveaux travaux entrepris au 14* siècle sur ce point dangereux de l'ancien cours du 'Nan-kinng.
Il sera bon de donner ici une description sommaire des Wan-nan. trois segments dont nous avons parlé plus haut.
Celui du Sud, qui, comme nous l'avons dit, se confond avec le Wan-nau, comprend 5 préfectures, dont 4 Fou et un Tch/'ou. On peut voir sur le tableau que nous joignons à ces notes, que 3 de ces préfectures, Hoei-tch^ou, Niiui-kouo et TcKe-tcheou (* W /iï, W S iiï et ffe jHI flï). ont chacune 6 Hien ou sous-préfectures sous leur juridiction. Le 4** Fou, Tai-pHng (-^Jç Zp fl^^), n'en compte que 3; enfin le préfet de Koamj-té'tchoou (j|| |È îW) ne compte qu'un subordonné, le sous-préfet de Kien-pHtuj (^ ^ JH).
L'Intendant régional (Tao-t'ai ^ Jf) qui a charge du Wan-nan, et dont la résidence est fixée à On-hou, administre ainsi 22 sous-préfectures.
Les rivières qui arrosent cette région sont généralement Cour» torrentueuses. Seules, les parties basses de celles qui se jettent ^""' dans le Kiaiuj ont un cours relativement régulier ; de même que sur la rive gauche du fleuve, les vallées d'alluvion qui doivent leur existence à ses dépôts, voient souvent les eaux des crues du Yang-tsc remonter assez loin à l'intérieur des terres.
Tandis que les eaux venues des 4 préfectures les plus Bassina. septentrionales du ^Van-iian s'écoulent vers le Nord et gagnent assez directement le fleuve Bleu, la préfecture de Hoci-tchcon , étagée sur le versant opposé, envoie les siennes dans des directions différentes. Une partie de ces eaux, après avoir traversé les sous-préfectures de Ki-vien (ÎJfP P^) et de Ou-yucn (§J J)^,), se dirigent par le S. O. vers le Kiang-si, où le lac P'o-yang (S5 Kir i89) les reçoit pour les rendre ensuite au Yang-tsc par la passe de Hou-k'eou {^ P). Les torrents qui se forment dans les 4 autres sous-préfectures, après s'être réunis en un seul bras au-dessous de Hocùtcheon-fou, pénètrent dans le Tché-kiung et se jettent dans la mer à Haug-tclwaii.
Une série d'accidents, qu'il est inutile de rapporter ici, Sfoff^ m'a empêché de prendre la hauteur des principales montagnes ^^9"^''que j'ai traversées au cornas de mes voyages dans le Wan-tian. La préfecture de Iloei'tchpou, dont les habitants se disent avec complaisance 3ï lll *è 4* ^^^^ milieu des dix mille montagnes», peut revendiquer en toute justice, l'honneur des positions les plus élevées. Son système montagneux est très enchevêtré, et ses vallées multipliées à l'infini atteignent rarement une largeur de quelques centaines de mètres.
Les limites Sud du Tclic-tcheou-fou et du Ning-kouo-fou sont aussi couvertes de chaînes d'une belle altitude; puis, à mesure qu'on gagne le Nord, les pentes s'abaissent insensiblement et deviennent de simples collines aux approches du Kmng. Quelques-unes do ces dorîiièn's, relevées par les hydrographes du fleuve, mesurent encore 1500 pieds.
Le Wan-2)é, qui comprend les deux segments Nord du Wan-pé^
Ngan-hoeif est divisé en 8 préfectures, dont 4 de 1^^® classe (Fou) et 4 de seconde (Tc)ieou), embrassant un total de 33 sous-préfectures (29 JH et 4 ^ ^).
Deux Intendants sont préposés à cette vaste région. Le TaO't'ai du Nord a sa résidence à Fony-yang-fou (^ ^ jjj). Trois des quatre préfectures qui sont de son ressort sont à cheval sur la rivière Hoai^ dont elles commandent les douanes et le commerce. La préfecture de Fomj-yang compte 7 souspréfectures; à l'Ouest, celle de Ynij-icheou, (|^ ^ }^) en a également 7, tandis qu'à l'Est, Sc-tcheou (fS ji\) n'en a que trois. Lou-mjan-tcheou (y^ ^ ;)t|), qiii dépend du môme Intendant, a 2 sous-préfectures.
Le Tao-t'ai du segment central réside à Ngan-k'mg, cheflieu de la province. Cette ville envisagée comme préfecture compte 6 sous-préfectures dans le territoire qui lui est soumis. La préfecture de Liu-tchcoa (JH ji\ jjjj) en compte 5; celle de TcKou-tcheou (jjj^ ^) 2; celle de Ho-ichcou {^ j^) une seule.
Platm- du Le Segment du Nord, nous l'avons dit, est une plaine d'al-
^ *^^^ ' luvion, due sans doute en majeure partie aux apports du fleuve Jaune, qui y eut son lit à différentes époques de l'histoire. Une population très dense habite cette contrée ; ce sont des gens aux mœurs simples et rudes, sans industrie, sans commerce, qui vivent péniblement des produits que leur fournit le sol.
Jjfiprrs- De loin, quelques faibles replis de terrain, des dépressions
de peu d'importance indiquent l'emplacement d'anciens canaux, que les sables ont peu à peu obstrués. C'est dans ces sortes do sillons, livrés à la culture par un peuple trop nombreux, que, presque chaque année, les eaux pluviales s'amassent, réduisant toute cette vaste région au rôle d'îlots desséchés ou de marais improductifs.
Lacs. Deux lacs importants, signalés par les anciennes cartes
entre les villes de Mony-tcJieug (^ JjJJ), Tai-ho (^ %i) et Yngtchcou-fou, semblent disparus aujourd'hui. C'est en vain que j'ai interrogé les indigènes au sujet de ces lacs if| i^ j^fl et ^ ^ JliD ; ils en ont perdu jusqu'au souvenir (1).
(1) J'fti cependant retrouvé dans les Chroniqtics fféntï aUs du Ngan-hoei\& mention du premier de ces lacs. Voici ce que nous lisons, j\ propos delà rivière 5v ÏRj KHen-ho^ laquelle se trouve sur la rive gauche de la Hoai, entre la Kouo et la Fei: "Cette rivière prend sa source au lac jrs'i//</-//roa-/<oJ/(^7fflww/ "ù plus de cent li S. O. et de Potcheuu; elle coule vers le S. O. et traverse les "localités do ^ ÎS ^ Hoa-kcoutsi, ®[ j'^ ^ Tchoau-k'iiw-se, f^^Jm '^Tsao-nwu-kUao (m Mong-tch^cnghwn)^^^ IfSi ^^Wanfou-isiiinFovgVai- ^^hien),et ze jette dans la Hoai, sur les limites du Ifoaiyuen-h i<^n." h», brièveté de cette mention tout à fait incidente, et le peu d'importance du lit de la rivière K^ien, que je trouvai complètement desséché, sont un indice que le dit lac est réduit de nos jours à de très modestes proportions, tandis que les cartes du 18*^ siècle lui donnaient de 20 îi 25 li de diamètre.
Le régime des rivières dans cette contrée n'a pas moins Bîvurea changé dans ce? deux derniers siècles. Deux voyages, faits à la fin de 1888 et vers le commencement de 1890, m'ont permis de réduire notablement le nombre des cours d'eau utiles indiqués dans les cartes levées au commencement du 18* siècle.
Mon premier itinéraire était de Ou-ho à Tcheng-yaug-koaHy en passant par les routes du Nord : Se-t chenu, TAnij- pi-hic n (m ^), i^ou-tch^^ou {^ j^), Mong-tch'cuij'hien, R'an-Vocin-tsi (\^i\ fB^),i'>i-/io-A;Vo?/ (îlC f^ P), Tai'ho-hien, Yjui-tchcoU'fou et Ymj-chamj-hien (^ t). Or voici les cours d'eau que j'ai relevés sur mon routier :
De OU'ho à Sc-tcheou, la rivière Tomf (f4 ^) est navigable pour des bateaux de moyenne grandeur.
Six kilom. avant d'arriver à Ling-piy la route est coupée par un canal qui envoie vers le S. O. les eaux du N. E., et se réunit sans doute plus bas au Tono-ko {^ J^). A 17 kil. S. S. O. do SoU'tcheou, nous avons rencontré le lit d'une rivière desséchée, le Touo-ho probablement; puis 5 kil. plus loin, dans la même direction, à côté du village de Nan-p'ing-tai (^ ^ ^), nous avons traversé en bac la rivière Koei (Ji^ }^), large en cet endroit d'environ 200 mètres. Cette rivière, navigable seulement sur une petite partie de son cours, m*a-t-on dit, pour les barques de moyenne grandeur mettait en comnmnication Ou-lio, avec la ville de Yomj-ich'etuj {%C, M) tlans le Ho-min.
Plus loin encore et toujours dans la môme direction, à 3 et 7 kil. de la rivière Koei^ nous rencontrons les lits desséchés de deux autres cours d'eau.
Enfin 18 kilom. avant d'an-iver à Momj'tch'cny, et à TE. N. B. de cette ville, l'on rencontre la Fci orientale (^ îlf f^), bras d'eau sans importance.
La ville de Mong-tch'emj domine le cours de la rivière Kouo (f^j (pjf), dont les eaux descendues du Tlo-nan rencontrent sur leur passage les cités de Po-tcheçu (^ ^), Kouo-yang-hivn Cf^ ^^),Mon(j-tch'en(j-hiini et Hoai-yiien-hien ('0| ^).
La rivière Fei (H \^ t^) qui coule plus à l'Ouest n'est généralement navigable qu'à partir de ICaîi-t'oan-tsi.
Quant au Cha-ho (^ fpf), terme de notre 1*^ voyage*, il nous a paru de beaucoup l'emporter sur les autres cours d'eau du Nord, pour l'activité de son commerce. Il permet de remonter depuis la grande douane de Tcheng-yang-koaii, jusqu'à Yngchung-hien, Yng-tcheoti-fou, Tai-ho-hien, et enfin au Ilo-nan, où il se bifurque pour se diriger à l'Est vers la préfecture de Tch'e7i'tcheou-fou (^ ^*|), à l'Ouest vers le marché très important de Tcheou-kia-k'ron (^ ^ P). Il y a 18 mois, quand je descendis cette rivière, la vitesse de ses eaux augmentées de celles du Hoang-ho était d'environ 5 nœuds V2 (10 kilom.) à l'heure.
Un autre voyage fait plus récemment, aussi par terre, de
Ou 'ho à Hoai-ngan (fH ^ jjj), en contournant par le Nord le lac Hong-tcJié, m'a fait rencontrer 2 cours d'eau dans cette partie N. E. du Ngan-hoei. Je traversai le premier à 15 kil. Est de Se-tchcou, dans le triste village de Tong-ho-tien-tse U fëf J^ ^. Son pont en ruines, son lit aux trois quarts obstrué me font conjecturer qu'il n'est plus utilisé aujourd'hui pour le commerce. Je n'ai rien observé ensuite qui me rappelât le Pien-ho (fjî fpf) des anciennes cartes; mais 25 kilom. plus loin, toujours vers l'Est, à peu de distance du bourg important de Koci-jen-tsi (^ ^ ^) qui se trouve sur la limite du Ktung-sou, un cours d'eau d'assez médiocres proportions, que j'ai cru être le Soei'ho (j^ Jjf ) venant du N. O., descendait au Sud vers le lac Hong-tché.
Entre ces deux cours d'eau, les seuls que j'ai remarqués jusqu'au Grand Canal des Transports, l'on voit un assez grand nombre de fossés ou d'émissaires courant de l'Est à l'Ouest, et utilisés aux temps des grandes eaux pour les communications locales.
MonticH- Quelques monticules isolés, distribués de loin en loin dans
la portion Nord des préfectures de Fang-yatig et de Se-tcJieou, font seuls exception à la platitude monotone de la plaine.
Segment L^ partie centrale du Ngan-hoei est celle qui offre le plus
' de variété au point de vue topographique. Elle comprend comme quatre zones ou régions différentes.
L'allu- Nous avons déjà parlé de celle qui est due aux sédiments
apportés par le Kiang sur sa rive gauche.
^f^J^' Une autre mérite à juste titre le nom de zone montagneu-
se ; adossée vers l'Ouest aux chaînes du Hou-pé, elle est circonscrite sur ses autres faces par les villes de Tai-hou (;fc SB)» Ts'icn-chan (^ llj), Tong-tch'eng ({g ^) et Lou-ngan-tcheon. J'ai pu mesurer la hauteur de plusieurs montagnes comprises dans ce massif.
L'une de nos chapelles, située sur les hmites du Hon-pé, à égale distance environ des sous-préfectures de Ho-chwi (^ |Ij) .et de Yng-cJuin (^ llj), est à 809 mètres au-dessus de la ville de Ho-chun. Un pic herbacé, du nom de Kan-tchong-chan, contre lequel s'appuie la même chapelle, la domine de plus de 1500 mètres; c'est l'un des plus élevés de la région.
Ici, comme au Hoei-tclieou-fou, le système orographique est très compliqué, les élévations sont brusques, les vallées très 'étroites, les cours d'eau torrentueux.
Les ondu- Les contreforts de ce massif, s' abaissant peu à peu vers
l'Est et le Nord, préparent la venue de la 3*" zone, qui s'épanouit en larges ondulations à l'entour du lac 2W/*ao et jusqu'aux collines qui bordent le Kiang et la Hoai. Les cours d'eau de cette région sont en général lents et paisibles; et vers le N. 0. de Liu-tcheou-foH, les deux bassins semblent se confondre, tellement sont insensibles les pentes qui servent à l'écoulement de
tagneB.
lationa.
leurs eaux respectives.
J'ai réccmiiient traversé cette zone vers son milieu. De Ou'Iiou à CJieou-tchcou (^ jH|)f en passant par Tch'ao-hien et Liu-tclieou-foii, la route serpente sans cesse au milieu de ces replis de terrain et de ces vallons, dont la profondeur ne dépasse pas en général une dizaine de mètres.
Enfin la portion orientale, qui confine au Kiang-sou, seLesvaWea distingue de celle qui précède par son aspect sauvage, sa population plus rare, par les chaînes de collines qui découpent sans ordre apparent un sol souvent inculte et désert. J'ai traversé cette région de Oii-hoa à Ou-ho, en passant par Ho-tcheou, Ta' iuen-tsiao (^ 1^ et TcKou-tchcou; pendant les cinq journées qu'a duré ce trajet, je me suis trouvé souvent dans de mornes solitudes. Seules, des ruines d'anciennes maisons en terre, des traces de culture abandonnée, rappellent que dans ces vallées, sur ces plateaux aujourd'hui en partie délaissés, il y a eu autrefois plus de vie.
Sauf un canal navigable qui se rend à Lou-fio-hien (>fç ^) Rivières. dans le Kiang-sou, et que j^i traversé en bac à peu près à moitié chemin de Ho-tcheou à Ts'iucn-tsiao, sauf encore un autre canal que j'ai laissé sur ma droite au sortir de TcKou-tchcou, je n'ai plus trouvé vers le Nord que des lits de rivières ou des torrents aux trois quarts desséchés. A 30 kil. S. E. de Ou-ho, la rivière TcKe (^ f^), qui vient de la sous-préfecture de Tingyiien (£ ^), avant de se jeter dans le Hong-tchè-hou, forme auprès du village Tcha-kia-tou un bras d'environ 3 kilom. que . l'on traverse en bac.