III. PREMIÈRE PÉRIODE : PROFITS ET PERTES COMPENSÉS. î
1760, l'autre imprimée eu 1881 et comprenant 18 fascicules (^) in-8**. Le dernier tome de cette collection, reproduisant les préfaces des éditions précédentes, nous montre avec quel soin les Chinois recueillent les traditions que leur ont transmises leurs pères. Il nous apprend que les Chroniques de Tsong*'mingy par exemple, imprimées pour la première fois vers la fin du 13® siècle, furent complétées et rééditées dans les années 1351, 1444, 1561, 1604, 1681, 1727 et 1760. Il est en outre fait mention, au même lieu, d'autres travaux restés inachevés en 1520, 1650 et 1668.
Plusieurs autres documents, d'origine chinoise, auxquels nous ferons des emprunts, seront cités par nous au cours de ces pages ; mais pour ne point retarder davantage la marche de notre histoire, nous nous contenterons de rejeter ces indications dans des notes, où trouveront place aussi plusieurs extraits d'ouvrages étrangers.
III. PREMIÈRE PÉRIODE : PROFITS ET PERTES COMPENSÉS (£1 JSI fli *).
L'histoire de Tsong-ming peut se diviser en trois périodes, dont la première s'étendant du 7* siècle à la fin du 13®, et désignée par les indigènes sous le nom pittoresque de Profits et per^ tes compensés, est ainsi décrite au premier volume des Chroniques.
«La première des années Vertu belliqueuse, de Kao-tsou {"J^ «jjg 1$ f^), empereur de la dynastie des T'ang (H) (620 ap. J.-C), «au sud de la sous-préfecture de Hai-men, surgirent tout à coup «du sein des eaux deux îles que l'on nomma Tong-cha et Si-cha «(IK ÎS fP^ ^ano de VEst et Banc de l'Ouest), En 696 (1) des pô- «cheurs & des faucheurs de roseaux se fixèrent sur cette terre. «C'étaient les six familles Hoang, Kou, Tong, Che, Lou et Song *^(îl MMMM^) (2)' Elles défrichèrent le sol qu'elles couvri-
(1) Les Chinois comptent les dates d'après les années de règne de leur souverain, ou bien d'après celle de leur cycle de 60 ans; les deux méthodes sont fort imparfaites. Et pourtant, ce n'était point assez à leurs yeux de 22 dynasties et de 241 empereurs pour embrouiller les choses : un grand nombre de règnes ont porté successivement des titres dififérentg et chacun de ceux-ci possède sa numération spéciale. C'est ainsi que le petit-fils de Kao* tsou, durant les 34 ans qu'il resta sur le trône, changea 14 fois le titre de son règne ! Nous avons pensé qu'il suffisait dans notre traduction d'avoir donné un exemple de cette méthode, sans surcharger les autres dates de ce vain fatras d'érudition. A l'avenir, aux indications dos auteurs chinois, nous substituerons simplement la date correspondante de l'ère chrétienne.
(2) Chacun sait que le nombre des noms de famille fut d'abord fixé à cent. Il a été dans la suite augmenté et atteignait déjii le chiffre de 438 sous la dynastie des Song (5lS> 10» au 13* siècle) qui en fit publier un catalogue (Fc-kia-sing 0 HE JBE o.-à-d. les noms des cent familles), qu'apprennent par coour les enfants des éooles.
«rent de cultures. Neuf ans après fut établi surSi-c/ia le bourg de nTsong-ming, avec dépendance de la sous-préfecture de Hai-men, «C'est de cette époque que date Tappellation de Tsong-ming (1). Environ trois siècles après leur naissance, ces îles commencèrent «à disparaître, mais en même temps, il s'en formait à peu de dis- <ctance au N.-O. une nouvelle qui fut appelée Yao-Heou-cha (j^ « j^ fp) du nom des deux premières familles qui Thabitèrent. Au «commencement du 12® siècle (1101), les deux bancs Tong-cha et «Si-c/ia avaient complètement disparu, et tandis que celui de Fao- «lieou-c/ia lui-même s'abîmait peu à peu, une dernière île s'élevait «au N.-E. et recevait le nom de Tong-san-c/ia (^ ^ fp), en mé- «moire des trois familles Tchou, T'cheng et Tchang (^ ^ ^) qui «s'y établirent. Ces colons, ainsi que les précédents, étaient des «émigrés de Kiu-yong (^ ^), sous-préfecture ancienne située au «sud de Nan-king. Cependant Fao-lieou-c/ia, qui résistait encore «aux efforts du courant destructeur, avait vu en 1222 le nom de aTsong-ming'tchen (^) changé par l'empereur en celui de T'ien^ «se-i'c/iang {J^fSi^ Salines don du Ciel), et les salines officielles «rattachées au district de T^ong-tcheou (jj j|t|). Enfin en 1293, «un mémoire adressé à l'empereur et tendant à l'élévation de l'île «au rang de district (tcheou ji\) fut agréé de la Cour et c'est de «cette époque que date la juridiction propre de Tgong^ming, avec «dépendance de Yang-tcheou (^ j^) (2).»
«Une ville murée, du nom de Tsong-ming^ tcheou, fut élevée «cette même année, sur le territoire de yao-h*eou-c/ia, et le man- «darin Siè Wen-hou (|p ^ ^) entoura la nouvelle cité de murail- «les en terre (3).»
Une carte que nous reproduisons d'après l'édition de 1760 résume bien cette première période. Ce document dont nous respectons l'intégrité, laisse à désirer au point de vue des proportions et de l'orientation : mais ce défaut commun à toute la cartographie chinoise, offre ici peu d'inconvénients; car l'auteur dont nous avons donné la version, signale plusieurs divergences d'opinions au sujet de la position relative de ces îles.
Voici donc Tsong^ming jugée digne par le Fils du Ciel, de constituer un district et de posséder une ville murée. Sans doute ce fut pour elle «beaucoup d'honneur», mais les calamités ne furent pas pour cela conjurées ; bientôt les vicissitudes d'une île errant au sein des flots se compliqueront des infortunes de sa métropole, et le tableau des Cinq migrations, tiré des mêmes
(1) Taong-ming (^ ™) i que les insulaires prononcent Dzong min^ et les gens du nord T^chong-ming, signifie VEstime des facultés intellectuelles. Hai-men (^ r J/ veut dire Porte de la mer.
(2) Chron. de la sous-pré/, de Tsong-ming, ohap. des Mutatioris y^ *)•
(3) Ihid. chap. des Remparts et fossés
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11m forment en 680^ liAbiléet en
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CARTE DES "PROFITS ET PERTES COMPENSÉS" D'après les Chroniques de 1760.