‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 62 sur 231 · PREFECTURE DE NINGKOUO-FOU · texte numérisé non relu

PREFECTURE DE NINGKOUO-FOU

Poêition géographique^

Torrents et 9011^préfectures.

Limitée au Sud-Est par la province du Tché-kian/^ et enclavée sur ses autres faces par les 4 autres préfectures du Wannatif celle de Ning-hmio-fou, ainsi que les 2 précédentes, compte 6 sous-préfectures sous sa juridiction.

Deux grands torrents, formés de plusieurs rameaux secondaires, prennent leur source dans les montagnes qui séparent le bassin du Kiang de celui de Hang-tcheou, et passent sous les murs ou à proximité de ces villes, en se dirigeant vers le Nord ; ils se réunissent aux confins de la préfecture de Tai-pHrig-fou, et vont enfin se décharger dans le Grand Fleuve, par plusieurs bouches, à travers les terrains d'alluvion.

Le torrent d'Est arrose Stucn-tch^eng-hien (3|[ ijjj), dont l'enceinte se confond avec celle de la préfecture ; plus haut, il se bifurque; l'un de ses bras passe à Ho-li-kH, port fréquenté qui se trouve à quelques li de Ning-kouo-hieîi (fÇ g) et remonte jusqu'aux contreforts élevés du Tché-kiang ; l'autre se dirige droit vers le Sud et reste navigable jusqu'à Tong-ngan ("Jt j^) et môme, pour les barques de médiocre grandeur, jusqu'au Mat*eou de Hou-lo-se {^ ^ ^l)-

Le torrent d'Ouest doit une partie de ses eaux au district de Che-tai. Le cours d'eau parti de cette région en rencontre plus bas un second, descendu des hauteurs de Tai-p^ing-hien {"k ^)» a^tro sous-préfecture du Ning-kouo-fou. Ces deux bras réunis deviennent navigables à Mei-ling (^ j^), à 60 li en amont de King-hien (^). Auprès de cette dernière ville, accessible aux grosses barques chargées de sel, ils s'unissent eux-mômes à un troisième cours descendu de Tsing-té-hien (jgg j^) et navigable jusqu'à- 5an-A;*i (^ ^). Dans la partie inférieure de son cours, le torrent de King-hien se dirige au Nord. L'une de ses branches, la principale, gagne Ou-kou; tandis qu'une autre, qui s'en sépare à la hauteur de Si-ho-Veou (f|

COMMUNICATIONS INTÉBIEURES.

^ D), va rejoindre vers l'Ouest la sous-préfecture de Nafiling (^ ^), d*où un canal direct conduit pareillement jusqu'au Kiang.

La condition de cette préfecture, sans atteindre celle de Fortune. Hoei'tcJieau, était autrefois très prospère. La longue occupation des rebelles a ruiné cette population, dont il ne reste plus qu'une infime partie.

Les indigènes {^ ^) du Ning-kouo-fou étaient renommés pour leurs mœurs faciles et l'opulence de leurs cultures. La rébellion a passé sur ce pays comme un fléau destructeur, et dans plusieurs sous-préfectmes, les derniers descendants des aborigènes s'éteignent dans l'isolement et le vice.

Voici quelle serait, d'après les documents officiels àe^Populatribunaux, la population du Ning-kouo-fou dans ces dernières ^*^'*" années ; nous inscrirons dans ce tableau, d'après les observations des missionnaires, la proportion des indigènes qui ont survécu aux désastres de la guerre intestine, comparés aux étrangers qui sont venus coloniser depuis 25 ans ce pays dévasté.

Cl ^ «., PbOPOBTION. 8UB DIX,

SoU8-PBA- NOVBRB ^ jrnmruaxx^n, d»x> i/xa,

F1BGTUBE8. D'HABITANTS. D'INDIOÈNEB ; D'ÊTRANOEBS ; CEUX-CI, DU

Siuen-tch'eng 819 970 hab.

Ning-kouo 212 936

King-hien T^aip^ing Tsing-té Nan-ling

HoU'pé; Ho-nan.

Hou-pé; Kiang-pé.

HoU'pé ; Ngan-k'ing.

Hou-pé.

Hou-pé.

Hou-pé.

Total 1 212 211 hab., soit 453 631 indig. pour 758 580 étrangers.

Ainsi les ^/s environ de la population actuelle du Ning- Les étrankouO'fou seraient dus & l'im^nigration relativement très récente ^^'' des provinces voisines. Celle du Hou-pé surtout a fourni un appoint important à l'avalancbe humaine, qui est venue repeupler ces riches vallées et ces demeures désertes; mais il faudra encore de longues années pour apaiser les ressentiments qu'ont éprouvés les aborigènes survivants, à la vue de leurs concurrents.

Disons sans plus tarder qu'une autre préfecture toute Koang-tévoisine, celle de Koang-té-tcheau, n'a point été mieux traitée & l'époque de la rébellion. Aujourd'hui, le territoire qui dépend immédiatement de son chef-heu compte à peine ^lo de pen-ti, tandis que la sous-préfecture de Kien-p'ing, qui ressortit à Koang-té, en compte environ ^/lo.

Ce sont surtout des habitants du Hou-pé et du Ho-nan qui se sont abattus sur ces terres délaissées, qu'ils ont acquises À vil prix ou conquises par le défrichement.

tcheoa.

OoUinea,

Bois.

Thé.

EiM.

Autre*

produe-

Hons.

«Les coteaux de cette préfecture, écrivait le P. du Halde, «sont très agréables à la vue, et ses montagnes, toutes couver- «tes de bois, fournissent aux herboristes d'excellentes herbes «médicinales.»

Hélas! Ces beaux temps sont passés, et les anciennes forêts, coupées à ras du sol par le vandalisme des âpres Houpénois, ont depuis un quart de siècle enlevé aux collines du Ning-kouO'fou leur poésie avec leur parure. Ces affamés venus sans ressources de leur province (^ ^), où la densité extrême de leur population et les désastres périodiques des inondations les avaient réduits à une extrême misère, se jetèrent tout d'abord sur tout ce qui était à leur portée. Au bord des torrents qui étaient capables de flotter de grands arbres, ils abattaient les bois séculaires, qu'ils vendaient à vil prix aux commerçants des rives du Kiang. Puis, l'on remonta de proche en proche vers le Sud. Il y a dix ans, la vallée de Choei-tong, par exemple, était remplie d'arbres superbes. Eh bien! aujourd'hui ses pentes dénudées n'of&ent plus d'autre spectacle que celui des broussailles.

La rage de détruire, la crainte de laisser à d'autres un bien dont on ne pouvait profiter, firent table rase de ces richesses accimiulées depuis des siècles. A part la zone la plus méridionale du Fou, les colUnes et les mamelons portent partout la trace de ces dévastations, et perdent encore aujourd'hui, dans des incendies périodiques qui consimient fréquemment les jeunes pousses de ces sommets, l'espoir d'un avenir meilleur.

Le gouvernement, qui a été impuissant à réprimer ces désordres, le serait tout autant, s'il tentait de s'adjuger & titre de domaine d'Etat, pour les exploiter, ces immenses espaces qui sont vraiment nullitis et qui ne profitent plus à personne. Les montagnes possèdent des mines de charbon d'une qualité inférieure, qu'il est du reste défendu d'exploiter.

Quelques cantons produisent le thé ; mais ce produit est loin de valoir celui du Hoei-tcheou et du Lou-ngan-tcheou, dont nous parlerons plus tard.

Le riz, dont on exporte une grande quantité par Ou-hou, est le principal produit du pays. De la paille de cette graminée, les habitants du King-hien fabriquent de beau papier; tandis que du côté opposé, sur les limites du Koang-té-tcheou les tiges tendres des bambous fournissent un papier plus grossier, employé dans les constructions. C'est par la chaux qu'ils traitent la matière première de cette double industrie.

Le territoire de Ning-kouo-hien produit une grande quantité de châtaignes, que l'on porte au Ma-Veou de Se-ngan, préfecture de Hou-tcheou-fou (^ )i\) dans la province du Tché'kiang. Il fournit aussi d'excellent coton au Hoei-tcheoufou.

Le thé en poudre ^ ^ (Tch'a-hoei), qui vient du Hoeitchecni par San-k'i, ainsi que le thé en feuilles produit par le Ning-hcmO'foUy est dirigé en barques sur Ou-hou. C'est vers ce dernier port que se dirigent encore les trains de bois de pins Çi^ ^ Cha-cJiou} et de bambous, qui descendent des montagnes les plus méridionales de la préfecture. Les chanvres, les plantes tinctoriales sont aussi des productions du pays.

Les populations de Tsing-té et de Tai-jp^ing qui, retran- ArtUang. chées dans leurs hauteurs, ont su mieux que les autres se défendre contre les déprédations des rebelles, et depuis, contre l'invasion des immigrants, ont conservé intact le vieux renom d'habiles constructeurs, dont ils sont en possession depuis des siècles.

Ces deux préfectures fournissent au Wan-naUf et notamment aux riches familles du Hoei-tcheou^ les meilleurs sculpteurs en pierre et en bois ; et leurs menuisiers sont même préférés, à cause de la perfection de leur travail, à ceux qui viennent du Kiang-si, Ce sont eux qui jadis ont construit les hôtels de Hteou-ning ; les rares débris qui restent de ces anciens édifices attestent à la fois l'opulence des maîtres qui ont payé,et le bon goût des ouvriers qui ont élevé ces habitations.

Les maisons qui se voient dans les autres quartiers àxx^ioMonM, Ning-kouo-fou et dont la construction est antérieure aux rebelles, sont généralement à étage et relativement luxueuses, si on les compare à celles du Wan-pé, Les immigrants ont disputé aux indigènes celles de ces demeures que le fer et le feu avaient épargnées. Le surplus de la population s'est bâti des masures en terre couvertes de paille, qui lui rappellent mieux les coutumes et la pauvreté de son lieu d'origine.

Dans la préfecture voisine, celle de Tch*e'tcheou, les territoires de Che-tai-hien et de TsHng-yang-hien^ qui ont aussi beaucoup souffert de la guerre des Tai-jp'ing, nourrissent une grande quantité de Houpénois, également parqués dans des paillettes. Le Kien-té-hien renferme un certain nombre d'étrangers venus surtout de la préfecture de Ngan-k'ing et des confins du Kiang-si, Les autres districts ont moins souffert et gardent à peu près intacte leur ancienne population.

C'est ici le lieu de dire qu'au Hoei-tcheou-fou, les souspréfectures de Hi'hien et de Hicou-ning^ qui ont été plus éprouvées, ont reçu du Ngan-kHng-fou un bon nombre de cultivateurs. Mais ceux-ci, à la différence de ce qui se passe au Ning-koiu)'foUf ne sont pour la plupart que fermiers.

Le Tché-kiang fournit au Ning-kotio-fou du sel de con- Échangea. trebando, et la préfecture de Hoei-tchcou lui procure l'huile estimée du Tong-chou (|@) et le suif du Ou-k'ieou-chou (,^ Q excœcaria sebifera).

La plupart des routes de ce Fou sont dans un état déplo- BouUè.

rable. Celles de la préfecture à King-hien et à Ning-kouo-hien, font un peu exception à cette règle générale. L'absence de drainage, de ponts et de levées suffisantes transforme souvent cette contrée en un vaste marécage, dans les plaines basses que contournent les collines.

Je citerai un exemple qui m'est plus connu. A l'époque des pluies, les communications par terre entre le Fou et Kienp*ing-hien au Nord-Est, Ning-kouo-hien au Sud-Est, sont interrompues, et il faut parfois attendre 8 ou 10 jours que les eaux se soient écoulées. En dehors de la ville, notamment vers son angle S. E., la plaine présente alors l'aspect d'un immense marécage.

La route qui conduit & King-hien est en partie dallée et pavée sur les bords, mais le manque d'entretien la rend très difficile, s'il pleut, sur ime partie de son parcours.

De King-hien à Tsing-téy la nature du sol rend le chemin d'un usage plus facile. C'est par cette route et par celle de la vallée de Holi-k*i, que le Ning-koiio-fou communique le plus habituellement avec Tsi-k'i et le reste du Hoei-tcheou-fou. Le col de Sin-ling (f§ç ^) sur les confins des deux préfectures est le lieu très fréquenté, où s'opère la jonction de ces deux routes. L'on use peu des sentiers directs qui conduisent de Tai-p'ing-hitn au Hoei-tcheou, à cause de l'altitude des montagnes à traverser.

De la préfecture à King-hien, k Nan-ling et à Ou-hou, les routes sont fort mauvaises, nullement entretenues. La moindre averse les défonce, et le chemin de Ou-Jiou se trouve chaque année coupé en plusieurs endroits, par les eaux que les crues du Kiang empêchant de descendre, forcent à envahir les campagnes. Entretien. Je l'ai dit, l'entretien de ces routes est nul, ou à peu près.

Dans les routes de petite communication ou sentiers, qui n'ont guère qu'un ou deux pieds de large, les propriétaires riverains trouvent encore un certain avantage à recharger de terre de temps à autre et à aplanir le chemin qui borde leur propriété, menacée sans cela par les passants d'une descente dans leurs champs d'ordinaire plus bas, et d'une vindicte opérée sur leur récolte.

Mais sur les grandes routes qui ont souvent un tchang (^)> i- e- dix pieds, de large, il en va autrement, et les entreprises généreuses de quelques particuliers sont, à cause de leur isolement môme, dépourvues de toute efficacité. Un exemple suffira. Sur la route qui conduit du Fou à ^fC $ Choei-tong (sur le torrent de l'Est), voici les travaux accomplis depuis une dizaines d'années : Le Tcheng-t'ai a fait recharger la route de terre sur un espace de quelques centaines de pieds. Les cultivateurs voisins de cette route en ont réparé 2 li ; enfin, plus haut, de Choei-tong à Ho-li-k'i, un homme riche du pays a fait paver une longueur de 4 li.

Le reste est à ravenant.

La même insouciance se remarque dans la conservation Ponts. des ponts. J'en ai vu de fort beaux (notamment de CJioei-tong à Kitig-hien), dont les arcades à moitié ruinées achèvent de se perdre au milieu de l'apathie et du désarroi universels de Tad- D^nistration.

La pauvreté des immigrants, qui ont dû, & la lettre, lutter longtemps pour l'existence, avant d'acquérir une modeste aisance, qui manque encore à un grand nombre, d'autre part le manque d'entente qui persiste entre ces frères ennemis, indigènes et immigrants, qui comptent chacun et s'opposent mutuellement leurs notables distincts, sont des causes qui expliqueront pendant longtemps encore les ruines regrettables qui s'accumulent chaque jour sous nos yeux.

Depuis 20 ans, cette incurie a laissé perdre plus de ponts qu'on n'eu a relevé. La ville cependant en possède un de date récente, au Tong-men. En revanche, le Siao-tong-men devenu désert ne garde plus du sien que les culées. J'en dis autant de celui de Choang-k*iao (Jf ^), qui plus loin vers l'Est était jeté sur un des 2 bras du torrent. Celui de Tongk'i'k'iao (^ §|| ^jj) jeté sur l'autre bras subsiste encore. — Au S. E., à Hia-kia-tmc (5 tH tSt)> ^^ P^^^ ^ perdu une de ses arcades (1).

Vers Ning-kouO'hien, il existe 2 ponts à 6 arches. Vers King-hien, ils sont en général détruits. — Dans le Sud, 2 beaux ponts conservés, à M *<fi ]^ Ho-li-k'i (8 arches) et & 16 II de Tong-ngan ()K J^), dans la localité de (ht-kongk*iao.

Mais cette énumération suffit, croyons-nous.

La misère a souvent poussé la population étrangère deKo-laoces pays à de graves attentats contre les personnes et les^^^*' propriétés. Une association, importée du Hou-pé et qui a pour but avoué le soutien mutuel contre les entreprises des brigands, constitue de fait ime association de malfaiteurs qui répand déjà la terreur dans certaines vallées, et donnera peut-ôtre un jour à réfléchir au gouvernement chinois.

Cette association, dont les pratiques et les règles sont secrètes, s'appelle Ko-lao-hoei (|f ^ ^). Elle aurait, dit-on, un but politique. Tout ce que nous savons, c'est que malgré quelques têtes coupées de temps à autre par les mandarins, cette société s'est singulièrement accrue depuis plusieurs années, dans la partie moyenne et septentrionale du Wan-nan, Du Kien-ié au Koang4é-tcheou, les populations rurales se laissent enrôler dans le Ko-lao-hoei, dans l'espérance au moins de n'être point inquiétées. C'est ainsi que certaines campagnes

(1) II vieut d'être réparé cette aunée.

se trouvent déjà complètement engagées dans les liens de cette

association (1).

yoyo^ Le prix des transports par barque commune (ming-tMoan)

est d'une sapèque par li pour chaque voyageur, nourriture non

comprise.

Barque*. Une barque retenue par un seul voyageur, par exemple

de Ning-kottO'fou à Ou-hou (140 li), varie de 1 à 3 mexicaines.

Une barque contenant aisément 3 personnes en coûtera de 3 &

5; pour 7 ou 8 personnes allant de Ou-hou à Ning-koivo-fou, on

a dû payer jusqu'à 18 piastres, à Tépoque des exameîis.

(1) Les lignes quiprécèdentétaientécritrsaumoiBd*Aoûtl8îH).Troismoi8 après (7 Novembre), l'Empereur accusait réception d'un mémorial du jfouverneur du Ngan-hoei, rappo.tant rarrrstation et la décapitation di> quelques mem» bres influents de la société iio-^oo, lesquels depuis un certain temps préparaient une rébellion sur les limites de la dite provinoc et de celle àuKiana-si. Dix-sept d'entre eux, le chef compris, avaient été saisis, ainsi que les armes et let< muni-

tiens en leur pouvoir. Le 27 du même mois, yQ yR J0C le dit gouverneur adressait à la cour un nouveau mémorial donnant de longs détails sur cette capture et son importance.

"Ces hommes, la terreur du pays, conmiandaient un corps de plusieurs cen- "taines de conjurés, et devaient lever l'étendard de la révolte à une date fixée; "organisés avec des drapeaux et des signes secrets, Us formaient, dit le rappor- "teur, une organisation formidable; mais grâce au juste châtiment qu'on leur "avait infligé, le pays était délivré d'une grande calamité."

Après cette proee officielle, ajoutons que le pays n'a nullement été délivré: o'est par l'armée qu'il faudrait commencer, si l'on voulait purger la Chine centrale de cette société. Chacun sait, en effet, que les camps et les forces navales, qui sont groupés le long du fleuve Bleu font presque tous partie du Ko-lao-hoei,

Dans son mémoire du 26 Juillet 1891, présenté à la suite des troubles ré« oentsdelavalléeduJGCmn^, le T«on^-^/-2/a-7n«n crut pouvoir r* jeter la cause de tous les malheurs, sur "le grand nombre de soldats sans emploi et de malfaiteurs "engagés dans les sociétés secrètes, si répandues dans les provinces traversées "par le Kiang" Mais môme en supposant — ce qui me souible probable — que les services de la secte aient été utilisés à Ou-hou et ailleurs pour ruiner les étrangers, il reste évident que les responsabilités principales de ces attentats pesaient sur des personnes plus influentes et plus éclairées que ces vulgaires malfaiteurs.

Le lecteur trouvera ci-contre le fac-similé d'un de ces "signes secrets" dont parlait Chen Ping-tch*eng : c'est un billet d'admission à la société.

Tout récemment (3 Octobre 1892), un mémoire au trône du gouverneur du Kiangsi parlait à plusieurs reprises d'un sceau eu bois pris sur la personne d'un nommé Ul R W -^^ Hing-paOy servant à estampiller les billets d'admission des associés. Le m(^me jour Ia Oazfitte de Pé-k in reproduisait un document semblable du gouverneur du Tché-Jciang ; cette seconde pièce offre ce détail remarquable que les trois principaux coupables SU ^ ^ Licou Yu-koei et les nommés ^ P*ang et Tlt Afi, originaires du Tlou-pé et du Ho-nan^ étaient tous trois d'anciens soldats. Les sections du Ko-lao-hoei auxquelles ceu brigands affiliaient leurs adeptes, portaient les dénominations de ^ ^ LU ^ B S Tchong-hoachan Pao-Jcou^-Vangyjfj^^^ LU i@^^ T^ai-yong-chun Tcliong-it^ang, >C iK LU JS» 31 S Wen-ou-chan Tchong-i-t^ang.

Il y a des hang (fj) auxquels le batelier abandonne le dixième de son gain. — Le pourboire peut aller à 100' sap. pour chaque Hou-ki ou marinier qui aide le patron.

Une chaise, prix minimum (^ fl(), coûte 10 sap. par li Chaise. pour deux porteurs. Si la route est courte, le prix est plus élevé. Dans les hang, il faut souvent 14 sapèques.

De Ou'hcm à Ning-kouo-fou, les marchandises cotitent Bagages. O^**", 10 par tan ; puis autant encore, jusqu'à Ho-li-k'i. Si l'on Barques. a une bonne quantité de marchandises, le prix peut baisser &

o^ 07 ou o^ 08.

Par mulets, la charge de 2 tan est d'environ im demi carolus Mulets. pour 60 li. Au Sud, nous l'avons dit, ce moyen de transport est fréquent. Les ânes portent un tan de Ho-li-k'i à Tœtg-ngan (60 li) pour 280 sap. Les porteurs sont payés le môme prix Porteurs. pour la môme course.

Les porteurs de profession qui vont au Hoei-tcheou demandent 200 sapèques, plus la nourriture pour 70 à 80 li. Ils peuvent porter 100 livres et plus.

Les paysans porteurs se contentent de 100 à 140 sap. par jour, plus la nourriture.

Une brouette chargée de 240 livres (et môme de 300, si Brouettes. le temps et les chemins sont beaux), parcourant environ 50 li par jour, demandera 3 carolus pour aller de Ho-li-k'i à Hoeitcheou (260 li); la nourriture ainsi que le retour compris.

Quelques mots sur la rapidité des transports par brouettes Rapidité ou par porteurs ne paraîtront pas déplacés ici. I^^ts^^

Y. Brouettes. Les brouettes chargées de 250 à 300 livres, et conduites par un seul homme, ne font en moyenne que 50 li par jour. Chargées au plus de 200 Uvres, elles font 70 & 80 li. Pour deux hommes, dont l'un tire et l'autre pousse, la charge peut être double, à égaUté d'espaces parcourus.

2°. Porteurs. Des charges de 70 livres, ou de 100 à 120 livres, confiées aux portefaix, parcourent respectivement des étapes semblables à celles qui ont été indiquées pour les brouettiers. On voit par là que la brouette économise plus du double de forces; aussi se sert-on de ce moyen de transport, toutes les fois que la nature du sol le permet.

Il y a des barques de 600 tan qui remontent de Ou-hou à Barques. Ning-kouO'fou pour y charger du riz. La moyenne de ces barques est de 300 tan. Une de ces dernières barques peut venir du Fou à Ou-hou pour 7 carolus; le transport du coton serait à peu près dans les mômes conditions. Mais des marchandises moins communes ont un fret notablement plus élevé.

A partir de la 5® lune, les eaux du Kiang refluent jusqu'à 40 Grandes li de Ou-hou, dans les nombreux canaux venus du Sud. Aussi ^^^^' les pluies qui surviennent vers cette époque sont-elles particulièrement dangereuses. Souvent les eaux rompent les digues qui protègent de vastes espaces de ces polders appelles Wei-tse,

58 LA PROVINCB DU NOAN-HOEI.

i. e. enceintes (^ ^). Alors c'en est fait pour oet enclos de la récolte de l'année.

De pareils désastres sont fréquents sur les rives du Kiang et sur celles de la basse Hoai, au Nord.

Sécurité. Nous avons déjà parlé des brigands de terre. Les pirates

ne manquaient pas autrefois, au milieu des lacs et des roseaux qui avoisinent le Tai-p'ifig-fou. Pourtant les attentats sont rares de nos jours. Peut-être ce résultat est-il dû à la prudence des voyageurs, qui, fidèles aux prohibitions des barques militaires stationnées dans ces cours d'eau, ne voyagent pas la nuit, mais restent groupés à côté d'autres barques, ou près des bourgs.

Auberges. Les auberges ressemblent à celles du Tch*e-tcheoU'fou,

La plupart sont misérables, très sales, et n'offrent aux voyageurs qu'une chambre (je devrais dire un chenil) commune. C'est juste assez pour des gens qui ont sommeil et tombent de fatigue.

Le souper et le déjeuner, hospitalité de nuit comprise, coûtent 70 sap.; une couverture se loue 28 sapèques. Le dîner, comme les autres repas, sur terre et sur eau, se paie 30 sap. Pour cette somme modique on a du riz & discrétion, du pien-tch'a (fil ^) et une, quelquefois 2 petites soucoupes de ts'aif légumes le plus souvent salés.

Courriers. Les courriers sont à bon marché. Ils coûtent de 70 à

100 sapèques par 100 li, nourriture non comprise. Les lettres de faire-part pour annoncer un mariage, môme à de petites distances, se paient le môme prix.

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