AUTRE BILLET
L'on pourra comparer la partie supérieure de ce billet, dans ses quatre parties, avec les 12 caractères du précédent cachet.
Ici, la devise se trouvi^ encadrée dans la partie inférieure.
Quant à l'allusion renfermée dans les deux phrases rimées qui complètent ce billot, elle ne peut f^îière laisser de doute sur les intehtions révolutionnaires, anti-dynastiques, de leur auteur.
Enfi 4 petits caractères posés sur les côtés et eu dehors du cadre recommandent l'omté de sentiments et le concours dans l'effort.
Il est vraisemblable que c'est par Se-ngan (H ^ pD La route grand Ma-t*eou du Tché-kiang, que s'écoulaient autrefois vers jj^n^"' le Tai-hoUy les eaux de la vallée de Koang-té-tcheou. Aujourd'hui encore, cette route, qui est fort suivie pour les transports, est tracée le long d'une large vallée ininterrompue, sorte de plaine assez basse de formation récente, et dont les eaux qui hésitent maintenant à choisir leur direction vers le Sud-Est ou vers le Nord, ont dû être peu à peu séparées sur le seuil des bassins actuels, par les apports constants de sables descendus des collines voisines.
A l'époque des grandes eaux, le lac Nan-hou inonde les plaines qui se trouvent sur ses rives Ouest et Sud-Ouest, et l'on peut & cette époque communiquer du lac avec Ning-kouofou à peu près directement, au moyen de canaux qui ne sont pas figurés dans notre carte. Ces bas-fonds marquent sans doute l'itinéraire de quelque ancien bras secondaire du Kiang,
Le torrent de Koang-té-tcheov présente des gués dange- Torrents. reux par leurs sables mouvants, et sa navigation devient de jour en jour plus diflBcile. Des barques longues et très légères peuvent cependant encore remonter jusqu'à la préfecture, pendant la plus grande partie de l'année. A Kien-pHngy ce cours d'eau devient navigable même pour de fortes barques. Il reçoit, à quelque distance en aval de cette sous-préfecture, un affluent qui draine la partie Ouest du Fou voisin, et peut être remonté par des barques moyennes jusqu'au bourg de ^ ^ ^ Che-tsiétou.
Enfin un autre bras venu de l'Est, rejoint au bourg de Tong-hia, entre Kien-pHug et le Nan-hou, le torrent principal.
Les désastres dont cette préfecture a été victime à l'époque de la dernière rébellion, l'immigration qui les suivit, expliquent assez l'état d'infériorité dans lequel elle se trouve encore de nos jours, au point de vue de la fortune.
Il y a 15 ans, les hautes collines du S. O. et les ondula- -^o**tions qui relient le Tcheoti à Kien-p'ingy étaient couronnées de belles forêts de pins ( Song-chou), de chônes (Tchou-chou), de rhus (Hoang-li-chou J| Jj| ^), qui étaient activement exploitées et fournissaient au marché de Se-ngan une grande quantité de planches. Aujourd'hui toutes ces hauteurs, dévastées par les pillards venus de l'Ouest, sont honteusement dénudées. Peut-être, le tribut auquel elles sont soumises, ainsi que celles de Ning-koiW'fou, bien qu'assez modique en lui-même, s'opposera-t-il longtemps encore à leur reboisement régulier. Les montagnes du Kien-té-hien, qui ne sont point grevées de cette charge, doivent probablement à la faveur dont eUes jouissent l'avantage d'être mieux gardées et d'être protégées par leurs propriétaires contre le vandalisme des étrangers.
A ma connaissance, une seule localité, celle de Pi-kiak'iao {Sjk ii ^)t est en bonne voie de reboisement. C'est une
Boutes.
Ponts.
Produits.
Transports.
colonie originaire du Fou-kien (j|^ j^), qui s'est emparée des collines de ce bourg important, et y plante avec succès le thé et le Song-chou, tandis que les immigrants du Hou-pé et du Ho-nan, plus paresseux et moins industrieux, se contentent de faire valoir les terres basses.
Ici les routes valent ce que valaient celles du Ning-kouofou. L'entretien est nul, et quand il pleut, les chemins défoncés présentent aux voyageurs une série d'affreux bourbiers.
J'en dis autant des ponts dont aucun n'a été refait depuis la rébellion. A Kien-p'ing, un beau pont, dont on ne voit plus aujourd'hui que les culées, franchissait le torrent. Il fut depuis remplacé par un pont de bois, qu'une crue des eaux emporta un beau jour, sans qu'on l'ait depuis remplacé. A la porte Nord de Koang-té-tchoUf l'on passe un pont en bois, qu'emporte souvent le com-ant.
Ailleurs, c'est le torrent qui s'est déplacé, laissant à sec le pont de pierre bâti dans des temps plus heureux. C'est ainsi qu'à côté de Che-tsié-tou une belle arche aux trois quarts enfouie dans le sable, à quelque distance du cours d'eau, marque au voyageur l'ancien lit qu'elle dominait. A 20 li au Nord de Ytié'Wan-kiai (^ jjl| ^) un autre pont d'une dizaine d'arches se trouve également ensablé.
H ne reste plus que quelques ponts de médiocre importance, et plusieurs passerelles en bois, du genre de celles que j'ai plus haut signalées dans le Tch'e-tcheou-fou. — Ailleurs on passe les cours d'eau à gué ou en bac.
Le pays cependant offre des ressources qui suffisent à nourrir sa population et permettent même d'exporter une partie de ses produits. Le Nan-hou est très poissonneux. La sous-préfec- Inare de Kien-p*ing vend une partie de son riz au Kiang-sou. A Mei'tchou (|^ ^ ^), bourg situé à 32 li N. E. de Kùfi-pHngf commence un canal qui va se jeter un peu plus bas dans celui qui relie Tong-pa à Li-yang (U ^) dans le Kiang-sou. C'est à ce Ma-t'eou que les habitants de Kien-pHng vont vendre l'excédant de leurs grains. Ils en rapportent du sel, car cette partie de la préfecture jouit du privilège de s'approvisionner directement par les canaux de l'Est. La partie Ouest, au contraire doit se fournir par les arrivages de Ou-lvou, ce qui pour une difTérence de quelques li peut aller jusqu'à doubler les prix. C'est ainsi qu'il y a peu d'années, le sel se vendait 30 sapèques la livre, dans la ville de Kien-p*i7ig, tandis qu'il en coûtait 60 dans le territoire limitrophe du Ning-kouo-fou. — Vers Lieourwan (^ îft), il y a des mines de charbon inexploitées.
Il ne nous reste rien à dire sur les conditions dans lesquelles s'opèrent les voyages et les transports au Koang-té-tcheou, Elles sont en généial les mômes qu'au Ning-kouo-fou. J'ajouterai seulement une remarque qui peut s'appliquer à presque toute l'étendue du Ngan-hoei. La difficulté des communications
par eau, la lenteur du transport par les brouettes, la cherté du portage des' chaises, ont fait préférer aux missionnaires l'emploi de la mule comme moyen de locomotion.