PREFECTURE DE LIU-TCHEOU-FOU
Cette préfecture que sa position centrale déHignersiit Pré/ectunaturellement pour être la métropole du Ngan-hoeiy si elle'^''* était d'un plus facile et plus rapide accès, remonte au ^^ siècle de l'ère chrétienne ; ses remparts mesurent 47 600 pieds de tour.
Un lac (TcKao J|, al, ||^ al. ^ auquel les géographes Lœ chinois, donnent plus de 400 li de circonférence, occupe le^°"'*°milieu de ce département dont une grande partie est due aux atterrissements du Kiang. Ce lac recevant les 360 cours d'eau qui arrosent le département de Liu-tcheou-fau (JÇ \% ^ è\\ ^ "g" >S; -[*) se décharge vers l'Est dans im large canal qui passe sous les murs de TcKao-hien, et se ramifie plus bas en plusieurs branches dont Técartement sur les rives du Kiang forme un delta d'une largeur de 100 kilomètres.
Ces plaines alluviales sont si basses que pour les défendre Digues. de l'envahissement des eaux à l'époque de la crue du Kiang (Juin à Octobre), leurs habitants on dû construire de hautes digues, non seulement sur les rives du fleuve,mais aussi le long de tous les canaux qui se croisent dans le delta, et même jusque sur les bords du lac Tch*ao. Le reflux des eaux produit par le Kiang fait, durant les mois d'été, sentir son action puissante au lac lui môme, auquel il apporte le tribut annuel de ses troubles. Des missionnaires qui ont voyagé sur ces eaux pendant les mois de Juillet et d'Août, m'ont dit avoir vu leur niveau s'élever à quelques pouces à peine du sommet des digues. Celles-ci dominent les campagnes voisines de 8 à 10 piedâ.
L'on comprend quels travaux demande l'entretien con- Polders. tinuel de ces digues, et l'on devine sans peine que le défaut de vigilance si habituel en Chine amène souvent des malheurs dans les polders de ces nouveaux Pays-bas. L'an dernier
LA FBOVJNOi: DU l^é^hBQm*
Villes englouties.
Lac
Hong-
tohé.
Setcheon.
Lac Liyang.
par exemple, une partie du Kiang-pé, doni les digues avaient été rompues en face de Ou-hau, présentait de nos appartements l'aspect d'un lac immense qui ne put se débarrasser de ses eaux dans le Pleuve qu'à la fin de Décembre, Néanmoins les habitants du Liu-tchcQu qui ne peuvent plus désormais rien gagner sur le Kiang, continuant sur le lac leurs conquêtes pacifiques : cette année encore ils lui ont enlevé, sur les hauts* fonds voisins de ses rives, de nouvelles terres qu'ils vont livrer à la culture.
La tradition porte qu'à la suite de succès et de désastres successifs, les contomrs du lac ont été notablement modifiés, et les bateliers ne manquent pas d'apprendre au voyageur, lorsqu'ils traversent le lac, que ce dernier recèle au fond de ses eaux l'ancienne ville de Tch'ao. De fait, l'ouvrage jË S ^ S Ift iR fait mention d'un fait qui confirme cette tradition orale : S^ M ^ M M 1^- &t Ifà ^ M- «L'emplacement «du lac TMao était originairement le territoire de la sous- «préfecture du môme nom. Il disparut dans la suite et se «convertit en lac.» Que tout ou partie du lac doive son origine à ce phénomène, survenu postérieurement à la formation de la plaine d'alluvion voisine, il importe assez peu : en tout cas, nous pensons que Tafifaissement des terrains expliquerait mieux que la rupture d'une digue, la création de cette vaste étendue d'eau.
Sans parler de la région du Kiang^sou qui abonde en catastrophes de ce genre, il nous suffira de citer ici deux autres faits connexes, arrivés au Ngan-hoci. Les livres chinois attribuent au grand lac Hong-tché (§^ $fi US) une origine semblable. C'est une cité du môme nom remplacée par ce lac qui lui aurait donné son nom : g( H JD |p f^r iÉ: » ^ tt JE- Depuis, c'est sur les bords du môme lac, non loin de la sous-préfecture de Hiu-y (Bf B^)» ^\S^ l'ancienne préfecture de Se-tcheou (Us ttl) ^ ^^ pareillement engloutie. Ce dernier fait est relativement récent (1680) et voici l'explication qu'en donnent les Chroniques locales ; ft JH {^ JH j« ^ ji fg. «La rivière Hoai et le lac ayant débordé, la ville disparut engloutie dans les eaux.» Aujourd'hui l'on voit encore sur la rive quelques pans de murailles qui disparaissent dans l'eau; c'est tout ce qui reste de l'ancienne préfecture, transférée depuis vers le N. O. dans l'ancienne ville de Hong-tch'eng (Jt j||).
Citons un dernier exemple. Il existe à l'Ouest de la préfecture de Ho'tchûoUf une assez vaste étendue de terrains (plus de 30 000 meou ou de 2 000 hectares) dont l'histoire est assez curieuse. Tour-à-tour district, puis lagune, cette région a été endiguée et rendue à la culture sous la dynastie des Mmg mais les dommages que lui causent souvent les eaux de pluie qui l'inondent, l'empochent de recouvrer son ancienne splendeur. Voici en quels termes, un ouvrage chinois rend compte de ces
covmnno&TiOMs nirteiiiuBEs. 79
péripéties : m^m^^mi,Tsmiii^smm±
W ^ & ^' ^^* ^^ ^^ ^^ Li-yang est à l'Ouest de Hotcheou. L'on rapporte qu'en une nuit, le district de Li-yang se «transforma en un lac. C'est à ce propos que sous les Tang, <iLieou Yu'Si écrivit ces paroles: «Une seule nuit a fait un lac «d'une cité connue depuis mille ans.)»
Les collines qui, vues du Kiang semblent former à la pré- Collines. fecture de Lm-tcheou une ceinture infranchissable pour les eaux, non plus que celles assez nombreuses qui sont parsemées à l'intérieur du département, n'opposent en réalité aucun obstacle à l'action du Kiang ; elles ne forment point de système déterminé, et les canaux par leurs méandres les environnent de toute part, coulant dans les vallées qu'ils ont eux-mêmes en partie comblées. Les parties basses du Liu-tcheou-fou ne commencent guère, je crois, à s'élever doucement qu'au Nord du lac TcVao,
Les collines du Liu-tcheou sont aussi nues que celles du Fai'p'ing-fou qui leur font face. On en extrait de la chaux et de belles pierres de construction; mais ces dernières sont exploitées en très petite quantité.
Les maisons de cette région sont presque toutes d'assez Maisons. misérables chaumières; la préfecture elle-même, après avoir beaucoup souffert des rebelles, ne possède guère que deux immenses rues bordées en grande partie de ces constructions économiques ; aussi le nom qui lui est donné {Liu, maisonnettes) est-il bien mérité. Ailleurs, dans le Ngan-Ving-fou par exemple, les murs des habitations sont souvent composés de claies en roseaux, soit seules, soit appliquées sur im mur en terre, ou crépies grossièrement de terre glaise.
Outre la sous-préfecture de Ho-fei {^ JJ) qui se confond Sous-préavec le Fou, et qui doit son nom à la réunion des 2 cours d'eau ■^'^^^*^''^* Che {'fHD et Feif située au N. O. du lac avec lequel elle peut communiquer par eau, l'on compte 4 autres Hien ou Tcheou sur l'étendue de ce département. L'un d'eux Chou-tch'eng (^ ji)0 au S. O. du lac, communique avec lui par la rivière Péyang. Un autre est TMao-hien, déjà nommé. Un autre Ouwei'tcheou {^ ^ ji{) au Sud-B§t, au bord d'une des principales artères du delta. Enfin Liu-kiang-hien (JB f[) vers le Sud est situé à la naissance de la rivière Si {'S }?) qtù va se jeter dans le Kiang vers l'Est, au-dessous de Ou-wei-tcheou,
Le trait principal qui caractérise cette contrée est l'abon- Biz. dance du riz qu'elle produit et qu'elle exporte par Ou-hou. Son coton est également recherché.
C'est par le lac Tch'ao que passent les marchandises du Trcmsbas Kiang destinées à Lou-ngan. Un des canaux de l'Ouest, ^^J^*'^'' qui se jette dans le lac vers le bourg de San-ho (^ ^), est navigable jusqu'à celui de Tao-tch'eng (f^ j^ et même quelquefois 30 U plus loin. De Tao-tcVeng à Lou^an il ne reste
LA PBOVINCE DU NaAN-HOBI.
Boutes,
Ponts.
Transports.
plus que 120 li qui se font en brouette. Une grande quaxitité de cercueils sont transportés par cette voie, de môme aussi que dans la direction de Cheou-tcheou (|| )t{). Des radeaux venus du haut Kiang viennent aussi en nombre jusqu'à Tao-tch'eng, d'où l'on m'assure qu'une partie notable est charriée ensuite à Lou-ngan.
Les routes dû Liu-tcheou-fou ne valent pas mieux que celles des préfectures voisines. En temps de pluie, une partie est interceptée par des flaques d'eau. Les canaux du bas Liw tcheou sont précieux pour les voyageurs et l'expédition des marchandises. Ailleurs, piétons et brouettiers doivent se contenter de chemins défoncés, que la moindre averse rend d'ordinaire impraticables. Les grandes routes elles-mêmes n'ont de pierres que dans la proximité des collines. Dans les vallées les plus larges, comme dans les plaines plus éloignées des carrières l'on se contente du sol naturel.
J'ai vu assez peu de ponts dans le Liu-tcheou-fou. Il en existe cependant quelques uns de médiocre dimension, notamment pour passer les ravins du Nord. Aux environs de Tien-jpou OS i$)i j'en ai rencontré plusieurs, dont un de 50 mètres partie arqué, partie plat, à moitié détruit.
Les voyages et transports par eau et par terre se font dans des conditions normales et n'offrent rien de spécial, après ce que nous avons dit des préfectures précédentes. Ajoutons seulement en terminant, que la partie N. E. de ce département nous parait relativement peu habitée et insuffisamment cultivée, ce qui tient sans doute à la nature inférieure de son terroir.