‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 67 sur 231 · PRÉFECTURE DE NGAN-K'INO-FOU · texte numérisé non relu

PRÉFECTURE DE NGAN-K'INO-FOU

Reléguée dans la pointe méridionale du Wan-pé et Ion- Limites. gée au Sud- Est par le Kiang siu: une longueur de 160 kilomè-

LA PRÔVÏNCE DU NGAK-HÔEÏ.

Nfçank'iiig.

Constitution du Nganhoei.

Sou^'préfectures.

très, puis en remontant le fleuve, sur un nouvel espace de 60 kilomètres, par une étroite bande de terres alluviales rattachée à la province du Kiang-si, la préfecture de Ngan-Ving est limitée à TOuest par le Hcnt-pé, au Nord-Ouest et au Nord par les préfectures de Lou-ngan-tcheou et de Liu-tchecm-fau.

La ville de Ngan-k^ing, capitale de la province et cheflieu de la préfecture, sert en môme temps de résidence au sous-préfet de Hoai-ning-hien (fl| ^), Voici comment de son temps, le P. Du Halde décrivait cette cité : « Sa situa- «tion est charmante : elle confine avec trois provinces, et quoi- «qu'elle ne soit éloignée que de trois journées de la Capitale <i(Na7i'hing)^ elle ne laisse pas d'avoir Un Vice-roy particulier «...Tout le pays qui en dépend est très découvert, très agréable, «et très fertile. Elle n'a dans son Ressort que six Villes du troisième ordre (hien),T»

Cette cité remonte au commencement du 13*^ siècle (12- 17). Voici la description que nous en font les Chroniques locales : « Adossée vers le Nord à la montagne du Grand Dra- (ngofi (^ ^ lll), elle voit couler à ses pieds le « Long Kiangy^ «s'étend à l'Est jusqu'aux lagunes et reçoit à l'Ouest sa limi- «te d'un cours d'eau. Les murailles ont 9 Zi (5 à 6 kilom.) «de tour; elles sont fortifiées de bastions et percées de 5 «portes ; les parapets sont munis de 758 embrasures. » En 1862, le vice-roi Tseng ('^) fit ajouter à l'Ouest de la ville ancienne une nouvelle enceinte. En outre, des deux côtés de la ville sur les rives du fleuve, des faubourgs pleins de vie se prolongent à plusieurs kilomètres, doublant par leur activité commerciale l'importance de la ville murée. Il y a un an environ, le gouverneur songea à faire draguer, par des machines empruntées à Chang-hai le canal aujourd'hui obstrué qui contourne la ville vers le Nord ; il eût assuré par ce travail un refuge plus sûr aux barques qui stationnent sous les murs de la ville. Mais ce beau zèle n'a pas abouti jusqu'ici et nous doutons qu'il soit suivi d'effet.

L'institution du Ngan-hoei comme province distincte du Kiang-sou est de date assez récente. Ces deux provinces formaient autrefois la province unique du JQ ]^ Kiang-nan. En 1662, un gouverneur (appelé vice-roi par le P.. Du Halde) fut créé à Nga7i-k'ing avec juridiction sur le territoire occidental du Kiang-nan, et en 1723, un décret impérial constitua Nan-king comme centre de la vice-royauté des Deux Kiang, à laquelle le Ngan-hoei ressortit avec le Kiang-sou et le Kiang-si.

Outre le hie^i de Hoai-ning, la préfecture comprend les districts suivants : vers le Sud, Sou-song-hien (^ jg^) et Wangkiang-hien (|g ^), dont les territoires sont dus en grande partie à l'alluvion du fleuve. Dos canaux et des lacs nombreux, dont l'importance devient considérable à l'époque des

OOKBnJNIOATKmB xhtébieubbb. T1

cmes, dôoonpent les parties basses de ces districts qtd sont sujettes k de fréquentes inondations. Quelques collines dénudées mêlées d'ondulations se poursuivent vers le Nord au milieu de ce territoire, jusqu'aux villes de Tai-hou-hien (^ JU) et de Ts^ien-chan (^^ |il), à partir desquelles commence la zone des montagnes. Tandis que la ville de Wang-hiang élevée sur une légère éminenoe voit souvent ses campagnes recouvertes par les eaux du Kicung, celle de Pad-hou, placée comme une ile sablonneuse au milieu d'im vaste torrent descendu des hauteurs du Yng-chan (^ [I]) reste exposée aux débordements subits qui l'ont plus d'une fois dévastée. Ce même torrent se dirigeant plus bas vers l'Est en rencontre, & moitié chemin de Ngan-kHngj un second descendu de Ts*ien-chan, C'est au bourg de Che-p*ai (-Ç jpD que s'opère la jonction de ces deux cours d'eau, dont le cont-enu va se décharger dans le fleuve un peu au-dessus de Ngan-k'ing, Encore à l'époque des rebelles, on pouvait remonter en barque jusqu'à Fai-lum (^ ^) le grand torrent qui passe auprès de cette ville. Depuis lors le déboisement des montagnes, dont le sol granitique s'efi&îte facilement, a tellement favorisé la descente du sable des parties montagneuses, que le torrent obstrué n'est plus navigable jusqu'à Ghe-p*(U que par les radeaux.

La sous-préfecture de Tong-tMeng {iffi jjl), située au Nord de Ngan-Ving, détermine avec cette dernière ville et avec Tz^ien-chan un vaste triangle dont la superficie est coupée par un grand nombre de torrents secondaires, et possède de belles plaines alternant avec de curieuses collines, la plupart sans cultures ni forêts. On y rencontre de belles carrières de granit rose, de grès, de marbre blanc; dont quelques-unes sont timidement exploitées pour faire des meules, des mortiers, des rouleaux, ou pour construire des F^ai-leou, J'ai trouvé dans les mômes parages de beaux échantillons de houille; mais les injustes convoitises des uns et les craintes superstitieuses des autres empêchent les propriétaires de ces richesses de les faire valoir.

A l'Est de ce triangle s'étend une vaste plaine, triangulaire Lagunes. elle-même, remplie dans sa partie basse de lacs, de lagunes et d'herbages, au delà desquels vers le N. O. de belles vallées produisent du riz. Les eaux du Kicmg, à l'époque des crues, sont refoulées fort loin dans cette contrée, dans la direction de Tofig-tcKeng. C'est auprès du bourg de Ts^ong-yang, à peu près en face de Tch^e-tcheou-fou que débouchent dans le Kkmg, au sortir des lacs de Ts^ai-tse (Kl ^ 10), les eaux des nombreux torrents qui arrosent cette partie de la préfecture. Un peu plus bas, un autre cours d'eau se jette dans le fleuve après avoir formé le lac de Fecnirchan (U |Jj).

 l'Ouest du triangle dont j'ai parlé plus haut, se trouve Montais, région montagneuse, dont le versant septentrional, commen- fl""^çant aux limites du Lou-ngom-tchêo» et du Itm-teheottr/oUi

Boutes appaJ^ient d'une part au bassin de la Hoai, de l'autire à celui De T*oiiç- du lac Tch'ao. De Tong-tch'eng à Lou-ngariy la route directe £ou^n^ n P^ ^®® montagnes est peu fréquentée; la qualité de son sol souvent argileux et le grand nombre de torrents qu'il faut traverser à gué détournent les voyageurs de cette voie et leur fait prendre la grande route de Chou-tch'eng. Il est vrai que cette dernière route elle-même, toute J^ ^ qu'elle soit, reste, faute d'entretien, dans un état déplorable. J'en dis autant du De Ngan- tronçon de route qui rattache Ngan-k'iiig à Tong-tMeng : les TsSag" dalles qui jadis recouvraient ce chemin, depuis longtemps fracastoh*eng. sées et disjointes, offrent à chaque pas un casse-cou. L'on a beaucoup vanté la magnificence du gouverneur actuel qui a fait récemment réparer 17 li (10 kilom.) de cette route détestable. Les maigres haridelles qui font le service des dépêches ofl&cielles et les brouéttiers qui poussent leur pesant véhicule seront heureux de trouver de nouveaux bienfaiteurs qui achèvent la bonne œuvre commencée.

Pm Fou à j)q jg^ préfecture à Ts'ien-chan, le chemin est assez malai-

ohan, et à sé, mais en remontant plus haut vers Ho-chan (î|| llj JH), la Ho-chan. nature sablonneuse du sol le rend plus praticable, et la beauté des vallées tour à tour charmantes ou grandioses que Ton traverse, dédommage bien le voyageur des peines que lui causent de continulles ascensions, bientôt suivies d'une descente. Le défilé de Choei-heou-ling (;fC IJl -§), à quelque distance audessus de Ts'ien-chan, la magnifique vallée du Paradis (3^ ^ '^) et plusieurs autres qui se trouvent sur cette route, rendent cet itinéraire particulièrement agréable.

Fer. La vallée de Vien-Vang, comme celles des bassins oppo-

sés, contient une grande quantité de sables ferrugineux, que les habitants de ces montagnes trouvent et lavent dans le lit des torrents par des moyens absolument primitifs. Une simple auge inclinée et ouverte par un bout compose tout leur outillage; le produit de leur travail, qui est un minerai très riche, est porté aux fonderies locales qui le coulent en barres à section carrée, de 0"™, 03 de côté et d'environ 0", 10 de longueur. De Leapor- longues files de porteurs vont ensuite à Choei-heou-lingy charger **"**'• sur de légers radeaux en bambous leur pesant fardeau qui atteint 100 et 110 Uvres chinoises. C'est le levier connu sous le nom de pien-taii (j^ JË), qui soulève cette lourde masse, avec laquelle ces rudes montagnards font au pas gymnastique une course de 50 à 60 li par jour. Un bâton ferré épanoui en spatule à l'une de ses extrémités repose pendant la marche sur l'épaule opposée à celle qui soutient le pieh-tan, et s'engageant sous ce dernier derrière le porteur, répartit plus également le poids sur toute la personne. Ce bâton sert en outre à tenir en suspens, dans les moments d'arrêt, le levier dont l'un des plateaux, toujours plus long que l'autre, repose alors à terre.

Chose curieuse, ces porteurs, de même que ceux qui re-

COMMUNICATIONS INTÉBIEUBE8. 73

montent chargés de sel, ou d'autres fardeaux fort pesants, s'arrêtent à toutes les minutes. J'ai compté, montre en main, que la durée moyenne de la marche est de 40 secondes, et le repos qui suit dure la moitié moins.

De Choei-heoU'ling, les radeaux portent le fer et le papier produits par les montagnes jusqu'à Che-p*ai où la rivière devient navigable pour les barques.

De Ngan-k'ing à Ts^ien-chan, la route est interceptée à l'époque des crues par une série de flaques d'eau qui forcent les voyageurs à d'assez longs détours.

Du Fou à WaTig-kiafigf la route de terre est interrompue Du Fou à chaque année pendant 4 mois, pour la même raison. A la mô- 5 *'*^' / . me époque, une moitié de la route qui conduit à Tai-hou est T*ai-hou. impraticable. Il reste alors pour les parties interceptées la ressource des barques. Ces deux dernières routes, lorsque les eaux les laissent libres, sont assez bonnes, à cause de la nature des terrains qu'elles traversent.

De Wang-hiang à Tai-hou^ la routç qui contourne une De Wangsérie de collines basses est également passable. Du reste, au- x»a?5i'* tant qu'il nous en souvient, il n'existe aucune trà^^e, sur tous ces chemins, de chaussée empierrée. Ce sont des routes nature Entretien. qu'aucune administration n'entretient. Là, comme ailleurs, aucune réparation générale, ni môme notable. Quand la pluie a détrempé les routes, le Chinois, pour qui le temps est peu de chose, ne sort pas, ou s'il se touve hors de chez lui, il se remise dans la paillette la plus prochaine, attendant dans ces auberges à bon marché, qu'il puisse continuer sa course. Tout au plus quelques familles ou un village s'entendent-ils de temps à autre pour recharger la portion du chemin qui touche à leurs propriétés.

Nous avons prononcé le mot de paillottes; c'est l'occasion Maisons de dire un mot des constructions du Wan-vé comparées à celles '^^ Wang-

nAn

du Wan-nan. Nous avons signalé la grandeur et la beauté relatives des maisons du Kien-té-hien, du Ning-koiio-fou, du HoeitcheoU'fou surtout. L'on peut môme dire d'une façon générale qu'avant la rébellion des Tai'p*ing, la plus grande partie des habitations dans les 5 préfectures du Wan-nan annpnçaient un peuple riche. De hautes maisons à étage, en briques jointoyées ou soigneusement enduites d'une couche de chaux blanche, et couvertes de tuiles, s'élevaient sur tous les points, môme dans les vallées les plus reculées dé ce vaste territoire. Une grande partie de ces belles mais incommodes constructions disparut pendant le séjour des Tcliang-inao (^ i^), qui brûlaient trop souvent après avoir pillé; et les masures qui se rencontrent aujourd'hui dans les districts qu'ont envahis les immigrants de l'Est contrastent singulièrement avec les restes, qu'on serait alors tenté d'appeler grandioses, de l'ancienne architecture.

Quand on passe le Kiang, le tableau change subitement ^^^^ d'aspect. Les murs de terre se substituent aux solides construc- pé.

74 tiA PBOVmCB D0 NaAH'HOSI.

tions en briques, et la plupart du temps une couverture en ohaume remplace le toit de tuiles, sur un rez-de-chaussée sans hauteur. Ces murs de terre se font de plusieurs sortes: la niéthode la plus primitive, renouvelée des âges du Che-hmg (^iS), consiste à battre à sec entre deux planches la terre souvent mélangée de briquaille qui doit composer l'édifice. Plus généralement ces murs se font de briques sèches, découpées à la bêche sur Taire même où on les a gâchées, ou grossièrement formées dans un moule, comme l'on fait lorsqu'on y mêle un peu de paille. Ces constructions ont besoin d'incessantes réparations et causent parfois par leur effondrement de graves accidents. Certains terroirs, notanament dans le district de Ho-chan, produisent une argile blanchâtre éminemment apte à faire des briques crues, ayant la propriété de durcir à l'air et d'être presque inaltérables ; mais ce fait est très exceptionnel.

Ailleurs, les propriétaires les plus soigneux insèrent dans la couche superficielle de leurs murs des fanes ou tiges de certaines herbes, qui, en s'imbriquant, couvrent comme d'un manteau les briques de terre qu'elles protègent des accidents atmosphériques.

Beconnaissons toutefois que dans certaines parties de la préfecture de Ngan-lc'ing et plus spécialement dans celle de ZfOtt-wgfan, il existe un assez grand nombre de maisons qui rappellent celles du Wan-fum. Mais plus on avance vers le Nord, plus la pauvreté et l'extrême simplicité des habitations se fait remarquer. La difficulté de se procurer des bois de construction et surtout, croyons-nous, l'extoême fécondité de ces races du Kiang-péf sont des causes qui expliquent suffisamment cette infériorité matérielle, qui est proverbiale dans tout le Kiangnan, auprès des populations plus fortunées qui habitent le Sud du fleuve.

Densité de Disons en passant & quelles causes nous semble due l'exu-

tion^^ bérance de cette population du Nord, malgré les désastres encore récents de la rébellion, comparée à la dépopulation du Wan-ncm, Les habitants des vallées de cette dernière contrée étaient riches, soit de leur industrie et de leur génie commercial, soit du nombre restreint de leurs populations, soit des ressources de leurs magnifiques forêts. Le luxe relatif de leurs demeures, les ressources qu'ils y avaient amassées, devaient donc tenter la cupidité des rebelles. C'est ce qui eut lieu en effet ; une longue habitation de ces derniers dans les campagnes du Wan-Tian les ruina pour longtemps et exerça de cruels ravages parmi leurs habitants. C'est pour des raisons opposées, que les plaines situées au Nord du Kiang ont moins souffert des incursions des TcKang-mao. Si plusieurs villes ont éprouvé de leur part un traitement barbare, les campagnes du

p.^^^^ moins n'en furent point longtemps inquiétées.

d'eau. Outre le torrent de Pong-tch'eng qui est navigable sur

une partie de son cours, celui qui descend de Tai-hou et de Ts'ien-chan n'a de barques qu'à partir de Che-p'ai ; plus haut, on se sert de radeaux. Les canaux intérieurs qui relient le FoiL à Wang-kiang sont accessibles aux barques toute l'année, excepté pendant un ou deux mois d^hiver. Enfin, de Wangkiang à SoU'Song, l'on peut communiquer par eau, à l'intérieur, durant 4 ou 5 mois de chaque année : le reste du temps, la moitié de la route se trouve obstruée, et il faut alors passer par le Kiang.

L'on rencontre fort peu de ponts dans la préfeture de Ponts. Ngan-kHng. J'en ai vu un à quelque distance Ouest de la ville ; un autre de 5 arches au Nan-men de Wang-hiang, puis deux autres à 1* Ouest de cette sous-préfecture ; puis deux encore mais assez bas avec des travées droites, auprès de Ts'ienchan; quelques-uns enfin de moindres dimensions dans les montagnes. A côté de 7^ai-hou et ailleurs, on se contente d'une passerelle en planches, du bac et plus souvent encore, du gué qu'une pluie de quelques heures sufl&t à rendre infranchissable.

Outre le riz, dont certains quartiers produisent deux récol* Prodtustes, le pays cultive les céréales ordinaires, oommuneft au Wan- **'^* na7i, millet, blé de Turquie, fèves, etc. Les plaines sablonneuses qui avoisinent la préfecture s'adonnent, ainsi que quelques-unes du Wan-nan, à la culture des arachides (^ ^ J|) ; le Wang -kiang -hien produit des navets qu'il va vendre à Tongtch'eng ; les montagnes du Tai-hou fournissent du vernis, de l'huile de Tong-chati ; elles exportent aussi des bambous ainsi que le territoire de Sou-sang; ses collines basses donnent de bon coton, mais sont trop souvent éprouvées par la sécheresse.

Quoique le sol soit bien cultivé, cette préfecture ne suffit point à nourrir ses habitants ; le Wang-kiang -hien voit périodiquement la moitié de ses terres inondées par les eaux du Kiang, mais la cause principale de la misère qui règne dans ce département est l'excès de population. Une partie des hommes émigré au Wan-nan et se répand dans les provinces voisines pour y chercher sa subsistance comme fermiers ou domestiques de fermes.

La partie Nord-Ouest du Ngan-kHng-fou reste, à cause Transde son altitude, inaccessible aux brouettes. Les routes de^ cette contrée, simples sentiers de montagnes trop rudes pour ces véhicules, sont sillonnées par les porteurs dont j'ai parlé plus haut. Ce mode de transport, auquel se joint l'emploi de la brouette dans les autres parties de la préfecture, est, somme toute, celui qui domine dans son territoire.

Les porteurs de fer dont j'ai décrit les fatigues et les du- Porteurs. res étapes reçoivent de 6 à 7 sapèques par li. Pris à la journée avec des charges moyennes (60 à 70 livres) ils reçoivent,

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suivant les divers temps de rannée et la presse des travaux des champs, 50 à 100 sapèques par jour, avec la nourriture en plus. Si on les envoie au loin, on traite de gré à gré, par jour ou suivant la distance. H est tel parcours de 90 li par exemple (50 à 54 kilom.) que l'on paie à raison de 7 sap. par livre, jusqu'à concurrence d'une charge de 100 hvres. Ces chiffres varient un peu suivant les pays.

Brouettes, J'en dis autant du prix des brouettes. Leur charge

moyenne, pour un seul brouettier, est d'environ 200 livres. Dans le Wang-kiang-hien elles sont fort bon marché et se paient 100 sapèques par jour, nourriture non comprise. * Il suf&t d'ajouter du TMa-ts'ien (^ JH) pour le retour. Ailleurs elles coûtent davantage ; ainsi du Fou à Tong-tch'eng (environ 120 li) elles vont jusqu'à un carolus ; mais dans ce cas, les brouettiers se nourrissent eux mêmes. La différence de ces prix vient surtout de l'importance plus ou moins grande du commerce sur les différentes voies, et de la nature même des brouettiers, dont les uns sont de simples campagnards sans ouvrage, les autre» des gens du hang (fy) ou du métier, pris dans les villes.

Barques. Les voyages par barque, là où ils sont possibles, sont peu

dispendieux. De Ngan-k'ing à Wang-kiatig (130 1%) une barque moyenne vaut 1$,50, et le même prix, de Wang-kiang à . Sou-song. On ajoute un léger pourboire, dépassant rarement 100 sapèques. L'on m'a dit qu'il n'y a pas de hang pour les barques.

Voya- Les barques communes ( J^ j|^) suivent le tarif général du

geurs. Kiang-nan, soit une sapèque par li.

Pour les voyageurs, ils vont communément à pied, comme du reste dans le Wan-nan. Les chaises sont rares à Wangkiang, pays pauvre ; aussi coûtent-elles jusqu'à 20 ou 30 sap. par li. A Tai-hou on peut en avoir pour 10 sap. par li, nourriture et Tsieou-ts'ien de retour en sus. Ailleurs, on loue des chaises aux conditions ordinaires.

A Tai'hou l'on trouve quelques rares chevaux; mais à l'intérieur de la préfecture on n'use point de bêtes de somme pour le transport des marchandises. Il convient toutefois d'excepter la grande route conduisant de la capitale du Kiang-si

iÛ ^M) ^ -P^^*''^ ('^^ ^ % M)^ q^ passe par Tai-hoii, Ts'ien-chan et 'Fong-tMeng.

Sécurité, On dit les routes de ce pays assez sûres.

Auberges. A part les hôtelleries de la route impériale, les auberges

sont en général fort pauvres. Les prix moyens d'hospitalité et de nourriture sont les mêmes qu'au Sud du fleuve. Il y a cependant quelques exceptions et variantes. Ainsi vers le S. 0. de la préfecture, Thospitahtè de nuit, comprenant aussi thé, lampe et combustible, coûte 24 sapèq. auxquelles on doit en joindre 12 autres; si l'on veut une couverture. Les

COMICUNICATIONS INTÉRIEURES. 77

repas se paient à la mesure (^), ou à la tasse : une tasse, siaots*ai {é[\ ^, légumes) compris, coûte 12 sapèques. Mais la plupart des voyageurs apportent avec eux leur riz.

Quand on pénètre dans les montagnes du N. O., le prix du riz baisse brusquement à 6 sap. la tasse. — A TEst, la tasse de riz coûte 10 à 12 sap. ; le combustible se paie 8 sap. si Ton achète soi-môme ses provisions. Dans la ville de TongtcKeng un repas au restaurant (£ ^ ■?) coûte 50 sapèques ; etc.

Pour tout résumer, il suffit de dire que les conditions sont en général les mêmes pour les voyageurs de ces contrées, que pour celles du Sud.

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