IV. THÂORIE DU SOULÉVBMBNT
«ne. — En 1845, le 19 de la 11* Lune. — L'année (suivante, le «13 de la 6® Lune, entre 3 et 4 heures du matin. — En 1847, le «5 de la 10" Lune, durant la nuit. — En 1852, le 6 delà 11® «Lune, vers 7 heures du 'soir. — L'année suivante, le 2 de la 3* «Lune, vers 9h. du soir; l'eau des canaux fut projetée en l'air, les «maisons et les meubles furent ébranlés et l'on entendit du bruit. «Les jours suivants, il y eut de légères secousses, jusqu'au 18 ; «alors tout cessa. — En 1872, le 19 de la 8® Lune, tremblement «de terre vers 7h. du matin.»
Aucun de ces phénomènes ne nous paraît avoir eu une énergie suffisante pour provoquer le soulèvement dont Tsong-si-cha aurait été l'objet. De plus, ce soulèvement eût eu son contre-coup sur les rives du Kiang, fort habitées dès cette époque ; or les chroniques de ces contrées se taisent sur ce fait. Enfin la disparition graduelle de ces premières îles par l'action dissolvante des eaux nous confirme dans la pensée que la formation de T^ong^ming résulte de l'action locale et purement extérieure de l'alluvion.
Encore un mot, avant de développer ces faits de l'alluvionnement. Nous serions incomplet si, après avoir cité l'opinion des partisans arriérés du dragon, nous n'indiquions, au moins pour mémoire, la théorie aussi peu vraisemblable de M. Eug. Simon. Après avoir parlé des lentes oscillations du sol pendant la période quaternaire, l'ancien consul de France en Chine poursuit en ces termes : «On pourrait, entre autres faits que des observations «suivies feraient certainement apercevoir, citer. ..en Chine, Texhaus- «semcnt (1) et l'agrandissement de l'île de Tsong^ming, l'émer- «gement de l'archipel de Chusan qui finira par être rattaché «au continent ; l'élévation du fond des golfes de Leao-tong et du
iiPé-tche-li et enfin et surtout le déplacement actuel de l'embou-
«chure du Fleuve Jaune qui recule en faisant de si grands rava- «ges (2).»
(1) La seule preuve qui pouirait nous forcer d'admettre le soulèvement de l'île de Tsoitg-ming, serait une surélévation notable de son sol au-dessus des plus hautes marées. Or le sol de l'île reste inférieur au niveau des fn*ande8 eaux et, sans les dipni^s qui protègent les côtes de l'île et enserrent ses canaux, les terres voisines du Fleuve seraient nécessairement submergéee. Cette assertion ne fait aucun doute pour les indigènes ; un missionnaire qui a vécu onze ans jI Tsong-rnhig, le P. Th. Bobet, m'a dit avoir constaté son exactitude pour le point réputé lo plus élevé.
(*i) Nofc/i sur 1rs recherches qu'on pour mit faire en Chine et au Japon au point de vue fie la géologie et de la paléontologie, par G. Eug. Simon. 18G0.— Derrière ce titre modeste bien qu'un peu long, le géologue abrite d'autres propositions d'une logique non moins douteuse : "L'homme qu'il connaît n'a point été créé. Ce n'est que degré à degré qu'il "descendit des arbres où il perchait, pour fonder dans les plaines les sociétés puissantes "que l'on connaît... Peut-être ne sera-t-il jamais donné il l'homme de découvrir le mot "de sa destinée ; rien toutefois no saurait lui en faire concevoir une idée plus haute et "plus consolante que la connaissance de ses origines. C'est en effet bien consolant ! L'au-
42 l'île de TSONa-MING.