LE TEMPLE D ESCL'LAPE ET SES DÉPENDANCES
passe pour le portrait d'Antonius Musa; il représente un personnage debout auprès de l'omphalos, drapé dans un long manteau et appuyé sur un bâton où s'enroule un serpent; la figure est jeune et imberbe; l'expression très personnelle du visage parait indiquer ([u'il a été sculpté d'après nature'. Si l'attribution qu'on a faite de ce monument était exacte, le texte de Suélone ne pourrait intéresser l'île tibérino : c'est sur le Quirinal qu'auraient été situées les statues voisines d'Esculape et d'Antonius Musa. Mais cette attribution ménie n'est qu'une hypothèse gratuite; il n'est pas sûr que le marbre du musée du Vatican soit un portrait du médecin d'Auguste ; peut-être n'y faut-il voir qu'un Esculape jeune; on sait par Pausanias que Calamis à Corinthe et Scopas à Gortyne avaient donné au dieu de la médecine les traits d'un jeune homme imberbe - ; quelques sculpteurs de l'époque gréco-romaine ne seraient-ils pas restés fidèles à cette tradition? Il est bien vraisemblable qu'Auguste, pour mieux témoigner sa gratitude et son estime à Antonius Musa, aurii tenu à placer son image dans cette île tibérine consacrée à l'art médical et où s'opéraient tant de guérisons merveilleuses.
D'autres statues décoraient le temple. Auprès d'Esculape devaient être figurées, selon l'usage, les divinités qu'on lui associait constamment : son fils Télosphore, sa fille Hygie, rTviata des Grecs, confondue avec l'antique Salus des Sabins et des Latins -^ Il faut citer aussi les statuettes, en marbre ou en terre cuite, offertes par les fidèles. En 1891 on a trouvé dans les débris extraits du Tibre à la drague, près du pont Cestius, une figurine acéphale d'Esculape, en marbre, haute de O"",!?, reposant sur un petit pilastre ovale ; le dieu est debout, enveloppé de son manteau, la poitrine et le bras droit nus; il tient de la main droite une patère vers laquelle un serpent enroulé sur son bâton dresse la tête; à côté de son pied gauche se voit l'omphalos ''. On a recueilli aussi aux abords de l'île tibérine un grand nombre d'ex-voto en terre cuite ; nous aurons plus loin à y revenir"'. Dans l'antiquité la cella devait
1. W. IIelbig, Fahrer durch die Samml. klass. AUertli. iin Rom, 2° éd., t. l,p. 7.