‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 158 sur 237 · Cf. Pkellku-Jokdan, Rœm. Mi/thoL, t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Pkellku-Jokdan, Rœm. Mi/thoL, t. II, p

3. Vahro, Eumen., fragtn. 128 (cité par Nonius Makcellls, VIII, 104).

Ego medicina Serapi utor.

Cic, de Divin., III, 59, 123 : An jEsculapius, an Serapis posset nobis praescribere per somnium curationem valetudinis ?

4. Thoklacius, dans son opuscule de Somniis Serapicis prœcipue ex Aristidis orationibus sacris delineatis, Copenhague, 1813, réédité dans ses Opnscula, Copenhague, 1806-1822, t. III, p. 123, prétend que Sérapis était confondu avec Esculape et que les pèlerinages d'Aristide s'adressaient indifféreniment au dieu grec de la médecine et au dieu guérisseur des Eg^'ptiens dont on ne le distinguait pas.

240 LE SA^'CTUAlRE D ESCULAPE

coups. Les chrétiens l'avaient en horreur et le haïssaient; ils voyaient en lui une création monstrueuse de la superstition païenne, une pure invention du diable. L'appareil fantastique des guérisons miraculeuses, les nuits passées dans les sanctuaires, les visions surnaturelles, les cortèges d'animaux sacrés excitaient leur indignation et leur colère. Esculape est l'un des dieux que les Pères de l'Eglise ont attaqués avec le plus de constance et de véhémence ',

La légende de saint Emigdius. — Aucun document authentique ne nous apprend à quelle époque et dans quelles circonstances le temple de l'ile tibérine fut fermé parles chrétiens. Si la légende de saint Emigdius fait allusion à sa destruction', elle ne mérite guère crédit. Saint Emigdius, premier évèque d'Asculum dans le Picenum (Ascoli Piceno), mourut, d'après la tradition, au début du iv*" siècle. Avant d'être évêque, il vint à Rome, pendant le règne de Dioclétien, pour visiter les tombes dès martyrs. Il prêcha aux païens la doctrine chrétienne et fit devant eux des miracles. Ils s'imaginèrent qu'il n'était autre que le dieu de la médecine, revenu sur la terre pour leur salut. Ils lui offrirent de l'encens et des victimes, et le conduisirent au sanctuaire où les malades attendaient vainement une intervention surnaturelle, Emigdius leur adressa un discours-^. Il leur déclara qu'il n'était pas Esculape. Il s'efforça de les détourner du culte des idoles. Pour mieux les convaincre, il guérit sous leurs yeux, au nom du Christ, de nombreux infirmes que les faux dieux n'avaient pu délivrer de leur maux '*. Les païens demandèrent aussitôt le baptême ;

1. Voir par exemple, pour les Pères de l'Eglise latine, les différents passages d"Arnobe, de Lactance, de Tertullien, de saint Isidore, de saint Augustin, (le saint Cyprien, auxquels renvoie l'Index delaFatrologie latine de Migne, t. CCXIX, p. 365, s. V yF.sculapins. Quelques textes d'Arnobe, de Lactance, de saint Augustin ont été cités plus haut, p. 137.

Page 1