‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 160 sur 237 · LA FIN DU CULTE D ESCULAPE A RO.ME · texte numérisé non relu

LA FIN DU CULTE D ESCULAPE A RO.ME

eiiflanimés de zèle, ils abattirent Tautel d'Esculape, et le saint jeta lui-même sa statue dans le Tibre ^ Le temple, situé tout aui)rès du fleuve et fréquenté par les malades, dont parle Fauteur du récit, paraît bien être celui de l'île. Mais le texte de cette vie de saint est d'une époque trop basse et d'une rédaction trop grossière i)our qu'on y ajoute foi-'. On ne peut faire le départ entre les faits réels et les enjolivements postérieurs qui les défigurent. Il faut retenir seulement de cette légende suspecte une preuve nouvelle de l'hostilité qu'éprouvaient les chrétiens des premiers siècles à l'égard du culte célébré dans les Asklépieia.

Persistance du culte d'EscuIape. — Esculape cependant résista longtemps, et non sans succès, à ces ennemis acharnés. Il fut peut-être « le plus vivace de tous les dieux païens, et le plus tenace adversaire du christianisme "^ ». Si Constantin ordonne de détruire le temple qu'il possédait à ^gse en Cilicie^, .Julien l'Apostat proclame ses vertus curatives et sa toute-puissance et tâche de ramener aux sanctuaires la clientèle qui les déserte^. Libanius fait l'éloge d'un discours que le rhéteur Acacius a prononcé dans un temple d'Asklépios pillé par les chrétiens et rouvert ensuite au culte ; Acacius prouvait l'efficacité des oracles par les inscriptions que les convalescents avaient rédigées''. Saint Jérôme nous assure que l'incubation était encore pratiquée de son temps". « Le nom d'EscuIape resta même associé dans l'imagination populaire au nom de Rome, de sorte que, quelques siècles plus tard, une légende faite de réminiscences travesties attribue la fondation de Rome à une certaine Roma, fille d'EscuIape*^. »

1. AcT.\ SxNCTORL'M, loc. c'it. : Baptizcitis autem his qui vnraculum viderant el diruta Asclepii ara sanctus vir propriis manibus ejus idolum rapuit et prœcipitavit illiid in fliivium Tiberim.

2. Voir les réserves formulées expressément par les éditeurs des Acta Sanx- TOuuM, loc. cit., p. 18-20. — Renseignement confirmé par M»' Duchesne.

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