‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 161 sur 237 · Libanius, Epist · texte numérisé non relu

Libanius, Epist

1. HiEROs., In Isaiam. XVIII, 65, 4 : Nihil fuit sacrilegii quod Israël popul us praelerniitleret, nonsolum in Itortisimmolans et super lateres thura succendens, sed sedens quoque, vel habitans in sepulcris et in delubris idolorum dormiens, ubi stratis pellibus hostiarum incubare solili erant, ut somniis futura cognoscerent. Quod in fanoAlsculapii usque liodie error célébrât ethnicorum multorumque aliorum, qtise non sunt aliud, nisi lumuli mortuorum.

8. Bocciié-Lecleucq, op. cit., t. 111, p. "299. — Cf. Sckol. Bern.ad Verg. Bucol.

Rien ne prouve mieux rimportance et la faveur de ce culte chez les Anciens que les traces qu'il a laissées dans le christianisme même. Quelques-uns des rites usités par les fidèles qui fréquentaient les Asklépieia survécurent à la ruine du paganisme. Les saints intercesseurs ont succédé aux divinités médicales. Il arrivait assez souvent au moyen âge que les malades vinssent passer la nuit dans les églises pour obtenir leur guérison*, et cette vieille coutume s'est conservée jusqu'à nos jours en quelques coins reculés de la Grèce et de l'Italie. L'usage a persisté aussi, en certaines régions, de déposer devant les autels l'image des membres ou des organes du corps humain auxquels les saints bienfaisants ont rendu la santé. Il n'est pas rare de rencontrer dans les sanctuaires modernes où les pèlerins accourent en foule des modèles de bras ou de jambes qui ressemblent tout à fait aux ex-voto du musée des Thermes.

La fête des saints Exuperantius et Sabinus. — L'île tibérine nous donne un exemple frappant de la persistance inconsciente des traditions païennes. La fête annuelle du temple avait lieu le 1" janvier. De nos jours, chaque année, la fête des saints Exuperantius et Sabinus, martyrs d'Ombrie mis à mort sous Dioclétien, est célébrée le 30 décembre dans l'église Saint-Barthélémy, oii l'on conserve leurs reliques -. Malgré tant do siècles écoulés et la substitution du christianisme au paganisme, l'île est toujours le théâtre d'une cérémonie religieuse solennelle à la même époque qu'autrefois et presque à la môme date. Il ne parait pas vraisemblable que cette rencontre étrange soit tout à fait fortuite. L'édifice actuel de Saint-Barthélémy est relativement récent. Il ne fut bâti qu'au début du xi* siècle. Avant qu'il ait été placé sous l'invocation de saint Barthélémy, Otton III, son fondateur, lui avait donné vers l'an 1000 le le nom du martyr de Prague, saint Adalbert. M. von Duhn

atque Georf/., éd. Elagen, Leipzig, 1867, p. 1000 {Epimetnim, Eclo()a,\,2()) : Borna ante Romulum fuit et ab ea sibinomen Romiilus adquisivit, sed (lava et candida Roma Aiscolapi filia novum nomen Lalio facit ; tavien conditoris vel condilricis nomine omnes Romani vocanl.

1. Cf. Mahigx.\n, la Médecine dans l'Eglise an vi" siècle, Paris, 1887 ; du même auteur, Etudes sur la civilisation française, t. II, le Culte des Saitils sous les Mérovingiens, Paris, 18!)9, p. 183.

2. DiARio itoMANo, à la date du 30 décembre : Sabino vescovo ed S. Esuperanzio .diacono inartiri, in S. Rarlolojneo alVisola riposano i corpi.

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