Pausan., V
2. Pheller [loc. cit.), rappelle que le temple de Vejovis sur le Capitule était voisin (le l'asile fondé d'après la tradition par Romulus et où venaient se réfugier les coupables pour obtenir leur pardon. Sehvius {ad Ain., II, 761) rapporte que l'asile du Capitole était sous la protection du dieu Lucaris, quem locum deus Li/coris, sicut Piso ait, curare dicilur. Or il n'y avait pas de dieu Lucaris, ni à Rome ni en Grèce. Mais les Grecs adoraient Apollon A'jx(j')pr,; ou Ayxwpsj;, Apollon purificateur. C'est à lui sans doute que songeait Servius, — et l'on sait que Vejovis était confondu assez souvent avec Apollon (Cf. Gell., loc. cit.).
générales en matière religieuse. Ne s'était-il pas proposé de restaurer les cultes nationaux trop délaissés, de rappeler les Romains à la foi des ancêtres? N'âvait-il pas relevé les temples, fait revivre les collèges sacerdotaux, multiplié les sacrifices, invité les poètes, devenus ses auxiliaires et ses collaborateurs, à chanter la religion italique'? Jupiter Jurarius était demeuré pour les Romains un étranger ; il n'était pas populaire parmi eux : son nom n'apparaît jamais dans les auteurs et ne se rencontre qu'une ou deux fois sur les inscriptions. En instituant dans son temple la fête nouvelle, Auguste se conformait aux traditions pieuses de sa famille et il confondait le culte peu répandu d'une divinité exotique avec celui d'un dieu respecté du Latium.
Dans l'île tibérine, à l'époque impériale, s'élevait une statue de Jules César'-. Elle devait être située dans le voisinage du temple de Jupiter 3. Auguste lui-même, selon toute apparence, avait érigé à cette place l'image du représentant le plus illustre de la (jens Julia, en même temps qu'il fondait tout auprès un sacrifice annuel en l'honneur du Vejovis protecteur des Juin.
\. Cf. BoissiER, la Religion romaine cV Auguste aux Antonins, t. I, p. 73; Gakdtiial'Sen, Augustus uîid seine Zeit, t. I, p. 863 ; t. Il, p. 307.