‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 181 sur 237 · Liv., 1, 30 ; — DioxYS., III, 29 ; — Tac, Anîi., XI · texte numérisé non relu

Liv., 1, 30 ; — DioxYS., III, 29 ; — Tac, Anîi., XI

2. Tac, Ann., Il, 41 : Sacraviuni qenti Julise effigiesque divo Auffuslo apud liovillas dicantur.

3. JoHDAN, op. cit.., p. 366; — du même auteur, Topoqr. d. St. Rom, t. I, 1, p. 402.

JUPITER JURARIUS ET VEJOVIS 271

hommes injustes^ ». Il appartenait aussi à Vejovis, le dieu des expiations-, do faire observer les serments et les promesses; il était craint surtout des criminels, des parjures, de tous ceux qui provoquaient la colère du ciel par leurs méfaits et leurs manques de foi. Les Romains attachaient un grand prix aux paroles jurées; ils invoquaient les dieux les plus puissants et les plus terribles pour en assurer le respect et en châtier l'oubli. Cette tâche convenait également à Vejovis et k Jupiter Jurarius. L'analogie de certaines de leurs fonctions nous explique leur étroite association dans l'île tibérine,

Il n'est guère vraisemblable que le culte de Vejovis in insula remonte à une époque reculée. Les conjectures de Klausen et de Jordan ne paraissent point fondées. Ovide déclare, dans les Fautes^ que Jupiter participe aux honneurs rendus à son petitfils : il avoue donc que son introduction dans l'île est postérieure, ainsi qu'en témoignent d'ailleurs d'autres sources, à celle d'Esculape. De même, sur le calendrier de Préneste, à la date du l"'' janvier, Esculape est nommé avant Vejovis; la fête de ce jour n'avait lieu tout d'abord qu'en l'honneur du dieu de la médecine. Vejovis ne s'est établi dans l'île que longtemps après l'arrivée du serpent d'Epidaure. 11 y a plus : bien loin que Jupiter soit substitué à lui, comme le supposait Jordan, on a le droit de croire que les événements ont suivi une marche toute contraire. Un temple avait été consacré à Jupiter Jurarios Zeùç 'spy.12? en l'année 560/194. Les Romains décidèrent, par la suite, d'invoquer l'antique Vejovis dans le temple de Jupiter et au jour de sa fête. Cette transformation est peut-être l'œuvre d'Auguste. Le seul document qui parle de ce dieu à propos de l'île tibérine, le calendrier de Préneste, fut rédigé précisément sous son principat. La gens Julia, à laquelle il appartenait, avait pour Vejovis une dévotion toute spéciale, qu'atteste la dédicace de l'autel de Bovilla. La mesure que nous lui prêtons ne serait qu'une^ application de ses vues

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