Fowler, op. cit., p
3. Cf. JiiLLiAN, article Feriœ, dans le Dictionn. des Antiq. de Darembero et Saglio, t. H, 2, p. 1054.
6n février, parce que c'était le mois des Liipercales dont Faunus devait être regardé à l'avenir comme l'inspirateur, et le jour des ides, parce que depuis longtemps on avait l'habitude de célébrer à cette date une cérémonie religieuse.
Il resterait à savoir quels motifs ont pu inciter les édiles à faire bâtir le temple de Faunus dans l'île tibérine plutôt qu'au Champ dç Mars, ou sur l'Avcntin, ou en tout autre quartier extra-pomérial de Rome.
Peut-être ont-ils voulu le rapprocher d'Esculape; malgré la différence de leurs origines et de leurs attributions, le dieu grec de la médecine et le dieu latin des pâturages se ressemblaient par le caractère bienfaisant et le pouvoir prophétique qu'on leur prêtait également ; Esculape aurait mérité, lui aussi, qu'on le surnommât celui qui protège, celui qui rend des oracles.
Peut-être la construction projetée d'un temple de Jupiter dans l'île, voué à la bataille de Crémone en 554/200, bien qu'achevé et dédié seulement en 560/194, la même année que celui de Faunus, a-t-elle contribué à décider les édiles. On a d'autres exemples d'édifices contemporains élevés, comme ceux-ci, tout auprès l'un de l'autre : les temples de la déesse Mens et de Vénus Erycine au Capitole, promis en 537/217 sur l'avis des Livres Sibyllins, le premier par le préteur T. Otacilius, le second par le dictateur Q. Fabius Maximus, et inaugurés par les mêmes personnages, duumvirs en 539/215 ^ — les temples de Jnno Regina et de Diane auprès du cirque Flaminius, promis par M. JEniilius Lcpidus, consul, pendant la guerre de Ligurie, en 567/187, et inaugurés par lui pendant sa censure en 575/179^. Il y avait certainement avantage à placer le sanctuaire de Faunus dans le voisinage de celui qu'on allait consacrer à Jupiter in insula; le crédit dont jouissait Jupiter auprès du peuple romain rejaillissait sur le dieu agreste qui réclamait en même temps que lui les hommages des fidèles. Faunus est doublement son obHgé : non seulement il lui a emprunté pour sa fête le jour des ides de février, qui jusqu'alors lui était réservé, mais encore il s'est insinué à Rome à sa suite et pour ainsi dire sous son patronage.
On ne doit pas oublier enfin que l'île tibérine paraissait aux Romains tout naturellement désignée pour recevoir sur son