Gilbert, op. cit., t. III, p. 5i, note
3. Les seuls Censorii que citent pour le Haut Empire Klebs-Rohdex-Dessau dans la Prosopograpliia imperii romani[^cx\\n, 1897-1898)et \a.Real Eticj/clopàdie de Pauly-Wissowa sont G. Censorius Niger, procurator Augi/sfi en Norique, contemporain d'Antonin le Pieiix (C. I. L., III, Hili; — Fhoxto, Epist., éd. Naber, p. 1 04-168) et M. Censorius Paullus, legatus Augtcsti pro praetore en Aquitaine (C. I. L.. XIII, 1129).
4. G. I. L., VI, 'toi. Fabretti écrivait en 1683 que celte inscription avait été trouvée récemment dans l'île, nuper in insula liberina reperfa.
56 l/lLE TIRÉRTKE DANS i/aNTIQTITÉ
tri anni CVJ[i\ ^ \ vetustate dilapsam inpenm sua restitiierimt, idem p7\setor) probavit ; \ L{ucio) Roscio .Eliano | Ti{herio) Claudio Sacerdotœ co(n)s{îdibus), L{ucius) Cerceniiis L{ucii) lib[ertîis) Hermès, M(arctis) Livius C{aiâs lib[ertiis) Donax, 1 P{ublii(s) Rutiliiis P[ublii) f[ilius) Pi'iscus, L[ucius) Coraniiis L{ucii) lib[erh(s) Evaristus dedic[averunt) IIII h[nlcndas) Jan[iiarii).
(( Aux Lares d'Auguste et aux Génies des Césars. A l'empereur César Nerva Trajan, fils du divin Nerva, Auguste, Germanique, pontife souverain, étant revêtu de la puissance tribunicienne pour la quatrième fois, consul pour la troisième fois, désigné pour un quatrième consulat. Avec la permission de C. Cassius Interamnanus Pisibanus Priscus, prétour, les inagistri du vimis Censori dans la XIV région pour la cent septième année ont relové à leurs frais ce petit édifice qui tombait en ruines de vétusté ; le même préteur a approuvé leur travail, L. Roscius ^lianus et Ti. Claudius Sacerdos étant consuls. L. Cercenius Hermès, affranchi de Lucius, M. Lucius Donax, affranchi de Caia, P. Rutilius Priscus, fils de Publius, L. Coranius Evaristus, affranchi de Lucius, ont fait la dédicace le quatrième jour avant les kalendes de janvier (18 décembre). »
L'indication des titres de l'empereur régnant permet de dater exactement ce texte. Trajan était revêtu de la puissance tribunicienne pour la quatrième fois en Tan 100, cent septième année depuis la création des vici~. Des quatre magistri du vicus Censori^, trois sont des affranchis, un seul, L. Rutihus Priscus, est de naissance libre : parmi les magistri vicorum les ingemii ont toujours été beaucoup moins nombreux que les liberti; sur les 275 magistri que nomme la Base capitoline , il n'y a que 36 ingenui. A la fin de l'inscription on a gravé les noms des deux derniers consuls suffecti de l'an 100''.
1. Il faut supposer que le dernier chiffre a été effacé; d'après le nombre des puissances tribunicicnnes 11 devait y avoir GVII.
"2. Les maçiistri vicorum entrèrent en fonctions pour la première fois le d" août 747/7 avant Jésus-Christ. Cette date servit de point de départ à la supputation chronologique. Les ynagistri s'appelèrent désormais magislvi anni seciindi, lertii, etc., selon qu'ils étaient entrés en fonctions la seconde ou la troisième année après l'organisation des vici.
3. Il y avait quatre magistri pour chaque vicus : Base capiloline, C. I. L., VI, 975; inscriptions des autels dédiés aux dieux Lares, G I. L., VI, 445 et suiv.
4. GoYAU, Chronol. de l'emp. ro?n., Paris, 1801, p. 177. Ces deux consuls su/fecii n'ont exercé leur charge que pendant les derniers jours du mois de décembre.
l'île tirértne a l'époque impériale 57
La restauration du culte des dieux Lares est étroitement liée à l'institution des nouvelles régions urbaines par Auguste ^ De tout temps les Romains avaient adoré ces divinités domestiques, protectrices du foyer ; chaque famille avait ses dieux Lares, qui n étaient autres que les génies mêmes des ancêtres; chaque quartier de la ville, dès l'époque républicaine, avait ses Lares cnnipitales^ et l'on célébrait annuellement dans les carrefours la fête des Compilalia. Quand Auguste divisa Rome en quatorze régions et les régions en 265 vici^ il fonda ou releva 265 autels des dieux Lares, un par incui<-\ l'autel était le centre religieux, le fojer commun du quartier. Ces Lares des vici ajoutèrent à leur nom ancien le nom même d'Auguste qui avait remis leur culte en honneur. « Du jour où Auguste s'identifie avec l'Etat, les Lares de la cité deviennent les Lares impériaux. Et de même que dans les maisons particulières le Génie du maître est associé aux. Lares des foyers, dans les chapelles des carrefours le Génie d'Auguste prit place entre les Lares d'Auguste -^ » On a retrouvé plusieurs autels des vici''\ la plupart étaient consacrés en même temps, comme celui de l'ile tibérine, aux Lares d'Auguste et aux Génies de la famille impériale, Laribus Augustis et Geniis Cœsarimi.
Des ministri de condition servile assistaient les magistri vicorum. Une base de marbre, découverte dans l'île en 1676, porte sur deux faces deux inscriptions, du if siècle de l'ère chrétienne selon toute apparence, dédiées aux Lares d'Auguste par quatre ministri'' :
Larib[us) Aug[iistis) \ ministri | qui k{alendis) Aiig[usti) primi inierimt, \ Antigonus M[arci) Juni Erotis, | Anteros D{ecii]Po/)lici Barnai, \ Eros A[uli) Pohlici Damœ^ \ Jucundus M{arci) Ploti Anterotis.
Larib[ys) Aiig[iistis) \ ministri \ qui k[alendis) Ang{iisti) primi inierunt, | Anteros D{ecii) Pobiici Barnai, \ Eros A[ulï)
1. Voir, sur les Compitalia et le culte des Lares et du Génie d'Auguste, Mah- QCAHDT-Mo.MMSEN, Mcin. cles Anliq. rom., trad. franc., t. XII, le Culle, I, p. 2ii.
■2. PiJN., Hist. nat., III, 5 (9), emploie les mots de Compita Larum comme synonymes de vici : Complexa montes seplem, ipsa dividilur Roma in regiones quatluordecim, compita Larum CCLXV.
3. CouKBAUD, le Bas-relief romain à représentations historiques, Paris, 1899, p. 99.
\. G. I. L., VI, 445-454 ; — Cf. article jEdes Larum dans le Dizion. epigr. de
Dl llllGGIFHO, t. I, p. 182.
5. C. I. L., VI, 446-447. Ueperfœ anno 1676 in insula tiherinn (Fabuetti, cité au C. I. L.).
58 l/lLE TIRÉRINE DANS i/aNTIQUITÉ
Pohlici Daime^ \ Jucundus M[arci) P/oti Anterotis, \ Antigonus M[arci) Juni Erotis.
« Aux Lares d'Auguste les ministri entrés on charge les premiers le jour des kalendes d'août (l*"" août), Antigonus, esclave de M. Junius Eros, Anteros, esclave de D. Publicius Barna, Eros, esclave d'A. Publicius Dama, Jucundus, esclave do M. Plotus Anteros. »
Les maîtres de ces ministri étaient eux-mêmes des affranchis ou des descendants d'affranchis d'origine étrangère : leurs noms en font foi.
Statues de César et de Marc-Aurèle. — Plusieurs statues décoraient les rues et les places de l'île. L'une d'elles représentait Jules César. On racontait à son sujet une aventure merveilleuse. D'après Suétone, à l'issue des comices que Galba avait réunis en l'année 68 pour se faire élire consul une seconde fois, une statue de César qui regardait TOccident se tourna spontanément vers l'Orient'. Ce prodige annonçait une prochaine révolution : un astre nouveau allait se lever à l'horizon. Tacite et Plutarque rapportent le même fait, en l'attribuant au règne d'Othon'; ils nous apprennent que cette statue de César était située dans l'île tibérine ; ils font ol)server que le prodige advint sans qu'il y eût ni coup de vent ni tremblement déterre. L'île n'avait pas perdu, à l'époque impériale, ses vertus surnaturelles''.
Un fragment d'inscription, recueilli dans l'île, appartenait à la base d'une autre statue, élevée à Marc-Aurèle'* :
\Prosalu\teetre[ditu \ elv'i\ctori\a \ imp{eratoris)Caes[aris)] M[arci) Au[re\li An]tonin[i \ Aug{i(sti) {Ger]manici \ [Sar-
mati]ci, p[atri) p[atnœ), \ [d[onQ)] d{ato) \ us M[arci)
f[ilius).... vir cli j ... efcio \ ... t\ ...ta \ ...io...i Cœs...
i. ScET.,' Vesp., 5 : Ac non multo posl, comitia secundi consulatus ineunte Galba, statuam divi Julii ad orienlem sponle conversam.
2. Tac, Hist , I, 86 : Statuam divi Julii in insula Tiberini amnis sereno et immoto die ah occidentein orientem conversam. — Plut., Otho, 4: KalTovèv [AsaoTtoTa- [xta vr,<jw Tacou Kaiirapo; àvSptavta [JiT|T£ (TSurjAovi ysya^ô-coç [i-r^'Z Tzvz-J[ict~o;. à?' éTTTÉpa? (XETaoTpa^lvTa Trpôç iràç àva-roXâ;" o çaat (rufJiêfivat Trepl Ta; rifiÉpa; èxei'va; év atç oi uepi OùsaTraTtavôv è[xçavo)ç r,6rj twv upayiJiâTwv àvT£Aa;j.6âvovto.
.3. Au moment de la mort de César, la statue de la Magna Mater au Palatin, qui regardait l'Orient, s'était tournée d'elle-même vers l'Occident (Cass. Dio, XLVI, 33). Le miracle de l'île tibérine annonçait l'avènement de Vespasien, comme celui du Palatin avait annoncé la chute de César.