‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 28 sur 237 · C. I. L.,VI · texte numérisé non relu

C. I. L.,VI

l'[Le tibérine a l'kpoque impériale no

« Pour le salut, lo rctoiu- et la victoire do rempercur César Marc-Aurèle Antonin Auguste, Germanique, Sarmatique, père de la patrie, eu vertu d'un don. »

Le surnom de Sarmaticus fut décerné à Marc-Aurèle en 175; Tiuscription rappelle les victoires et l'heureux retour du prince ; de 178 à 180, il avait fait la guerre contre les Marcomans; la date du texte, à quelques années près, est donc certaine.

La Torma Urbis Romae. — Sur un document précieux du m" siècle, malheureusement très incomplet et très mutilé, une petite partie de l'ile tibérine est représentée ; si peu que nous apprennent les fragments de la Forma Urbis Romœ, il est nécessaire de s'y arrêter : eux seuls nous donnent une image authentique et officielle de l'aspect que présentait dans l'antiquité l'intérieur de l'île.

Au début du m* siècle l'empereur Septime Sévère fit graver sur marbre un plan de Rome à l'échelle du 250", qu'on afficha sur le mur postérieur du Templum Urbis Romœ au Forum. Pendant le pontificat du pape Pie IV (1559-1565) des fouilles exécutées derrière l'ancien Templum Urbis ftomcV, maintenant l'église des Saints-Côme-et-Damien, amenèrent la découverte d'un tiers environ du plan de Septime Sévère. Les morceaux retrouvés furent déposés au palais Farnèse on ne prit soin que des plus importants, que l'on transporta pendant le xviii" siècle au musée du Capitole ; les autres, qui n'avaient même pas été tous dessinés, servirent comme matériaux dans la construction d'un mur à l'ouest du palais Farnèse. Depuis trente ans des fouilles faites à plusieurs reprises aux abords de l'église des Saints-Côme-et-Damien et la démolition du mur à l'ouest du palais Farnèse ont permis d'ajouter de nombreux débris du plan à ceux que l'on connaissait déjà. Il est à souhaiter qu'ils puissent être tous identifiés et classés méthodiquement et qu'une édition nouvelle vienne remplacer celle de Jordan désormais insuffisante •.

C'est à Jordan que l'on doit d'avoir reconnu sur deux fragments séparés une représentation de l'île tibérine. Bellori, le

1. Voir les observations de R. La>ciani, 7 m/ot»i frammenti délia Forma Urbis Romse, dans le liulleft. Comtin., 189!), p. 3. — La première édition est celle de Beixori. Fraymenfa vesligii veleris l\omae, Rome, 1673. Celle de Jordan, Forma Urbis Ro7nœ, a paru à Berlin en 1874.

premier éditeur de la Forma Urbis Romœ n'avait pas lu exactement les lettres que portent ces deux fragments ni remarqué qu'ils se complètent l'un l'autre. 11 suffit à Jordan de les rapprocher pour voir quel quartier de Rome ils concernent et ce que signifient les lettres mystérieuses. A la partie inférieure du morceau unique ainsi reconstitué sont figurés deux édifices ; une colonnade précède celui de droite ; celui de gauche s'ouvre par une porte assez large sur l'espace vide qui s'étend en avant des colonnes. Au-dessus on lit trois mots : inte[r du]oi<

FiG. 10. — Fracmknts DI-: l.v Forma Urhis liomse concernant l'île tibkrine D'après l'édition de Jordan, Berlin, "VVeidmann, I87'i, pi. IX, 42.

po[n]tesK L'île tibérine était appelée assez souvent dans l'antiquité l'île entre les deux ponts- ; la place bordée d'édifices dont la Forma Urbis Romœ reproduit un coin en dépendait par conséquent ; Jordan avait raison de l'affirmer.

Page 1