Ces chartes seront énumérées et citées plus loin
3. Cliron. Casin., dans les Moxlm. Gehm. (éd. in-folio), Scriplores, t. Vil, p. l.'îO : Movdbatur vero apvd insulam Romœ; — Chron. Bernold., dans la même collection, t. V, p. 446 : Domnus papa autem in in^nlam qitœ inter duos pontes sita est, se recepit. — Cf. Jaffk-Wattexbach, Regesta pontif. roman. ^ Leipzig, 1881-1.S88, t. l, p. G56 (juin 1087).
4. Liber Pontificalis, éd. Duchesne, Paris, 188G-1892, t. Il, p. 311 (texte cité plus loin).
5. Dans le commentaire de la vie du pape Gélase 11, qu'a donné Costantino Gaetani en 1638 et qui est reproduit par AIuuatoiu, Rerum italicarum scriptores, Milan, 1723-1751, t. lll, p. 370, on lit : Civilatis Caietœ duces... domas suas sive palatium Romse in insula Lycaonia habuisse.
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donne alors et qui remonte très j)robabloment aux derniers temps do l'antiquité.
L'expression insula Lycaonia dans les textes datés. — Il est nécessaire tout d'abord de passer en revue les documents où se rencontre l'expression imida Lycaonia^ en commençant par les l)lus récents. Ce rapide examen permettra de savoir à partir de quelle époque l'appellation nouvelle fut employée.
Dans les descriptions de Rome rédigées entre le xif et le xv" siècles à l'usage des pèlerins et dans les chroniques l'île tibérine est nommée couramment île Lycaonie^ M. Sepp a publié, en 1897, un poème inédit sur la translation des reliques de saint Barthélémy, composé dans la seconde moitié du xii" siècle ; on y lit à deux reprises les mots insula Lycaonia'. On les retrouve en trois passages du Liber Pontificalis, de la fin du xi" siècle et du commencement du xii"'^, en cinq .actes de donation ou confirmation de privilèges, de la première moitié du xi^ siècle, émanant des papes, adressés le premier
1. Voir par exemple la plus ancienne des descriptions de Uome, Descriptio plenaria totius Urhis (xii" siècle) publiée par L'iu.i(;hs, Cod. lopocp\, p. 112, et par Jordan, Topogr. d. St. Rom, t. II, p. 643 : In insula Licaonia templurn Jovis et templum Aisculapii; — Saba Malaspina, IHslovia, liv. II, chap. XIV, publié par Muhatohi, Rerum Halicarum scriptores, i.WU, p. 812 (à propos d'une tentative faite par Petrus de Vico peur s'emparer de Rome par surprise, sous le pontificat d'Urbain IV, en 1264) : Est enim liojnse lociis queni alvei dividentes Tybevini laie circumsepiunt ah utroque, ad quem prtpfstant aditiim ponlium monumenta conformia. Ilic ah aniiquo insula Lycaonia nuncuputus. — Un privilège accordé par Pascal II à Otton, évoque de Bamberg, le la avril Hll, est daté de l'île Lycaonie : datuni Romse in insula Lycaonia (Migxe, Patrol. lat., t. CLXIII, p. 287; — Cf. Jaffé-Wattenbach, op. cit., t. I, p. 743, n» 6291).
2. B. Sepp, Ein inedierles carmen de translalione S. Bartholomœi, dans le Neues Avchiv, 1897, t. XXII, p. 570 et suiv. 11 est fait allusion dans ce texte à la crue du Tibre et à l'inondation de 1156. — Au vers 44 :
Insula pulchra salis requies peramena beatis Christo danlc datiir, Lycaonia qua; vocilalur.
Au vers 55 :
Insula congaude, gaudens Lycaonia plaiide.
3. Liber Pontificalis, éd. Duchesne, t. 11, p. 311 {Vie de Gélase II, 1H8-1121) : {Urhanus episcopus Qstiensis postea papa) a quondam famosissimo viro atque illustriPetro Leonis Rome in insula Licaonia inter duos egregii Tyheiis pontes vix ah inimicorum insidiis suslenlatus. — Ibid., p. 334 [Annales romaines., 1044-1073; récit du pontificat d'Etienne IX, 1057-1058) : [Ildebrandus avchidiaconus) tune pev Transtiherim venit in insula Lycaonia. — Ibid., p. 343 [Annales romaines, 1116-1121, récit du pontificat de Pascal H rt de ses luttes contre l'antipape Maginulfiis ou Silvestro on l'année 1105) : Mo.r pontifcx ut audivit, eyressus (le palriarcliio laleranensi secessitque in insulam Lycaoniam in ecclesia beati Johannis.
par Jean XVIIT aux religieux du monastère des Saints-Cômeet-Damien à Rome en 1005^, le second par Benoît VIII à l'évêque de Porto en 1018-, le troisième par Jean XIX à l'évoque de Porto en 1025'', le quatrième par Benoit IX à l'évêque de Selva Candida en 1037 \ le cinquième par Léon IX à l'évêque de Porto en 1049'', enfin dans une donation de Benoît, évêque de Porto, du 14 juin 1029*", et dans une dona-
1. Pflugk-Harttuno, Acta Ponlif. roman. Inedita II, Tubingen, 1881, p. 57; acte du 25 mars 1003 : concession d'un moulin à eau et de ses dépendances, positis Rome regione inter duos pontes in capite de insula que vocatur Licaonia usque uhi dividilur aqua.
2. MiONE, op. cit., t. GXXXIX, p. 1620 : Nec 7ion et confirmamus vobis vestrisqiie siiccessoribus in perpetuum omîtes res et focultates... in tota Portuense civitate, seu in Transliheriin vel in insula Lycaonia, sive ubicximque vestri episcopii jura esse videntur. — Il)id., p. 1621 : Tolam insulam qnis vocatur Lycaonia in qua est ecclesia B. Jo. Baptistœ et ecclesia S. Adulberti... siculi extenditur ah uno capite usque in aliud caput ipsius insulœ, utn flumen dividitur (Jafi'k-Wattenbach, op. cit., t. I, p. 510, n° 4024, l^août 1018; — Migne, d'après Ugiielli, Italia sacra, t. I, p. 116, donne à tort la date de 1017).
3. Migne, op. cit., t. GXLI, p. 1119 et 1120 : répétition de la donation faite dans l'acte précédent, à peu près dans les mêmes termes (Jaffé- Wattenbach, op. cit., t. 1, p. 515, n° 4067, mai 1025).
4. MiGSE, op. cit., t. CXLl, p. 1333 : Itemque confirmamus vobis... ecclesiam SS. Adalberti et Paulini cum ecclesia S. Benedicti et omni sua integritate et pertinentia, et sicut ad manus vertras hodie tenetis positam infra hanc civitatem Romam in insula Lycaonia ut sit vobis vestrisque successoribus cum volueritis episcopale domicilium, et congruum receptaculum opportunumque habitaculum quemadmodum habere videtur Portuensis ecclesia S. Joannis inter duos pontes (Jaffé- Wattenbach, op. cit., t. I, p. 520, n° 4H1, novembre 1037).
5. MiGNE, op. cit., t. CXLIII, p. 600 : in insula Lycaonia; p. 601 : Etiam confirmainus vobis vestrisque successoribus in perpetuum totam insulam quse vocatur Lycaonia ulri esse ecclesia S. Joannis Baptistœ et S. Adalberti, unde quœrimoniam posuislis in synodo quam celebravijnus in ecclesia Salvatoris ; quare contra Crescentium, S. Sylvœ Candidœ ecclesiœ episcopum, qui eamdem ecclesiam sua episcopatui vindicabat , cum vero ambae partes ante prsesentiam nostram et totius synodi staretis, placuit ut si scripturam inde haberes, in médium videndam legendamque proferres. Statim attulisli privilegium quod antecessorl tuo Benediclo episcopo, dicto de Pontio, Benedictus VIII antecessus noster fecit de integritate totius episcopatus. Quod cum lectum esset nominalim Un inventa est ecclesia ilLa, quam, sicut in quaerimonia tua dixisti, ipse tuus antecessor dicaverat lempore Otkonis III imperatoris a quo aedificata fuit in honorem S. Adulberti (.Iaffé- Wattenbach, op. cit., t. I, p. 531, n''4163, 22 avril 1049). — Un acte du 2 août 1236, accordé par Grégoire IX à l'évêque de Porto, rappelle encore et confirme ces donations anciennes : In quibus his propriis duximus exprimenda vocabulis... ecclesiam S. .Joannis in insula Lycaonia cum terris et vineis suis, et ecclesiam S. Adalberti in eodem loco cum terris, vineis et domilms suis. (Ughelli, op. cit., t. I. p. 131; — Potthast, Regesta pontif. roman., Berlin, 1875, p. 868, n° 10217).
6. L. Hahtmann, Ecclesiœ S. Mariœ in via lata tahnlarium, Vienne, 1895, n° LIV, p. 67-6S : Benedictus episcopus ecclesiœ Portuensis concedit in perpetuum empkyteusim Ermingardœ et Bonizœ abbatissis monasterii S. S. Cyriaci
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lion de Silvestre, abbé du monastère des Saints-Côme-et-Damien, en 948 ou 949'.
Les légendes hagiographiques. — Nous atteignons ainsi, à l'aide dos textes datés, le milieu du x' siècle 2. Mais le nom d'insula Lijcaonia est certainement beaucoup plus ancien. Les Actes des martyrs romains en témoignent. Dans les nombreuses légendes martjrologiques qui prirent naissance à Rome aux premiers temi)S du christianisme, l'île tibérine est plusieurs fois mentionnée, et l'on peut y relever quelques détails plus ou moins authentiques intéressant son histoire.
Il faut mettre à part la légende tardive et suspecte de saint Emigdius, évoque d'Asculum, Ce personnage aurait combattu à Rome le culte d'Esculape et jeté de ses mains dans le Tibre une statue du dieu de la médecine. L'auteur du récit ne nomme pas l'île tibérine. Peut-être cependant le temple d'Esculape dont il parle est-il celui qui s'élevait au milieu du fleuve, in imulaK
D'après les G esta martijntm, sainte Eugénie refusa de sacrifier à Diane dans son temple de l'île Lycaonie ; tandis ([u'elle confessait le vrai Dieu, un tremblement de terre détruisit le temple et la statue de Diane ; sur Tordre du préfet Nicetius, Eugénie fut précipitée tout enchaînée dans le Tibre, mais son corps, par un miracle insigne, au lieu d'être englouti, ilotta intact sur les eaux'*. Il n'y avait pas dans l'an-
el Nicolai aquimolum in fluvio Tiberi in insula JÂcaonia juxla ecclesiam S. Joliannis.
1. P. Fkiiele, Carte del monaslero dei SS. Cosma e Dowiawo, dans VArchiv. délia li. Soc. rom. de Slovia Patria, 1898, t. XXI, p. 49a : fraffment mutilé concernant un moulin du Tibre; la donation pontificale de lOO.i, citée plus haut, permet de compléter le texte : El aquimolum ipsnm cum omnibus ad euni pertinent ibiis. Positum [Rome regione inler duos pontes in capile de insula que vocalur I.\ycaonia. Les indications chronolo<,M(iues données dans ce document le font attribuer, soit à l'année 948, soit à Tannée 949.
•2. Ms"^ DucHESXE, éd. du Lujek Pontificaus, t. II, p. 334, en note : «Le nom d' insula Lt/caonia se trouve déjà dans une charte de 1018;» — Laxciam, Forma irbts Romœ, feuille n° 28 : « {i7isula Lycaonia) inde ab a. 1081. y> En réalité, on peut remonter jusqu'à une époque bien plus reculée.