‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 54 sur 237 · Mommsen, Epigraphische Analekten., loc. cit., p · texte numérisé non relu

Mommsen, Epigraphische Analekten., loc. cit., p

55. Ces lettres auraient été gravées à l'aide d'un instrument qui, au lieu d'agir comme un coin, aurait laissé dans la pierre une empreinte carrée à angles nets ; l'R aurait une queue arrondie dont la forme ne se retrouve jamais dans les inscriptions antiques.

gène IV (1431-47) et aux travaux signalés par Flavio Biondo à cette époque, une restauration importante et peut-être même une reconstruction complète du pont. Mais il n'en est rien. Un examen répété a permis à M. Huelsen d'affirmer que Brunn s'est trompé^; les anomalies qu'il a cru observer n'existent pas ; le fac-similé de Ritschl est inexact ; Piranesi a reproduit le document avec plus de fidélité. On ne remarque aucune discordance dans la paléographie du texte ; il date tout entier de l'an 692/62.

L'autre partie de l'inscription nous apprend que Q. Lepidus et M, Lollius, consuls, ont reçu le pont. Tandis que d'un côté le nom de Q. Lepidus est mis le premier, de l'autre le nom de M. Lollius le précède : il était de règle, en répétant les noms des consuls, d'en intervertir l'ordre, pour mieux marquer l'égalité de ces deux magistrats 2. C'est en 733/21 que Q. Lepidus et M. Lollius furent consuls ensemble*^. On s'étonne de voir une deuxième réception ou approbation du pont Fabricius suivre la première à quarante ans d'intervalle. Il ne peut s'agir d'une construction commencée en 692/62, achevée en 733/21 : une telle lenteur dans les travaux serait peu vraisemblable; en outre, le mot prohare se lit dans le texte de 692/62 comme dans celui de 733/21 ; dès la première date, par conséquent, le pont était entièrement achevé. Nibby conclut de cet exemple unique d'une probatio répétée, qu'à Rome les auteurs des grands monuments d'utilité publique étaient responsables pendant quarante ans des ouvrages exécutés sous leur direction : ceux-ci n'auraient été acceptés définitivement qu'après ce laps de temps*. La théorie de Nibby, qui ne s'appuie sur aucune preuve, est aventureuse. Mieux vaut supposer plus simplement qu'aux environs de l'année 733/21 une crue du Tibre aura causé quelques dommages au pont Fabricius et nécessité d'importantes réparations. Dion Cassius nous apprend précisément qu'en 731/23, deux ans avant la

1. Huelsen, Mitth. des deulsch. archuol. Instil., Rœm.Ablh., 1891, p. 135. — L'étude de l'inscription est plus facile maintenant qu'elle ne l'était autrefois ; le long dos nouveaux quais de la rive gauche du Tibre, des escaliers de pierre descendent vers le fleuve, à droite et à gauche du pont, et laissent voir de plus près les arches.

2. Cf., entre autres exemples, les clppi terminales du Tibre, G. I. L., VI, 1234 et suiv.

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