‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 53 sur 237 · HoRAT., Sat · texte numérisé non relu

HoRAT., Sat

Solatus jussit sapientom pascere barbara Atque a Fabricio non tristem ponte reverti.

3. AcRO, Sc]loI. llorat., ad loc. cit. (éd. Pauly, t. II, p. 2i9): Qui modo lapideus dicilur,po7is Fabricius habet a condilore vocabulum, qui juiir/itur insulœ liberinœ ; nominalus a Fabricio consule. — Poiu'hyiuo, ibid. : Pons Fabricius dicilur quiest insulœ illius quœ in medio Tiberi posita est; ideo Fabricius quia a Fabricio fuclus. — Acron a commis deux erreurs: il attribue à tort la qualité de consul à Fabricius et applique faussement au pont Fabricius le nom de jMus lapideus. Cf. ci-dessous, p. 129.

4. Texte publié en dernier lieu par Mommsex, dans les Monum. Germ., Aucl. aniiq., t. IX, 1, p. o4.j : Pontes Vlll... Staricius (pour Fabricius).

5. Cf. Curiosum Urbis, Notifia regionum, Graphiaaurese Urhis Romœ, ])nhViés dans Urliciis, Cod. topor/r., p. 1, et dans Jordan, op. cit., t. II, p. 541.

G. Au moyen âge, le nom qu'on donne le plus souvent au pont Fabricius est celui de poîis Judœorum ou pons .Judaeus, parce qu'il aboutissait sur la rive gauche dii Tibre à la hauteur du Ghetto; on lit dans la Graptiia aureœ Urbis Romœ : Fabricii in ponte Judœorum. Il était appelé aussi quelquefois ponte di Campo Marzio ou ponte Tarpeio, h cause de la proximité du Champ de Mars et de la roche Tarpéienne, mais aucun texte ne prouve que dès l'antiquité il ait reçu le surnom de pons Tarpeius ; celui de pons lapideus ne lui est attri-

L'inscription du pont. — Mais on possède un document plus précieux que le témoignage même des auteurs. C'est l'inscription gravée sur le pont lors de sa construction'. Elle est encore en place. On lit sur le revêtement extérieur en travertin, du côté de l'amont :

Au-dessus de l'arche de gauche : L[i(cius) Fabricius C{an) f[ilius) cîir[ator) viar[um) | faciunduin cœravit; puis, en plus petits caractères, à la ligne suivante : Q[uintus) Lcpidus M{aniï) f[ilius) M[arciis) Lollkcs M{arci) f{ilius) co{n)s[uies) ex s[enatus) c{on.mlto) probaveruiit ;

Au-dessus de la petite arche centrale, faisant suite à la première phrase : idemqiie \ probavit ;

FlG. 14. — RESTAURATION DU PONT KABRICIUS.

D"après Ganina, gll Edifi:i di lioma antica, t. IV, pi. CCXLII.

yer

Au-dessus de l'arche de droite : L[i(cius) Fabricius C[aii) f[ilius) cur[ator) viar[um) \ faciundiim cœravit.

Du côté de l'aval, aux mêmes places :

L[ucius) Fabricius C{aii) f{ilius) cur[ator) viar[um) \ faciundum cœravit cidemque \ probaveit;

L{ucii(s) Fabricius C{aii) f{iiiu s) cur[ator) viar[iun) \ faciundum cœravit. \ M[arcus) Lollius M[arci) f[ilius) Qiiiintus) Lepi\dus M[anii) f[ilius)] co[n)s[ules) ex s[enatus) cionsulto) probaverunt.

« L. Fabricius, fils de Caius, curator vianaii, a pris soin

bué que par Acron. Quant au nom de pons Antoninits, sous lequel il serait désigné dans plusieurs vies de saints, il ne l'a jamais porté : le pons Anloninus dont parle ces récits ne peut être que le ponte Sislo actuel (Voir sur ce dernier point UiiLiciis, (lie Briicken des allen Roins^ loc. cil., p. 463).

i. G. 1. L., 1, 1" éd , 600; VI, 1305. — Ritschl, Priscœ lalinilatis monumenla, Berlin, 1862, pi. LXXXVII (fac-similé), et p. 76. — Du côté de l'aval, la dernière ligne de l'inscription est un peu abimée, la pierre s'est cassée, quelques lettres manquent.

102 LES PONTS DE l'iLE TIBÉRINE

de la construction et l'a approuvée ; Q. Lepidus, fils de Manius, M. Lollius, fils de Marcus, consuls, en vertu d'un s6natus-consulte, l'ont approuvée. »

Les deux parties de l'inscription, écrites, la première en grands caractères, la seconde en lettres plus petites, sont d'époques différentes.

La première se rapporte à la fondation même du pont. L. Fabricius, fils de Caius, ciirator viarwn^^ dont le nom est répété quatre fois sur les voûtes, fut chargé de le faire construire et le reçut-. Le passage de Dion Cassius, cité plus haut, complète l'inscription et permet de Ja dater. C'est en 692/62, d'après Dion, que L. Fabricius exerçait sa magistrature. L'aspect des lettres du texte épigraphique, les particularités de l'orthographe, l'emploi surtout des formes idemque probavit en même temps que des formes eidemqite prohaveit et cœravit confirment cette assertion : un pareil document ne peut avoir été composé qu'au dernier siècle de la République.

Ritschl^ et M. Moramsen^, d'après des observations faites par Brunn à distance et à l'aide d'une longue-vue, ont déclaré qu'une partie de l'inscription d'aval n'était pas antique ; toute la partie gauche, L. Fabricius faciiindum^ aurait été refaite à l'époque moderne; la gravure des lettres, le tracé de l'R'' surtout, y seraient tout autres que dans les mots voisins. Ces lettres n'ayant pu être changées sans qu'on ait remplacé aussi les pierres qui les portaient, on attribuait au pontificat d'Eu-

1. On sait peu de choses sur la cura viarum de l'époque républicaine (Mar- QUAKDT-MoMMSEX, Man. des Anliq. rom., Droit public, t. IV, p. 38G de la trad. franc.)- Elle nest connue que par des inscriptions du dernier siècle de la République. Une inscription cite un curator viarum e lege Vilellia qui était en même temps tribun du peuple (C. 1. L., I, 1" éd., 393); on a cru d'abord que la cura viarum était liée au tribunat de la plèbe; il est prouvé maintenant que cette rencontre était toute fortuite. M. Mommsen a donc tort au G. I. L. (l'" éd., 600), d'affirmer que L. Fabricius, curator viarum en 692/62 devait être l'un des tribuni plebis de cette même année.

2. Quand un travail d'utilité publique était achevé, les architectes en faisaient remise au magistrat compétent; celui-ci devait, avant d'en prendre réception et de donner son approbation, probare, vérifier si les conditions du contrat passé entre l'Etat et les architectes étaient remplies.

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