‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 72 sur 237 · Texte de Cass. Dio, cité plus haut, p · texte numérisé non relu

Texte de Cass. Dio, cité plus haut, p

3. On sait par Plut. {Numa, 9), que le pont Sublicius en bois fut remplacé longtemps après par un pont de pierre, œuvre d'un magistrat nommé .Emilius (Voir ci-dessous, p. 127).

4. iïlTHicus, dans l'éd. de Pomponius Mêla par Gronovius (1722), p. 716.

5. Cf. G. I. L, I, l" éd., GOO ; — Mom.msex, liist. rom., trad franc., Paris, 1863- 1872, t. I, p. 51 et 140 ; — G. I. L., I, 2° éd. (1893), p. 323 : Ponlem ^milium... equidein adhuc judico eum esse qui insulam tiberinam urbi adjunr/il (ponte qualtro capi), adhuc inscriplum nomine Q. Lepidi (G. I. L., VI, l'Mo), juxta anliquissimum Sublicium.

6. Voir surtout : Ubliciis, die BrUcken des Alten Roms, dans les Silznngsber. d. Ak. d. ^^'iss., Munich, 1870, p. 4."J9; — WECKLEix,:«>'7?a?misc/teM Topographie, dans VHennès, t. VI, 1872, p. 178; — Mayerhofeh, die Brucken im Allen Rom, p. 23; — 0. Gilbert, Gesch. nnd Topogr. d. SI. Rom,i. II, p. 171, et le résumé de KuMMER, de Lrbis Rojnœ ponlibus anliqtiis,]). 26, où les diverses opinions sur la position du pont Sublicius sont rapportées et discutées. — Jorda.n, op. cil., t. II, p. 199, avait adopté l'opinion de M. Mommsen, mais avec cette diH'érence qu'il donnait le nom de pons JEmilius au pont Sublicius et non au pont

128 LES PONTS DE l'iLE TIBÉRINE

Le véritable pont Jlmilius. — Le pont entre File tibérine et le Transtévère s'est appelé jusqu'à la fin du iv^ siècle pons Ce$tius, et non passons jE?nilms. Le Curiosimi Urbis et IdiDescriptio regionum citent ces deux noms comme s'appliquant à deux monuments distincts, et le second est indiqué aussitôt après le nom du premier pont de l'île, le pont Fabriciusi. Le ]:ions Mmiliufi était situé plus en aval, à la place du ponte rotto actuel; on s'accorde maintenant à le reconnaître 2. Aussi bien ne voit-on pas pourquoi, dans le système de M. Mommsen, le pont entre l'île et le Transtévère se serait appelé ^milius; deux consuls ont présidé aux travaux que l'inondation de 731/23 avait rendus nécessaires ; comment expliquer qu'un seul d'entre eux ait donné son nom à l'un des ponts, l'autre conservant son appellation antérieure? Rien ne nous montre que Q. vEmilius Lepidus ait eu plus de part aux travaux que son collègue; d'ailleurs sur l'inscription du pont Fabricius, qui les nomme tous les deux, le gentilice ^milius ne figure pas; on lit seulement : Q, Lepidus. Il est vrai que M. Mommsen invoque un texte de Plutarque, qu'il rapproche de cette inscription môme et d'après lequel il la complète. Mais il ne peut le faire servir à sa thèse qu'à la condition de le corriger, et peu heureusement. Plutarque raconte que le pont de pierre qu'on éleva longtemps après la construction du pons Siihlicius était l'œuvre d'un questeur nommé ^milius^. D'après Tite-Live c'est aux censeurs M. Jj^milius Lepidus et M. Fulvius Nobilior qu'on devrait les premières fondations du pont acheyé plus tard par les censeurs P. Scipio Africanus et L. Mummius^. Becker, s'appuyant sur ce texte, proposait de lire dans Plutarque

Gestius; dans le t. I, 1, p. 399 et suiv., paru plusieurs années après le t. II, il examine de nouveau le système de M. Mommsen et insiste également sur les faits qui semblent, d'après lui, le confirmer et sur ceux qui le contredisent, sans prendre nettement parti lui-même.

1. Voir ces textes dans Urlichs, Cod. topogr., p. 22 et p. 44; — et dans Jordan, op. cit., t. II, p. 541 et suiv.

2. Voir KuMMER, op. cit., p. 17-26; — Kiepert-IIuelsen, op. cit., p. 51; — Homo, op. cit., p. 406; — P. Lanciani, ciel Ponte senatorio ora ponte rotto, Rome, 1826.

.*?. Plut., Numa, 9 : 0-j yàp 6£[AtTov àW ÈTràpaTOv fiysïcrÔat 'Pwfjixt'oy; xr^^i

xaraX-jaiv Tf,ç ^yXt'vvj; y^?"'^P*Ç 'h ^^ )vi9t'vY) 7ro).)vùî'; •jffTEpov è^zioyia^-q j^pdvot;

•jTt'AtjjitÀs'o'j rajAiî-joviroç.

4. Liv., XL, 51, énumérant les travaux exécutés sous la censure de M. iEmilius Lepidus et de M. Fulvius Nobilior : Portum et pilas pontis in Tiheri, quibus pilis fornices post aliquot annos P. Scipio Africanus et L. Mummius censores locaverunt imponendos.

-:i[rr,T3JCvtsç, censoris, au lieu de Tai^^tsùsvToc, quœstoris^. M. Momuiseu, s'écartant davautage encore de la leçon des manuscrits, veut remplacer Tap.t£ijovToç par Ozate'JcvTc?, consiilis. On ne peut adopter cette lecture nouvelle. Paléographiquemcnt la correction qu'imagine M. Mommsen est aussi invraisemblable que celle de Becker, au contraire, paraît naturelle. M. ^milius Lepidus, censeur en 575/129, premier fondateur du pont ^milius, n'est pas le même personnage que Q. Lepidus, consul en 733/21, auteur de la restauration du pont Fabricius.

Pons Lepidi et pons lapideus. — Si le pont entre l'île et le Transtévère ne se confond pas avec le pons Aimilius^ il faut ajouter, contrairement à l'opinion de M. Mommsen, qu'il ne s'est jamais appelé pons Lepidi ni le pont Fabriciusyjoas /«/J^deus. Le cosmographe ^Etlncus parle bien d'un pons Lepidi surnommé à tort pons lapideus^ pontem Lepidi qui niinc aJmsice a plèbe dicitiir lapidens. Mais il le place au-dessous de l'île, à l'endroit où les deux bras du Tibre se réunissent, nbi iinus effectus. Ces indications concordent avec tout ce que l'on sait par ailleurs : ce pons Lepidi, c'est le pont ^Emilius, fondé par le censeur Q. ^]milius Lepidus. Le surnom de pons lapideus qu'on lui donnait en jouant sur les mots n'était l)as tout à fait dépourvu de sens : il avait été en effet le premier })ont de pierre élevé à Rome ; il restait aux yeux des Romains le pont de pierre par excellence ; de même que pour eux, au témoignage de Vitruve, le théâtre de Pompée, premier théâtre construit en pierre, restait entre tous le theatrum lapideum'~. On opposait ce p)ons lapideiis jupons Sublicius, qui était le premier pont de bois, le pont de bois par excellence ; Sorvius et Festus nous apprennent que le mot Siibliciits, dérivé de siiblicœ, poutres, synonyme de trabes, signifie proprement : construit en bois-\ Aucun écrivain ancien, sauf le scholiaste Acron, n'attribue au pont Fabricius, au lieu du pont yEmilius, l'épithète de lapideus. Mais Acron vivait à une époque relativement récente, à la fin du ii" siècle de notre ère, et ses scholies

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