‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 94 sur 237 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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.3. Vekuil., yËn., \l, 35 : P/iœbi Triviœque sacerdos ; — Sekyius, ad Ain., 111, 332 : Sibylla Apollinis vates.

4. Liv., XXIX, H : Legali Asiam patentes protinus Delphos cum escendissent oruculum adiei-unt, consulentes, ad quod negoiium dotno missi essent, perficiendi ejus, quam sibi spem poputoque romano porlenderet.

l'arrivée DL serpent D ÉPIDAURE 163

nonte ; dès le début, Pessinonte était le but final de leur voyage et si, au passage, ils s'arrêtèrent à Delphes ce fut simplement pour demander à Apollon quel accueil leur réservait la Magna Mater, et s'ils avaient quelque chance de réussir dans leur mission près d'elle. Ovide s'est donc mépris. Les cent vingt vers qu'il a consac|és à la métamorphose d'Esculape en serpent ne nous apportent aucun renseignement nouveau et sûr. Quand le témoignage du poète s'accorde avec celui des historiens, ceux-ci ont encore l'avantage, par l'exactitude plus grande de leurs informations; quand il le contredit, il ne mérite plus aucune créance. •

Appréciation de la légende. — Si l'on s'en tient aux faits que relatent Tite-Live et Valëre Maxime, Aurelius Victor et Orose, en négligeant les inventions et les fictions d'Ovide, il faut reconnaître que le récit traditionnel de l'arrivée d'Esculape à Rome j)résente tous les caractères de l'authenticité. Seuls quelques détails d'importance secondaire semblent contestables. L'événement s'est passé à une époque récente, en pleine lumière; la j)lupart des circonstances qui l'accompagnent sont tout à fait vraisemblables. Niebuhr a raison de dire que cette légende, malgré son apparence merveilleuse, ne doit pas être confondue avec les fables des premiers siècles de l'histoire. romaine ^

La consultation des Livres Sibyllins. — La consultation des Livres Sibyllins pendant l'épidéniio de 461 /293 ne nous surprend point : chaque fois que la peste éclatait à Rome les duumviri ou decemvh'i sacris faciundh intervenaient et demandaient aux Livres de leur faire connaître un moj^en d'écarter le fléau. Il n'est pas étonnant que l'oracle ait prescrit en 461/293 de s'adresser à Asklépios. Les Livres Sibyllins, grecs eux-mêmes d'origine, conseillaient toujours de recourir aux dieux grecs. En des occasions analogues ils avaient ordonné de dédier un temple à Apollon et d'offrir des lectisternes auxquels prenaient part les grandes divinités helléniques. Il ne restait plus qu'une ressource pour conjurer la peste ; c'était de faire appel au dieu de la médecine et de la guérison. Les Romains étaient préparés à recevoir son culte et devaient l'accepter aisément.

L'ambassade à Epidaure. — Faut-il révoquer en doute l'envoi

1. NiEBumi, mu, roin., trad. franc., Paris, 1830-1840, t. VI, p. 123.

d'une ambassade au sanctuaire d'Epidaure? M. Pais, qui n'est pas suspect d'attacher trop de prix aux traditions légendaires, s'y refuse ^ . Il rappelle que dès le temps de Cyrus, d'après Hérodote, la ville d'Agylla, Cœré en Etrurie, avait fait consulter l'oracle de Delphes'-. Tite-Live raconte qu'à l'époque royale les fils de Tarquin le Superbe interrogèrent la Pythie-', et qu'aux débuts de la République Camille fit déposer dans le temple d'Apollon delphique la dime du butin conquis à Veies'*. Des relations aviuent dû s'établir de bonne heure entre Rome et les grands sanctuaires de la Grèce, partout connus et vantés. L'ambassade envoyée à Epidaure n'était pas la première légation romaine qui se rendit hors de l'Italie implorer les dieux étrangers. Elle ne devait pas être la dernière. Après la bataille de Cannes en 538/216, Fabius Victor fut chargé de s'informer à Delphes des prières et des sacrifices qui pourraient apaiser les dieux et sauver Rome^. Après les premières victoires sur Asdrubal M. Pomponius Matho et Q. Catius portèrent à Delphes une partie des dépouilles prises aux Carthaginois''. Quand s'introduisit en Italie le culte de la Mère des dieux, M. Valerius Lœvinus, M. Csecilius Metellus, Ser. Sulpicius Galba, Cn. Tremellius Flaccus, M. Valerius Falto allèrent jusqu'en Asie, à Pessinonte, chercher la pierre noire de Cybèle^.

Q. Ogulnius. — Cinq ambassadeurs firent en 350/20i le voyage de Pessinonte. On sait par Aurelius Victor que la mission qui ramena d'Epidaure le serpent sacré se composait de dix membres; elle était dirigée par Q. Ogulnius. Valère Maxime nomme aussi ce personnage, sans dire qu'il fût le chef de la légation ; ce fait parait ressortir cependant de son récit même. C'est dans la chambre d'Ogulnius que le serpent s'était retiré à bord du navire romain. Le nom d'Ogulnius est peutêtre d'origine étrusque^. Plusieurs membres de la gens plébéienne Ogulnia sont mentionnés dans les textes littéraires et

1. Pais, Slovia di Roma, 1. 1, 2, p. 293 : d'après M. Pais, la mention d'une ambassade envoyée en Grèce à cette époque n'a rien d'étrange.

2. Hehod., 1, 167 : Oî ôà 'AyyXXaïoi èç AeXcpoy; £Tî£(j,7rov.

3. Liv., I, 36. — Cf. Cic, de Rep., Il, 24, 44; — Plix., llisl. nat., XV, 30(40).

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