LA NATURE
Dans l'or et l'émeraude paissent les génisses sacrées, choisies pour perpétuer la race blanche d'Eolie. Un sang rose luit à leurs naseaux. Elles lèvent des visages de jeunes déesses, jouets d'une métamorphose. Toutes les dix eurent des mères belles et renommées, nées comme elles au bord des eaux, dans les limons verts. Un air aromatique et sucré nombreusement distilla leurs vertus nuptiales. Elles sont les vierges promises au royal amour ; en mouvant ses entraves, le taureau mugit à leur odeur. Elles vont, fauchant en cercle la lavande et le serpolet ou bien, sous leurs soles saccadées, le pré tremble. Lasses ensuite d'ébats, leurs fronts lourds fléchis vers les fanons,
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elle» goûtent de longs assoupissements gorgés. Là-bas coulent les eaux, flottent à la dérive les brouillards lumineux. Des clôtures les isolent ; elles y demeurent parquées loin des taures déjà mûres.
Les bœufs aussi sont blancs, dans l'herbage profond et clos. Les cornes en demi-lune, hauts et râblés, ils marchent gravement comme les fils du soleil ; ils émergent comme des monts de froment de la courbe des plaines. Seules, les génisses sont plus éclatantes : elles ressemblent à de larges et charnues nymphées ondoyées de lait. Et chacune a un nom, toutes croissent pour la dilection du maître.
Cependant l'heureux Eté mollit les vents. Le sol bout sous le soleil oblique. Toutes les herbes^ dans l'immense vie trépide de la prairie, vibrent et dardent comme des flambeaux. Au loin la forêt massive^ aux lourdes orfèvreries vermeilles, aux silences bleus, suggère les Forces éternelles. Là commence le végétal géant, la gloire des hauts arbres centenaires. Et c'est une après-midi des jours aimables de la terre, sous des airs subtils. La canicule a cessé d'aboyer dans les couchants roux : il pleut un or brillant, léger, sur les flouves et le troupeau. Voici que les grands bœufs blancs se
dirigent vers la rivière et les vaches les suivent, aux robes impareilles et chatoyées, car la race d'Éolie seule est blanche. Un long temps elles hument les bromes humides avant de plonger au courant. Le décours solaire, après les taons sanglants et le midi acéré, les adjuve, leur verse une paix merveilleuse ; toutes ensemble cornent vers les étables. Et très loin, un pipeau pastoral leur répond, agile, moqueur comme le vent ironique dans les roseaux. Mais plus haut, dans un frisson bleu, vibre et vire le grisoUis de l'alouette. Des fumées commencent d'onduler entre les cimes ; le sarment pétille aux àtres, c'est l'heure où, sous le toit de Barba, s'activent les apprêts de la cène ultime. Alors une senteur de bois s'évapore, évocative de mœurs simples, d'assemblées familiales et de huttes forestières. Elles montent, les petites fumées, vers les nues annelées, comme les bandelettes où tantôt s'ensevelira le jour. Il flotte des voiles à la dérive, des pavillons de soie pardessus des jardins de nacres, dans les gouffres limpides. Le soleil lentement s'abime, un long rais glisse de proche en proche, une chaleur dernière qui plane et s'étend. Et tout le ciel fleuri de roses ensuite s'effeuille et se fane en clartés mourantes où les vierges génisses rosissent, où flambe la
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corne des hauts bœufs. La terre en amour fume comme une cuve.
L'aigre et vif pipeau s'est rapproché ; il semble venir du fond des âges. Comme le cri du grillon, il monte de la terre, il frémit au cœur des chênes, il remplit le soir innocent. Bientôt un doux jeune homme apparaît à la lisière des bois. Il s'avance dans la savane parmi les bêtes du troupeau, et toutes le suivent comme à un signal connu, il les mène vers les étables. Les grands bœufs seuls demeurent parqués proche des citernes et des abris de chaume. Il n'en vient qu'un, patriarche barbu, pareil à un hiérophante. Celui-là pénètre chez les génisses et, par l'échalier levé, les fait sortir, soumises. Ensuite, avec les vaches, elles longent les avenues. Et toujours le champêtre musicien va devant, frôlant du doigt son roseau mélodieux. Il marche parmi les haleines chaudes et les naseaux fumants comme en un brouillard. Son front bouclé et roux domine le troupeau, il a des yeux couleur de soir et d'innocence. Enfin le porche est franchi ; les cornes, par-dessus les huileux paillers, emmêlent un bois épais et sonore.
Le beau pâtre alors se tourne vers les demeures. Il module un air plus pressé et qui s'impatiente Sa jeune âme rit et vibre dans le vent des mu-
siques. Des seuils, comme un vol libre d'hirondelles, presque aussitôt s'échappent trois enfants divines. Or, le soir étant tombé, ils vont ensemble vers les eaux, selon le commandement de Barba, père d'Éolie. Florie, Hylette et Elée marchent devant en nouant des danses et se tenant par les mains. Sylvan, attentif à son pipeau, gravement les suit comme un petit faune des âges. Une agrafe légèrement retient à leur épaule les plis droits d'une tunique : comme la poussière d'un van, elle ondule et flotte autour de leurs corps vermeils. Et il n'a qu'un sayon à ses membres, il s'avance mi-nu dans les ombres roses. La chanson rustique, sous ses doigts mobiles, s'alentit ou se précipite, selon le rythme des danses, et il imite aussi le guilleri des oiseaux. Ainsi jouant du pipeau, il les guide vers la rivière.
Une joie ingénue alors les émeut. Elles rient de s'apparaître lumineuses sous les saules des berges. Maintenant le pipeau a cessé d'ébruiter la petite âme pastorale : le vent nocturne doucement souffle aux grands iris. Sylvan le premier s'élance au frisson froid des eaux. Florie et Hylette font envoler leurs tuniques comme des flammes légères, et seulement Elée s'attarde, masse entre ses poings ses noirs cheveux, comme la torsade d'un
casque. Toutes trois enfin plongent : leurs corps charmants sinuent, ondulent d'une grâce subtile de longs poissons d'or. Quelquefois un jeune sein aigu pointe, fleur de la nuit et des onctueux limons. Leurs mains par-dessus la rivière remuent un brouillard d'argent. Et ils ne savent pas qu'ils sont nus.
Une trompe, sous V^esper soudain apparu, sonne du côté des demeures. Alors c'est comme une fuite de nymphes surprises par l'aurore. Leur nudité finit d'étoiler la molle ténèbre. Il n'est plus que leurs sœurs très belles et éternelles, les Pléiades, dans le vertigineux éther. Sur l'eau vive qui les ondoya voici les tuniques en hâte ragrafées. Et le pipeau bavard va devant : elles s'en retournent en dansant et se tenant par les mains.
Barba les attend sur le seuil. Les neiges ruissellent de ses tempes et de ses joues jusqu'à son torse vigoureux, comme un été des Alpes reverdi sous les glaciers étincelants. Quand il lève la main, cette main semble couvrir toute l'île. Ce vieillard sans doute connut les matins du monde ; il vécut parmi les éléphants blancs, brahme pensif qui sait parler aux étoiles. Il les voit accourir, telles des chèvres mutines, et sourit de leurs ceintures dénouées, car il ne leur apprit pas la pu-
deur, fille du péché. Leur chair fleurit adamique sous les constellations comme aux innocences d'Éden. Tous les quatre l'entourent : il caresse leur nuque humide, et ensuite il les précède vers la table éclairée par les flambeaux.
Nul faste d'argenteries, mais d'amples bouquets aux nuances d'arc-en-ciel, aux fragrances de champs mûrissants, la moisson des flouves que tiédit encore un parfum de soleil. Barba prend place au milieu, sur un siège plus élevé que les autres. A sa droite il a Florie l'aînée, à sa gauche Hylette la seconde, et Elée est venue ensuite et s'assied près de Sylvan, devant lui. Les portes sont restées ouvertes : il entre six Pauvres aux durs visages corroyés, aux corps de silex comme d'anciennes glèbes pétrifiées. Ceux-là sont la tribu nomade et primitive, plus forts que la mort et les famines. D'un signe le Père leur commande de s'asseoir. Personne ne rit de leurs faces cortiquées et velues, de leur paumes rigides qui, en se fermant, font un bruit de galets broyés. C'est la coutume chez les Barba qu'il y ait aux repas du soir un égal nombre de sièges pour les lointains pèlerins. Peut-être tous les dieux exilés n'ont pas fini d'errer chez les hommes. Alors Eurnée, le vassal ami, le serviteur usé d'ans et d'offices, ap-
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porte les fumants et friables tubercules odorant l'humus. Il boite en marchant ; une ruade de cheval le fit œgipan comme ses frères antiques des forêts, et il a en outre leur oreille effilée et chevelue. A chaque pas, le plat paraît sur le point de chavirer, mais ses mains le serrent avec force. Des pêches, des gâteaux de miel achèvent le repas frugal. Et les cruches à mesure épanchent une bière blonde dans les verres.
Barba promulgua le régime primordial, par respect du bœuf ami, des bêtes à la vie pourpre. Il estimait le sang séditieux, chargé d'arômes vertigineux et lourds. Or un péché de démence et de luxure longtemps dévasta la race des Barba. C'est pourquoi le maître d'Eolie proscrivit les rouges holocaustes, espérant ainsi conjurer l'acre legs. Le meurtre et la mort s'arrêtent donc aux portes de la maison ; les convives ignorent les hoquets sanglants ; ils ne connaissent pas davantage les colères du vin et le funeste alcool. Mais ils mangent toute nourriture venue de la terre et boivent les sucs du houblon, comme en un retour aux âges d'Agni.
Le Vénérable maintenant regarde ses enfants et les interroge.
— Toi, fleur de mon hiver, ma Florie, qu'as-tu fait tout ce jour ?
— Père, les servantes barattaient le beurre. Il y avait cent vaisseaux de lait, jusqu'au soir je suis restée à les surveiller.
— Bien, fille... A ton tour, parle, toi, blonde comme les seigles, chère Hylette.
— J'étais avec Florie. C'est moi qui tenais les balances et pesais les pains de beurre. Il y en avait tout un mont. Et ensuite nous avons détaché les plus larges feuilles de nos vignes, nous en avons enveloppé les pains. A l'aube, ils partiront pour la ville.
— Tout est bien... Et toi, Elée, ma vigne noire, parle avec franchise, qu'as-tu fait?
La voix de l'enfant dit en rêve :
— Père, il y avait une voix dans l'île... Ensuite il se tourne vers Sylvan.
— Maintenant, fils cher, je m'adresse à toi comme au jeune chef de ma tribu... Quels travaux signalèrent ta \'aillance?
— Père, le taureau ce matin s'était déchaîné. Je me pendis à ses cornes. Ensemble nous volions par les cours. Alors les hommes arrivèrent : on lui remit ses entraves. Je maîtrisai aussi le bel et vierge étalon qui s'appelle Héraut. Pour la première fois je le sentis frémir sous moi, docile et soumis. Puis je visitai, selon tes ordres, les mois-
sonneurs. Tout un champ déjà était tombé sous leur faucille. Enfin, en jouant du pipeau, je rentrai le troupeau ami.
Sylvan a parlé avec simplicité. Cependant, en évoquant l'exploit du taureau et du beau cheval indompté, sa narine frémit, un sang ardent lui empourpre les tempes. Barba remue sa barbe blanche et dit :
— Fils, sois loué : tu agis selon mon coeur. Or voici le temps venu des choses héroïques. Le pipeau est un bruit trop léger pour ton âge de jeune homme. Reçois donc de mes mains l'emblème viril, le cor rythmique et dur. Qu'il soit pour toi le symbole de la force et de la joie : sonne au travers ton âme libre dans les horizons d'Eolie. Maintenant aussi je te donne Héraut comme un frère, toi qui le méritas par ton courage.
Il se lève et détache du mur le cuivre couleur de soleil. Ensuite il le passe aux épaules de Sylvan et celui-ci est debout, grandi d'orgueil sous sa crinière rousse comme l'août des moissons. Ses sœurs l'admirent et ne le reconnaissent plus : déjà il a l'air d'un héros. Chacune à son tour soulève le cor, elles s'effraient de son poids. Lui seul, d'un geste magnifique, le brandit sous les flambeaux.
Barba fait un signe. Les six Pauvres quittent leurs sièges ; il leur souhaite le bon sommeil. Et les plantaires que râpa le caillou des routes, les visages tannés de pluies et de soleils s'en vont vers les granges. Dans les foins odorants, dans le duvet et la fleur de la terre leur âme lasse se détendra et rêvera d'arcadies. Puis le Vénérable bénit sa race. On emporte les flambeaux. Et une joie profonde apaise les demeures, comme la fin d'un jour des temps.
Au gouffre pâle, Vénus s'évanouit. Un sang de roses et d'oeillets infuse le ciel. Les cimes, aux lisières de la silve, longuement fument. Et des vapeurs flottent au ras des prairies, des soies onduleuses et légères. Le vent ensuite s'éveille, un souffle monte de la fraîcheur des eaux, un frisson profond, très doux.
Encore une fois la nuit est déliée. Dans le mystère quelqu'un a fait un geste. Maintenant des archipels d'améthystes et de rubis dérivent, tout le ciel en marche roule une atlantique d'or et
de pourpre. L'Orient s'embrase, volcan de fleurs, roue de feux, rosace des basiliques. Alors le pré mugit, les grands bœufs blancs cornent vers le Père glorieux. Et les seuils tremblent, une rumeur puissante emplit les étables. Le bouvier, d'un pas lourd, va lever les barrières.
Le bœuf patriarche apparaît d'abord, ramenant les fraîches génisses vers l'enclos ; quelques-unes déjà se tourmentent d'amour et meuglent ; et le troupeau sort ensuite, immense, avec ses belles robes bigarrées, lavées de brouillard bleu. C'est l'heure aimée des bétes : la rivière tièdement bout. L'aiguail avive le sel des gramens. Au ras du pré fument les naseaux, tournent les langues roses comme des faux, et les pis veinés ont l'air de fleurs de lait. Des ombres agiles errent^ les lapins gris, les lièvres roux, amis des troupeaux. Cependant la vie s'enfle, bourdonne d'un ronflement de grandes eaux. Les dures corneilles, les pies stridentes, le loriot siffleur ont dispersé la nocturne chouette. Du côté des demeures le cor soudain sonne le jour nouveau.
Tl roule, tinte aux fenêtres des tours, expire dans les bois. Un cri derrière les vitres, farouche et clair, aussitôt se raidit dans un effort de réveil. Le cor ne sonna qu'une fois, déjà une petite âme
guerrière s'éveille dans les demeures. Et l'une cria : Hilléï ! La seconde : Hïa ! Élée a crié : Hi ! Là où ronfla la voix héroïque, il n'y a plus ensuite que le silence.
Mais, violent et prompt, le cor renaît comme le tonnerre d'une forge, comme un choc de métaux. Il attise le bruit et la lumière, il martèle du soleil, il sème des tisons écarlates sur le chemin. Quelle bouche s'y déchira, iv^e de gloire et de fracas ? Vers l'Occident il corne le meuglement d'un taureau rué. Ensuite il se déchaîne vers le le Nord, il halette vers le Midi : tout l'espace s'enfle dans ce souffle immense. Et l'effroi des paons rouant à la crête d'un mur aigrement discorde. Un éventail de pigeons s'éploie et bat d'un tumulte bariolé les toits. La folie des grêles poulains s'épare, hennissante, parmi les cours. Le cor d'or et de soleil tourbillonne comme une roue, il va par éclats dans la plaine, il cogne le sol et rebondit au ciel. Il rugit comme un lion vierge. La forêt longuement vibre et gémit, les feuilles volent sous des fuites d'oiseaux et toute l'ombre s'est dispersée. Ainsi un jeune dieu apparaissait aux temps fabuleux. Alors encore une fois les trois cris comme un stylet vermeil raient les airs : Hilléï ! Hïa ! Hi ! Et le cor joyeux broie
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du cuivre et fanfare. Il passe dans un vent d'orage, il roule dons une crinière de soleil. Une âme magnifique le propage à travers l'ile entière. La terre tremble, les hêtres frissonnent au galop d'une croupe ardente où rebondit un torse mi-nu. Et l'élan souple de six grands lévriers va devant comme un nuage de neige et de grêle.
Hilléï ! Hïa ! Hi ! Un vent léger de tuniques à présent rase la berge. Une flûte siffle aux roseaux, moque le cor héroïque et dur. Et dans les saules un oiseau a chanté la chanson d'innocence. Alors il passe un air subtil. L'heure candide sur les écharpes dénouées met un émoi bleu de clartés. Trois chairs nues, trois frissons divins ont fleuri la rivière. Elles ondulent et se poursuivent d'une grâce subtile. Et se jouant elles s'appellent Florie! Hylette! Élée! Les noms volent comme des abeilles antiques dans la clarté des bouches ; des rires lumineux glissent aux ors et aux roses de l'eau. Mais Hylette tend l'oreille. « Mes sœurs, n'avez- vous plus rien entendu ? Le cor rouge en un spasme tout à l'heure expira au fond des bois. » Hilléï! Hïa! Hi ! Et le cri, comme un vol de cygnes sauvages, une dernière fois s'effile au ras des roseaux. Soudain, chevelu de soleil, par-dessus la berge leur apparaît Sylvan monté sur Héraut. Le
cor luit dans ses poings, couleur de joie et de gloire. A peine il y souffla son âme magnifique, déjà il a le visage d'un autre homme, il ressemble à un jeune roi inconnu. « Quoi ! s'écrient-elles, ce serait là notre frère Sylvan? » D'un cabrement hardi le héros enlève la bête ailée. Un long fracas rompt les eaux et meurt aux confins d'Eolie. Les cheveux et les crins emmêlés, ils fendent le cours et nagent vers les corps charmants, là-bas joaillés de perles vives. L'effroi mutin des petites nymphes aussitôt fuit ; à larges brassées elles refoulent le flot rapide. Mais tout à coup le cor barbare et rauque a sonné la victoire : il ricoche en palets d'or sur la rivière ; et Hylette est \'aincue. Sylvan par les épaules la plonge aux remous sonores. Alors s'afflige le dépit jaloux d'Elée : « Pourquoi la poursuivisrtu plutôt que moi, traître Sylvan ? » Elle quitte les eaux et, tordant ses cheveux, elle va s'asseoir sur la berge comme une petite Andromède. Tous trois l'invoquent. « Reviens, ô boudeuse Elée. Sans toi il n'est plus de jeux. » Mais elle roule aux herbes son flanc irrité et bat la terre : « Je te hais, Sylvan qui me préféras mes sœurs blondes ! » Sous le poitrail du cheval Héraut s'effrangent et tourbillonnent les écumes d'argent; comme des tritones voguent et