‹ L'ILÉO-COLO-RECTOPLASTIEChapitre 24 sur 24 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I — L’iléo-colo-rectoplastie : Le rétablissement de la continuité colique par greffe d'une anse grêle, toutes les fois que le côlon ne peut être abaissé après une large exérèse du segment atteint, est dû à l'initiative de C. Nicoladoni, d'Innsbrück, en 1887. Cette greffe peut remplacer le sigmoïde réalisant ainsi une iléo-coloplastie, ou le sigmoïde et le rectum : c'est alors une iléo-colo-rectoplastie. C’est ce dernier cas qui a été réalisé en 1941 par M. A. Bergeret qui, après avoir dû réséquer chez sa malade l’ampoule rectale en entier, a anastomosé l'extrémité inférieure de la greffe à l'anus.

La fréquence de cette opération restauratrice a considérablement augmenté au cours de ces quinze dernières années.

Il. — Intérêt d’utiliser le grêle : L'idée d'utiliser le grêle pour restanrer le côlon gauche se justifie par :

1° la quantité suffisante de tissu qu'il met à la disposition du chirurgien ;

2° sa bonne irrigation ;

3° sa capacité de déplacement;

49 sa facilité d’assimilation fonctionnelle.

III. — Technique de l’intervention : Après avoir été précédée d'une dérivation indispensable des matières par anus artificiel, l’iléo-colorectoplastie se fait en 2 lemps opératoires principaux :

1° la mise en place de l'extrémité inférieure de la greffe, soit par invagination iléo-rectale, ou iléo-anale, soit par anastomose bout à bout ;

20 la mise en place du bout supérieur par anastomose iléo-colique et fermeture de la colostomie de dérivation.

Ce deuxième temps ne doit être entrepris qu'après vérification du

fonctionnement de l’anastomose inférieure.

IV. — Résultats physiologiques : Les examens post-opéraloires, cliniques, radiologiques et rectoscopiques, montrent que l'anse s'assi-

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mile parfaitement à ses nouvelles fonctions coliques. L’incident le plus fréquemment signalé est une tendance à la sténose de l’anastomose inférieure, en général facilement vaincue par des dilatations. Ces résultats, en regard de la faible mortalité entraînée par l’opération dans les cas connus (3 cas sur 23), révèlent que l’iléo-colo-rectoplastie est actuellement bien au point et qu’elle présente une réelle bénignité, malgré les trois anastomoses intestinales qu’elle comporte.

V. — Intérêt de rendre plus fréquente l’iléo-colo-rectoplastie : son innocuité et ses succès thérapeutiques doivent la faire préconiser chaque fois qu'on a pratiqué une large résection sigmoïdienne ou recto-sigmoîïdienne (principalement cancers recto-sigmoïdiens et rétrécissements inflammatoires) et qu'il est impossible d'affronter directement les deux segments intestinaux par mobilisation colique. C’est donc un excellent moyen de supprimer l'infirmité véritable que représentent les anus iliaques créés après opération d'Harimann. En ramenant ainsi leurs porteurs à une existence normale, l’iléo-colo-rectoplastie se révèle comme une ressource thérapeutique de la plus grande importance. |

Vu : le Président de Thèse, J. SÉNÉQUE.

Vu: le Doyen, À. BAUDOUIN.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris,

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