DÉFINITION. GÉNÉRALITÉS , HISTORIQUE
L'iléo-colo-rectoplastie consiste à greffer une anse de l'intestin grêle <entre l’un des segments du côlon gauche et l’ampoule rectale ou l’anus, permettant ainsi l'exclusion d’une partié atteinte de ce côlon, sigmoïde le plus souvent, et son exérèse. Elle est semblable à l’iléo-colo-plastie qui interpose une anse iléale entre deux segments du côlon par une double iléo-colostomie. Si ces deux interventions iléo-colo-plastie et iléocolo-rectoplastie, sont l'application d’une même idée, si elles ont le même caractère pratique, elles diffèrent néanmoins l’une de l’autre par la place accordée à la greffe iléale, dont la situation dépend de l'étendue et du siège des lésions qui exigent soit une double iléo-colostomie ou iléo-colo-plastie, soit beaucoup plus souvent, semble-t-il d’après les cas publiés, une anastomose en amont avec le côlon et une anastomose en aval avec l’ampoule rectale ou même l’anus, c'est-à-dire une iléo-colo-rectoplastie. Dans les deux cas, l’intervention comprend, une fois l’anse transplantable abaïssée, une iléo-iléostomie destinée à rétablir la continuité de l'intestin grêle.
Le but de l'opération, et particulièrement ici de l’iléo-colo-rectoplastie, se dégage de lui-même : c'est le rétablissement du transit dans tout le tube intestinal en mettant hors de circuit un obstacle dressé sur le trajet colique par des processus pathogènes nombreux et très différents entre eux, ou encore, en supprimant définitivement l'abouchement artificiel de l'intestin à la peau, ce qui met un terme à la véritable infirmité réalisée par l’anus contre nature.
D'ailleurs, si simple que soit le système réalisé par le tube digestif, nombreux sont les cas pathologiques qui viennent en troubler et même en inhiber totalement le fonctionnement, et cet appareil, dont l'intégrité représente un facteur capital du comportement humain, est un des plus facilement et un des plus fréquemment atteint de l’organisme. En mettant à l'écart les perturbations accidentelles et brutales du transit intestinal créées par le volvulus par exemple, qui
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7 NU FE 4 je 7 QT Ve PUR CR UE s? ] exigent une cure immédiate, il est cependant certain que les troubles survenant dans le fonctionnement des colons, — s'ils relèvent plus. particulièrement et plus souvent du domaine de ia chronicité, — n'en sont pas moins redoutables. Les dérèglements qu’ils engendrent, d'insidieux qu'ils étaient au début, finissent, même en agissant toujours. à bas bruit, par retentir sur toute l’économie du corps, et cela d’une manière d'autant plus intense et d'autant plus dangereuse qu’ils. révèlent, tardivement d’ailleurs, l'existence d’un obstacle à la circulation du bol intestinal. Qui plus est, c’est un obstacle irréductible, comme une sténose cicatricielle ou une tumeur, auxquelles aucun palliatif ne saurait, ne füt-ce qu'en partie, enlever sa nocivité.
Cela étant, le caractère indispensable et urgent du rétablissement intégral de l’activité organique apparaît. Cette dernière est fonction, nous venons de le voir, du comportement intestinal. Pour le restaurer, après avoir effectué l'exérèse, il faudrait et il suffirait d'anastomoser les deux extrémités du sigmoïde sectionné, opération simple en apparence, mais qui se heurte souvent à de très graves difficullés, dues soit à une perte trop importante de substance, soit à l’impossibilité d'abaisser le bout proximal du côlon et par suite de pratiquer d'une manière satisfaisante, sans tiraillements ultérieurs par exemple, le raccordement du cadre colique. Dans ce cas, la restauration ne pourra être pratiquée que par l'interposition d’un conduit organique normalement irrigué et innervé, dont le tissu, s’il n’a pas dès l’abord les caractères fonctionnels identiques à ceux du côlon, prouve rapidement une adaptation totale : c’est une anse iléale munie de son méso, dont la transposition donnera lieu ainsi par entéroplastie au rétablissement complet du transit et permettra par là au malade de reprendre à nouveau une vie normale.
Lorsque l'on conçoit l'importance vitale de cet acte opératoire et que l'évidence et ja logique éclatent de faire appel à l'intestin pour réparer l'intestin, on suppose alors que l'idée primitive en est déjà assez ancienne.
Or, si la théorie de l’utilisation de la greffe intestinale date maintenant de plus d’un demi-siècle, il a fallu néanmoins attendre vingt trois ans, de l’article de C. Nicolaboni à l'intervention de Quinto Vignolo (1910), pour voir se réaliser la première entéroplastie. Une revue médicale autrichienne, la Wiener medizinische Presse, publiait en effet dans son numéro du 11 décembre 1887 la théorie d’un chirurgien d'Innsbrück, le D" Nicoladoni, dans un article portant le titre suggestif de « Idee einer Enteroplastik », où l’auteur émettait la possibilité d'éviter les dérivations artificielles définitives de l'intestin à la peau en rétablissant Ja continuité de celui-ci par interposilion d’une anse grêle. Son plan était très simple : après exérèse dé la.