‹ L'Iléus BiliaireChapitre 9 sur 28 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La lithiase biliaire est « une des lésions les plus communes de l'espèce humaine » dit Cruveilher père dans son Traité d'Anatomie Pathologique. Cependant, les auteurs antérieurs au X VII: siècle semblent à peine la connaître et il faut arriver au siècle dernier pour voir apparaître une multitude de travaux dans lesquels nombre d'auteurs décrivent les accidents provoqués par la migration des pierres biliaires.

Parmi les complications dela cholélithiase, l'iléus biliaire, dû à la migration anormale et à l'arrêt de calculs dans la lumière intestinale, est certainement une des plus curieuses. Quelques auteurs l'ont déjà étudiée, mais il nous a paru intéressant de reprendre la question à notre tour, surtout au double point de vue du pronostic et du traitement.

Pour établir l'historique de l'occlusion intestinale par Îles pierres biliaires, point n'est besoin de remonter au-delà du début du XIX‘ siècle. Si, en effet, comme le dit Garin, on en trouve déjà des notions dans les écrits de Schrek (1680,, de Gross (1696), de Lëémery (1704), de van Swieten, de Vicq d'Azyr, de Meckel et de Munro le jeune, vers la seconde moitié du XVIII: siècle, il faut arriver jusqu'à 1826 pour trouver la première observation incontestable. A cette époque, Fontenelle publie dans le numéro de novembre des Archives générales de Médecine, la traduction d’une observation du docteur Ign. Porta, Il s'agit d'une dame de Barcelone qui fut subitement prise de douleurs violentes au niveau de la région vésiculaire en même temps

que de signes d'occlusion intestinale. On administra des antispasmodiques, des évacuants, 200 grammes de mercure métallique, puis on pratiqua une insufflation de fumée de tabac par le rectum. Des selles liquides apparurent, la malade éprouva la sensation de «quelque chose qui se détache de la partie supérieure du ventre » ; peu de temps après, elle expulsait un calcul biliaire de la grosseur d’une châtaigne et entouré d'un lambeau membraneux.

Monod, en 1827, rapporte le cas d'un vieillard mort d'occlusion intestinale, chez lequel on trouva, à lanécropsie, un gros calcul biliaire dans le jéjunum, complètement obstrué de ce fait, et fortement distendu en amont par une grande quantité de liquide et de gaz. 11 y avait aussi une fistule cholécysto-duodénale mi-obstruée par un deuxième calcul qui pointait vers Ia lumière intestinale.

Renaud, en 1834, cite un cas semblable. En 1851, Fauconneau-Dufresne, dans son Traité de l'affection calculeuse du Foie et du Pancréas, consacre un beau chapître à l'étude des altérations anatomiques et des symptômes que provoquent la prèsence de calculs dans les voies digestives. Ilcite, outre les observations connues à cette époque, deux cas d’iléus provoqués par- l'arrêt de pierres biliaires volumineuses dans le gros intestin.

D'autres cas d'iléus sont rapportés par Cruveilher, Frerichs, Magnin, Murchison; Mossé, dans sa belle thèse d'Agrègation, cite de nouveaux exemples.

Maclaglan signala la possibililé du diagnostic; Anderson fit connaître la première observation de guérison après laparo-entérotomie.

En 1885, Béraud fit paraître la première thèse sur le sujet que reprirent Gonzaiès en 1887 et Dagron en 1891.

Le Lyon Médical publia un mémoire où Audrit réunit six cas pour lesquels la laparotomie fut suivie de six insuccés, Le même journal donne un mémoire de Dufour, en 1887, Outre-Rhin, nous trouvons la thèse de Holscher en 1887, de Schwan, de Schüller (1891).

. Kirmisson et Rochard, dans les Archives Générales de

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Médecine, donnent, en 1892, une intéressante étude de la question. Vers la même époque, Eves en Angleterre, Gaillard, Jaboulay en France publient des mémoires y ayant trait.

Mais, volontairement, nous nous abstenons de citer tous ceux qui ont écrit ou communiqué des notes aux sociétés savantes : ils sont trop nombreux, surtout en Allemagne. Si, voilà 25 ou 30 ans, les cas d’iléus biliaire connus étaient assez rares pour être tous recherchés et cités, il n'en est plus de même aujourd'hui. Les progrès de la chirurgie abdominale et le nombre élevé des interventions pour occlusion ont permis de connaître en quelques années un nombre de cas d'iléus double où même tripie de celui qu'un siècle entier avait révélés.

Nous insisterons davantage sur les publications de ces 20 dernières années, car, c'est depuis lors seulement que l'iléus est devenu ce qu'il restera : une affection vraiment chirurgicale.

Parmi les travaux d'ensemble, nous trouvons outre l'essai de diagnostic différentiel entre l'appendicite et l'occlusion intestinale publié par Kolliker en 1897, les thèses de Raymond (1897), de Garin (1898), de Payan (1899). A l'étranger, Melzer et Funcke (1898) consacrent leur thèse inaugurale à ce sujet. Delore fait à la Société Nationale de Lyon une intéressante communication (1899).

Depuis cette époque presque tous les travaux portant sur l'ilèus biliaire ont été écrits à l'étranger. Hermann, en 1904 réunit 249 observations en une thèse, véritable: monument de compilation. Citons encore les noms de Benning, de Kollecker, de Carl, de Wilm.

Jn 1909, MM. Leriche et Cotte publient dans la Gazette des Hôpitaux un mémoire des plus intéressants sur l'iléus biliaire.

Enfin, pour terminer cet historique, disons que le lecteur trouvera, dans notre index bibliographique, les références concernant uncertain nombre de cas récents, dont beaucoup sont d'origine américaine,

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