‹ L'Iléus BiliaireChapitre 10 sur 28 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ÉTrIOLOGIE — FRÉQUENCE

L'occlusion intestinale par les pierres biliaires est une affection plutôt rare, moins cependant qu'on serait tenté de le croire à priori. Mossè, en 1881, en relevait 66 cas, Dagron, en 1891, 140, Gaillard, en 18%, en comptait 225, Hermann, en 1904, 249. Actuellement, on en pourrait citer plus de 450. Si on s’en rapporte à notre bibliographie, on en trouvera 106 que nous avons relevés sans peine depuis 1900.

Pour ce qui est de la fréquence relative de l'iléus biliaire par rapport aux autres maladies, Mayo Robson donnait, en 1895, le chiffre de 4 cas pour 80.000 malades de sa cliéntèle hospitalière ou privée, donc 1 pour 20.000. Moynihan rapporte qu'en 10 ans, de 1895 à 1905, on n’en aurait observé qu'un seul cas, à l'hôpital de Leeds, qui est, d'après lui, l'hôpital anglais où la lithiase biliaire est le plus fréquemment observée. Au London Hospital, sur 360 cas d'occlusion intestinale, 8 étaient dus à des calculs biliaires. (Bernard, 1902). Gibson, sur 646 observations d’'occlusion, en trouve 46 provoqués par des cholélithes. Jackson Clarke ne constate qu'une seule fois, sur 800 nécropsies, la présence d'un calcul biliaire dans l'intestin.

Les femmes sont beaucoup plus fréquemment attteintes que les hommes ; ceci est explicable par la plus grande fréquence de la cholélithiase dans le sexe féminin. Toutes les statistiques concordent dans ce sens: Kirmisson et Rochard donnent 1 à 2,8comme proportion ; Naunyn, 1 42 73: Gibson 1 à 3. Gonzalès trouve 1/4 pour les hommes et 3/4 pour les femmes ; Moynihan 1 homme pour 5 femmes. Cette

dernière proportion nous paraît se rapprocher le plus de la réalité,

Sur les observations que nous avons pu lire et où le sexe était indiqué, nous avons trouvé 5 homnies et 25 femmes,

Quant à l'âge, il n'est Pas sans importance. Exceptionnelle au-dessous de 40 ans cette affection frappe le plus souvent des individus ayant dépassé la cinquantaine. Sur 120 cas, Moynihan trouvait 96 malades de 41 à 60 ans. Pour nous, on l'observe à peu près aussi souvent entre 50 et 60 ans qu'entre 60 et 80.

La profession aurait-elle une influence ? Il est difficile de le savoir car les observations ne font pour ainsi dire jamais mention du métier exercé par les malades, peut-être parce que, vu leur âge habituel, sont-ils hors d'état de se livrer à une occupation quelconque. Les professions sédentaires y prédisposeraient-elles ? Gonzalès paraît incliné à le penser, sans en être certain cependant, puisque lui aussi n'a trouvé la profession indiquée qu'une ou deux fois seulement. En tout cas, dans la seule observation où il soit fait mention de l'activité de la malade (obs. V due à Coombs) celle-ci, âgée de 52 ans, «était robuste et habituée aux travaux de force » ;

Page 1