‹ L'Iliade, chant XVIIIChapitre 2 sur 30 · DU DIX-HUITIÈME CHANT DE L'ILIADE · texte numérisé non relu

DU DIX-HUITIÈME CHANT DE L'ILIADE

Antiloque vient apporter à Achille la nouvelle de la mort de Pa-trocle. — Douleur profonde d'Achille, dont les gémissements reten-tissent jusqu'au sein des eaux. — Thétis arrive aussitôt avec les Néréides pour consoler son fils. — Le voyant animé du désir de la vengeance, elle retarde son impatience guerrière et lui promet pour le lendemain une armure fabriquée par Yulcain. — Elle renvoie toutes les Néréides et se dirige vers l'Olympe. — Pendant ce temps, le combat se ranime autour des restes de Patrocle. — Hector était déjà maître du cadavre, si, poussé par Junon , Achille n'eût jeté l'épou-vante parmi les Troyens. — Aux approches de la nuit, les Grecs en-lèvent le cadavre, et le portent dans la tente d'Achille. — Les Troyens se rassemblent pour délibérer. — Polydamas leur conseille de rentrer au sein de la ville et de ne pas s'exposer aux fureurs d'Achille. — Ce sage avis est repoussé par Hector. — Les Troyens veillent en armes pendant toute la nuit. — Les Grecs gémissent sur la mort de Pa-trocle ; ils lavent le corps du héros, et le déposent sur un lit fu-nèbre. — Pendant qu'ils se livrent à ces tristes soins, Thétis arrive au palais de Vulcain. — Accueil bienveillant que Vulcain fait à la déesse. — Yulcain forge pour Achille cet immortel bouclier, dont la description couronne la fin de ce chant. Pendaul qu'ils combattent ainsi, semblables à la flamme ardente, Antiloque arrive, messager rapide, auprès d'Achille; il le trouve devant ses navires recourbés, en proie à la crainte d'un malheur qui déjà s'était accompli. Le héros, en gémissant, se disaiL en son cœur magnanime :

« Hélas! pourquoi donc les Achéens à la longue chevelure, dis-persés dans la plaine, fuient-ils encore avec épouvante vers leurs vaisseaux? Puissent les dieux ne pas accomplir les tristes événements que ma mère me prédit autrefois! Avant ma mort, disait-elle, le plus brave des Myrmidons, dompté par les mains des Troyens, quitterait la lumière du soleil. Ah! sans doute le valeureux fils de Ménétius a déjà L'ILIADE D'HOMÈRE CHANT XVIII FABRICATION-DES-ARMES Ainsi ceux-ci combattaient comme le feu ardent; mais Antiloque vint messager rapide quant aux pieds auprès d'AchiHe.

Or il trouva devant les vaisseaux à-proue-droite lui (Achille), songeant dansson esprit aux choses qui déjà étaient accomplies; et ayant donc gémi il (Achille) disait à (en) son cœur magnanime :

a Hélas à moi, pourquoi donc de nouveau les Achéens chevelus sont-ils poussés vers leurs vaisseaux, fuyant-effrayés à travers la plaine?

Je crains que les dieux certes n'aient accompli pour moi des chagrins funestes dans mon cœur, comme autrefois ma mère le révéla à moi, et elle dit à moi le plus brave des Myrmidons, moi vivant encore, devoir quitter la lumière du soleil sous les mains des Troycns.

Le fils courageux de Ménétius succombé! L'infortuné! Je lui avais cependant recommandé de re-venir après avoir repoussé les feux ennemis, et de ne point lutter avec Hector.

Tandis qu'il agite ces pensées dans son esprit et dans son cœur, le fils de l'illustre Nestor s'approche de lui, en versant des larmes brû-lantes, et lui annonce la triste nouvelle :

« Hélas ! fils du belliqueux Pélée, tu vas apprendre un affreux JDalheur, que les dieux auraient dù nous épargner. Patrocle n'est plus; et l'on combat autour de son cadavre dépouillé; car ses armes sont devenues la proie d'Hector au casque étincelant. »

Il dit. Un sombre nuage de douleur enveloppe le héros. Il remplit ses deux mains de la cendre du bois consumé, la répand sur sa tête, et souille son noble visage. La cendre noire s'attache à sa superbe tunique; lui-même, étendu dans la poussière, couvre de son vaste corps un vaste espace; il flétrit sa chevelure qu'il arrache avec ses bien certainement déjà est mort; infortuné !

Certes j'ordonnais lui, ayant repoussé le feu ennemf, venir en arrière (revenir) vers les vaisseaux, et ne point combattre par la force avec Hector. »

Tandis que lui agitait ces choses dans son esprit et dans son cœur, pendant-ce-tenips le fils de l'illustre Nestor vint à lui tout-près, versant des larmes chaudes, et lui dit cette nouvelle pénible :

Hélas à loi, fils du belliqueux Pélée, tu apprendras une nouvelle certes tout-à-fait triste, laquelle aurait dû ne pas arriver.

Patrocle est-gisant; et déjà ils combattent-autour du cadavre nu (dépouillé); car Hector au-casque-varié a les armes du héros. »

Il dit ainsi; et un nuage sombre de douleur couvrit (enveloppa) lui (Achille).

Et ayant pris de ses deux mains une poussière noircie-par-la-fumée, il la versa sur sa tête, et souilla son visage gracieux ; et la cendre noire s'attacha-autour de sa tunique divine.

Or lui-même grand gisait dans la poussière étendu sur-un-grand-espace, et souillait sa chevelure en l'arrachant de ses mains.

Et les esclaves, mains. Les captives, riche butin d'Achille et de Patrocle, jettent des cris de douleur et de désespoir; elles sortent de la tente et accourent auprès du belliqueux Achille; elles se frappent la poitrine, et chacune d'elles sent fléchir ses genoux. Antiloque aussi gémit en versant des larmes; il tient les mains d'Achille qui soupire en son noble cœur; car il craint que le héros ne se coupe la gorge avec le fer. Achille poussait des gémissements affreux; sa vénérable mère, qui, près du vieux Nérée , était assise dans les profondeurs des eaux, entend sa voix, et soudain elle y répond par des sanglots. Alors se rassemblent autour d'elle toutes les Néréides qui habitent les profonds abîmes de l'Océan. Là viennent Glaucé, Thalie, Cymodocé, Nésaea, Speïo, Thoé, Halie au regard imposant, Cymothoé, Actée, Limnorée, Mélilc, 1ère, Amphithoé, Agavé, Doto, Proto, Phéruse, Dynamène, Dexamène, Amphinome, Callianire, Doris, Panopé, l'illustre Galatée, Némertès, qu'avait emmenées-comme-butin Achille ainsi-que Patiocle, étant affligées dans leur cœur poussaient-des-cris grands ; et elles coururent hors-de-la-porte autour du belliqueux Achille, et toutes avec leurs mains se frappèrent la poitrine, et les genoux de chacune furent déliés (détendus).

Et Antiloque d'un-autre-côté se lamentait, versant des larmes, tenant les mains d'Achille (or celui-ci gémissait dans son noble cœur); car il craignait qu'il ne coupât sa gorge avec le fer.

Or Achille gémit horriblement; et sa vénérable mère l'entendit, assise auprès de son vieux père dans les profondeurs de la mer; et elle sanglota donc ensuite ; alors toutes les déesses Néréides qui étaient dans le fond de la mer, se rassemblèrent-autour d'elle.

Là donc était et Glaucé, et Thalie et Cymodocé, Nésaea et Speio, et Thoé et Halie aux-yeux-de-génisse, et Cymothoé et Actée et Limnorée, et Mélite et 1ère, et Amphithoé et Agavé, et Doto et Proto, et Phéruse et Dynamène, et Dexamène et Amphinome et Callianire.

Doris et Panopé et l'illustre Galatée, Apseudès, Callianasse; là viennent encore Clymène, lanire, lanasse, Maira, Orithyie, Amalhée à la belle chevelure, et les autres Néréides qui habitent les profonds abîmes de l'Océan. Elles remplissent la grotte éclatante de blancheur, et toutes à la fois se frappent la poi-trine. Thétis la première exhale sa douleur en ces termes :

t Ecoutez-moi, Néréides mes sœurs , et vous saurez bientôt de quelles douleurs mon âme est consumée. Ah ! malheureuse ! Mère infortunée du plus valeureux des guerriers! Je mis au monde un fils irréprochable et vaillant, un fils, le plus distingué des héros, qui s'était développé comme une jeune plante; après l'avoir élevé comme l'arbrisseau qui croît dans un terrain fertile, je l'envoyai vers Iiion sur des vaisseaux recourbés pour combattre les Troyens; ce fils, je ne le recevrai plus, à son retour, dans les demeures de Pélée. Mais tan-dis qu'il respire encore et qu'il voit la lumière du soleil, il est plongé dans la tristesse, et je ne puis le secourir ! Cependant je veux aller et Némertès et Apseudès et Callianasse ; là aussi était Clymène, et lanire et lanasse, et Maïra et Oiithyie , et Amathée aux-belles-tresses, et les autres Néréides qui étaient dans le fond de la mer.

Or la grotte éclatante-de-blancheur était remplie de celles-ci; et elles toutes à la fois se frappèrent la poitrine; et Thétis commença les gémissements:

« Écoutez, Néréides mes sœurs, afin que toutes en m'entendant vous sachiez bien combien de clia-sont-dans mon cœur. [grins Hélas à moi, moi malheureuse!

Hélas à moi mère-infortunée-d'un-hérosl Moi qui après que donc j'eus enfanté un fils et irréprochable et puissant, le plus distingué des héros (or celui-ci avait grandi semblable à une plante), moi à la vérité ayant élevé lui, comme une plante dans la partie-fertile d'une l,laine, j'envoyai dans Ilion sur des vaisseaux recourbés lui, devant combattre les Troyens; mais je ne recevrai plus de nouveau lui, étant revenu dans-sa-patrie, dans la demeure de-Pélée.

Et tandis qu'il vit à moi et qu'il voit la lumière du soleil, Il est aflIigé, et je ne puis étant allee voir ce fils chéri, et je saurai quel chagrin i'afUige, depuis cjirii se tient éloigné du combat. s A ces mots, elle quitte la grotte; les Néréides l'accompagnent en pleurant, et les flots de la mer s'écartent devant elles. Lorsqu'enfin elles sont arrivées dans les plaines fertiles de Troie, elles vont se placer en ordre sur le rivage, à l'endroit où sont rangés près du ra-pide Achille les nombreux vaisseaux des Myrmidons. Tandis qu'il pousse de profonds soupirs, son auguste mère s'approche de lui, et, serrant dans ses bras la tête de son fils, elle laisse échapper des sanglots, et prononce, en gémissant, ces paroles qui volent rapides :

« Pourquoi pleures-tu, mon enfant? Queile douleur pénètre ton âme? Parle, ne me cache rien; Jupiter a exaucé les vœux que tu for-mais jadis, lorsque, les mains levées vers le ciel, tu le suppliais de repousser près des navires les Achéens, privés de ton secours, et de leur faire subir d'indignes outrages. » secourir lui en quelque chose.

Mais j'irai, afin que je voie ce fils chéri, et que j'apprenne quelle douleur est venue à lui, restant loin du combat. »

Ayant donc parlé ainsi, elle quitta la grotte; et celles-ci allèrent avec elle fondant-en-larmes.

et le flot de la mer se brisait autour d'elles.

Et lorsque celles-ci enfin furent arrivées à Troie aux-fertiles-mottes-de-terre, elles montèrent-sur le rivage à-la-file (par ordre), là-où avaient été tirés [dons les vaisseaux nombreux desMyrmi-autour du rapide Achille.

Or sa mère vénérable se présenta à lui gemissant-profondément, et ayant sangloté fortement elle prit la tête de son fils; et donc gémissant, elle dit-à lui ces paroles ailées :

a Jfonenfant, pourquoi pleures-tu?

Et quelle douleur est venue à toi dans ton cœur ?

Parle, ne le cache pas; ces choses à la vérité certes ont été accomplies pour toi de-la-part-de Jupiter, [du moins comme (celles que) donc auparavant tu demandais-avec-prière, ayant levé les mains, tous les fils des Aehéens être refoulés auprès des vaisseaux, manquant de toi, et souffrir des choses indignes. »

Achille aux pieds légers lui répond en poussant de profonds gémis-sements :

« Ma mère, le maitre de l'Olympe a exaucé mes vœux; mais que m'en revient-il, puisque Patrocle, mon fidèle compagnon, a péri, lui que j'honorais au-dessus de tous les guerriers, et dont la tête m'était aussi chère que la mienne? Je l'ai perdu; Hector, après l'avoir im-molé, lui a ravi sa belle et riche armure, admirable merveille, présent superbe dont les dieux firent hommage à Pélée le jour où ils vous firent partager la couche d'un mortel. Ah! plût au ciel que vous fussiez restée parmi les déesses de la mer, et que Pélée eût pris une mortelle pour épouse ! Vous souffrirez donc au fond de l'âme une amère douleur, quand votre fils aura péri ; vous ne le recevrez pas de retour dans la patrie ; car je ne veux plus désormais vivre et rester parmi les hommes, à moins que, frappé par ma lance, Or Achille rapide quant aux pieds gémissant-profondément dit-à elle s

« Ma mère, Jupiter Olympien a accompli donc à la vérité ces choses pour moi ; mais quel plaisir (avantage) est à moi de ces choses, puisque mon compagnon chéri, Patrocle, a péri, lequel moi j'honorais au-dessus de tous mes compagnons, à-l'égal-de ma tête?

J'ai perdu celui-ci ; et Hector l'ayant tué l'a dépouillé de ses armes prodigieuses, belles, merveille (admirables) à voir; lesquelles à la vérité les dieux donnèrent à Pélée comme présents superbes, en ce jour lorsque (où) ils te placèrent-dans la couche d'un homme mortel.

Tu aurais bien dû à la vérité habiter là-même parmi les immortelles de-Ia-mer, et Pélée aurait bien dù emmener une épouse mortelle! [mortel, Mais maintenant tu as épousé un afin qu'une douleur Immense fût à toi aussi dans ton cœur, ton fils ayant péri, lequel tu ne recevras plus de nouveau, étant revenu dans-la-patrie; car mon cœur n'engage moi ni à vivre, ni à rester-parmi les hommes, à moins que Hector le premier ayant été frappé par ma lance n'ait perdu le souffle-vital, Hector ne perde la vie et n'expie la mort de Patroclc, fils de Méné-tius. s Thétis, fondant en larmes, réplique en ces termes : a Il te restera peu de jours à vivre, mon enfant, si tu accomplis ton dessein; car la mort doit te frapper aussitôt après Hector. » Achille, aux pieds légers, répond le cœur gouflé de douleur : « Que je meure à l'instant, puisque je n'ai pu secourir mon com-pagnon qu'on a immolé! Hélas! Patrocle a succombé loin de sa patrie; il ne m'a pas eu à ses côtés pour écarter de lui le coup fatal. Je ne dois plus retourner dans ma chère patrie, puisque je n'ai sauvé ni Patrocle, ni les nombreux amis qui sont tombés sous les coups du divin Hector; inutile fardeau de la terre, je reste assis près de mes vaisseaux, et pourtant il n'est parmi les Achéens aux cuirasses d'airain aucun guerrier plus valeureux que moi dans les combats; mais il en est qui me surpassent dans le conseil. Ali ! périsse la discorde parmi les dieux et parmi les hommes ! Périsse la colère qui entraîne dans et n'ait payé des peines-pour-Ie-meurtre de Patrocle fils-de-Ménétius. »

Or Thétis, versant des larmes, dit-à lui à son lour :

« Tu seras certes pour moi d'un-court-deslin, mon enfant, d'après ce que tu dis; car le trépas est préparé à toi aussitôt ensuite après Hector. »

Et Achille rapide quant aux pieds ayant gémi grandement dit-à elle:

« Que je meure à l'instant !

Puisque donc je ne devais pas secourir mon compagnon tué; celui-ci à la vérité a péri bien loin de sa patrie, et il manqua de moi, pour être son protecteur contre le malheur, Mais maintenant, puisque je ne retournerai certes pas dans la terre chérie de-la-patrie, et que je n'ai pas été en quelque chose-une lumière (un sauveur) pour Patrocle, ni pour les autres compagnons, qui certes nombreux ont été domptés par le divin Hector ; mais je suis assis près des vaisseaux, fardeau inutile de la terre, étant tel que n'est dans la guerre aucun des Achéens aux-tuniques-d'airain ; mais d'autres aussi sont meilleurs dans le conseil.

Plaise-au-ciel-que la dispute périsse bannie et d'entre les dieux et d'entre les hommes, :linc:.i-mu. la nnJàrn des emportements même le plus sage, la colère qui, plus douce que le miel liquide, augmente, comme une fumée, dans le cœur des mor-tels : tel est le courroux qu'a excité en moi Agamemnon, roi des hommes ! Mais oublions le passé, malgré notre douleur; sachons sou-mettre notre âme à la nécessité impérieuse. Oui, je volerai au combat ; je veux atteindre Hector, le meurtrier d'une tête si chère, puis moi-même je subirai la mort, lorsque Jupiter et les autres immortels en auront prononcé l'arrêt. Le vaillant Hercule lui-même n'a pu échapper à la Destinée , et cependant il était cher au souverain Jupiter, fils de Saturne ; il périt, dompté par la sombre Parque et par la haine impla-cable de Junon. S'il est vrai qu'un semblable destin me soit réservé, je serai de même enseveli après ma mort. Puissé-je seulement aujourd'hui remporter une glorieuse victoire! puissé-je contraindre lesTroycnnes et les Dardaniennes aux belles poitrines à essuyer de leurs mains les larmes qui inonderont leurs joues délicates, et à pousser de profonds ILIADE. XVIII. Á,,,:-X,\!I/',., 2

qui a poussé à sévir

l'homme même très-sensé ;

qui beaucoup plus douce

que le miel qui-découle

augmente, commela fumée,

dans la poitrine des hommes;

comme (c'est ainsi que) Agamemnon

prince des hommes

a irrité moi maintenant.

Mais laissons à la vérité ces choses

avoir été faitcs-auparavant,

quoique, étant affligés,

ayant dompté par la nécessité

, notre cœur dans notre poitrine.

Maintenant donc j'irai,

afin que je trouve Hector,

meurtrier d'une tête chérie,

et moi alors je recevrai la mort,

lorsque Jupiter enfin

voudra accomplir cela

ainsi-que les autres dieux immortels.

Car ni la force d'Hercule

n'a pas même échappé à la mort,

Lui qui-cependant était très-cher

au souverain Jupiter fils-de-Salurne;

mais la Destinée

et la colère funeste de Junon

dompta lui.

Ainsi moi aussi je serai-gisant,

après que je serai mort,

si certes un destiu semblable

est préparé à moi

mais maintenant puissé-je remporter

une noble gloire ;

et puissé-je Réduire quelqu'une

des Troyennes et des Dardaniennes

au-sien-profond,

à gémir fortement,

ayant essuyé avec les deux mains

-r--TT!5"T8<ines de ses joues tendres; soupirs : qu'elles reconnaissent que je suis resté longtemps loin des combats. Quel que soit votre amour, ô ma mère, ne cherchez plus à me retenir; car vous ne sauriez me persuader. Il ThéLis, la déesse aux pieds d'argent, lui répond aussitôt :

« Tu dis vrai, ô mon fils ; il est glorieux sans doute d'écarter de ses amis en péril le malheur affreux qui les menace ; mais tes belles armes d'airain, ces armes étincelantes, sont au pouvoir des Troyens; Hector au casque rayonnant est fier d'en couvrir ses épaules ; certes je ne pense pas qu'il doive longtemps se glorifier de cette dépouille, car la mort le menace de près. Toi, ne pénètre point dans les sanglantes batailles, avant de m'avoir vue de retonr en ces lieux. Demain, au lever du soleil, je t'apporterai des armes magnifiques, fabriquées par l'illustre Vulcain, »

Après avoir ainsi parlé, elle s'éloigne de son fils, et, se tournant vers ses sœurs, les déesses de la mer, elle leur dit :

« Rentrez dans les vastes profondeurs de l'Océan; retournez auprès et qu'elles reconnaissent que moi déjà pendant-longtemps j'ai cessé le combat.

Ne m'écarte pas du combat, quoique m'aimant; tu ne me persuaderas pas. »

Et ensuite Thétis déesse aux-pieds-d'argent répondit à lui :

« Certes du moins, mon fils, tu as dit ces choses véritablement ; il n'est pas sans-honneur d'écarter la perte épouvantable de ses compagnons épuisés; mais les belles armes à toi, d'-airain, resplendissantes, sont retenues parmi les Troyens ; Hector au-casque-varié se glorifie [épaules; ayant lui-même celles-ci sur ses et je ne dis (pense) pas lui devoir s'en réjouir longtemps, puisque la mort est à lui tout-près.

Mais toi à la vérité ne pénètre pas encore dans le travail de Mars, avant du moins que de les yeux tu n'aies vu moi revenue ici.

Car je reviendrai dès-l'aurore, avec le soleil se levant.

apportant des armes belles de chez le souverain Vulcain. »

Ayant donc parlé ainsi, elle se tourna en arrière (s'éloigna) de son fils; et elle dit-au-milieu de ses sœurs de-la-mer, s'étant tournée vers elles: [nant

a Vous à la vérité pénétrez mainte-dans le vaste sein de la mer, du vieux Nérée, dans les demeures paternelles, et racontez-lui tout. Moi, je monte dans les hauteurs de l'Olympe auprès du célèbre arti-san Vulcain; je vais lui demander pour mon fils une belle et brillante armure. »

Elle dit; et les Néréides se plongent aussitôt dans les flots de la mer; Thétis , la déesse aux pieds d'argent, se dirige vers l'Olympe, afin d'en rapporter à son fils chéri une noble armure.

Tandis qu'emportée dans sa course elle monte vers l'Olympe, les Achéens, fuyant, au milieu d'un horrible tumulte, devaut l'homicide Hector arrivent à leurs vaisseaux près de l'Hellespont. Les Grecs aux belles chémides n'auraient pu entraîner hors des traits le corps de Pa-trocle, compagnon d'Achille; carie cadavre avait de nouveau été at-teint par les guerriers, par les chevaux et par Hector, fils de Priam, pa-reil à la flamme rapide. Trois fois le brillant Hector le saisit par les pieds, impatient de l'entraîner, et de sa voix retentissante il encourage les Troyens; trois fois le< deux Ajax, revêtus d'une force impétueuse, devant voir et le vieillard de-la-mer et les demeures de mon père, et dites tout à lui; et moi j'irai dans l'Olympe élevé auprès de Vulcain célèbre-artisan, pour voir s'il voudra donner à mon fils d'illustres armes resplendissantes. a

Elle dit ainsi; et celles-ci aussitôt pénétrèrent sous le flot de la mer ; et elle de son côté, Théiisla déesse aux-pieds-d'argent, alla vers-l'Olympe, afin qu'elle rapportât à son fils chéri des armes illustres.

Les pieds donc à la vérité portaient elle vers-l'Olympe ; et les Achéens fuyant avec un cri immense sous l'homicide Hector, arrivèrent et à leurs vaisseaux et à l'Hellespont.

Et les Achéens aux-belles-cnémidei n'auraient pas entraîné du moins hors des traits Patrocle mort, serviteur d'Achille; car de nouveau encore et le peuple et les chevaux, ,et Hector fils de Priam, pareil à la flamme quant à M force; atteignirent lui.

Trois-fois d'un côté le brillant Hector le prit par les pieds par derrière, désirant-vivement l'entraîner, et criait grandement aux Troyens ; trois-fois d'un autre côté les deux Ajax, revêtus (armés) d'un courage impétueux, le repoussent loin du cadavre ; mais le héros, plein de confiance dans sa valeur, tantôt s'élance intrépide au milieu de la mêlée, tantôt s'arrête en poussant des cris terribles, mais ne recule pas. De même que, dans les champs, des bergers ne peuvent éloigner d'un cadavre un lion ardent qu'aiguillonne la faim : de même les deux Ajax, ces vaillants guerriers, ne peuvent repousser loin de Patrocle Hector fils de Priam. Hector aurait entraîné le corps et se serait couvert de gloire, si la légère Iris, aux pieds rapides, n'était venue de l'Olympe, à l'insu de Jupiter et des autres dieux, pour ordonner à Achille de prendre les armes; c'est Junon qui l'avait envoyée. La messagère s'arrête près du guerrier et lui adresse ces paroles qui volent rapides :

a Lève-toi, fils de Pélée, toi le plus redoutable des hommes; cours défendre les restes de Patrocle , pour qui, devant les vaisseaux, se livre un combat acharné. Les Grecs et les Trcyens s'immolent à l'envi, le repoussèrent-loin du mort; mais lui, confiant dans sa force, tantôt s'élançait ferme à travers la mêlée, et tantôt au contraire s'arrêtait criant grandement ; mais il ne se retirait pas du tout en arrière.

Or comme des bergers qui-campent-dans les-champs ne peuvent pas écarter d'un corps un lion plein-de-feu ayant-faim grandement :

ainsi donc les deux Ajax armés-d'un-casque ne pouvaient pas effrayer-et-éloigner du mort Hector fils-de-Priam, Et il l'aurait entraîné, et il aurait remporté une gloire immense, si la prompte Iris aux-pieds-rapides-comme-Ie-vent, accourant de l'Olympe à-l'insu-de Jupiter et des autres dieux, n'était venue messagère à Achille pour lui recommander de s'armer; car Junon avait envoyé celle-ci.

Et se tenant près de lui elle lui adressa ces paroles ailées ;

a Lève-toi, fils-de-Pélée, le plus terrible de tous les hommes; porte-secours à Patrocle, à cause duquel une lutte violente est engagée devant les vaisseaux.

Or ceux-ci (les Grecs et les Troyens) se font-périr les-uns-les-autres, les uns, combattant les uns pour protéger le cadavre, les autres impatients de l'cntraîner dans les murs d'ilion battue des vents; le brillant Hector est le plus ardent de tous les guerriers ; il brûle de fixer sur un pieu la tête de ce héros, après l'avoir séparée du cou délicat. Lève-toi donc ; sors de ton repos; ne permets pas que Patrocle devienne le jouet des chiens d'ilion. Quel opprobre pour loi, si le corps de ton ami venait à subir quelque outrage ! »

Le divin Achille, aux pieds rapides, lui dit alors : Il Divine Iris, quelle divinité t'a donc envoyée vers moi? » La légère Iris, aux pieds rapides, lui répond aussitôt :

« C'est Junon, l'auguste épouse de Jupiter, qui m'a envoyée à l'insu du fils de Saturne qui siège sur son trône élevé, et des autres im-mortels qui habitent les cimes neigeuses de l'Olympe. » Achille, aux pieds rapides, lui réplique en ces termes :

« Comment irais-je au combat? Les Troyens se sont emparés de mes armes, et ma mère chérie ne me permet pas de prendre part à pour le cadavre mort, les autres, les Troyens, désirent-vivement l'entraîner vers Ilion battue-par-les-vents; et le brillant Hector surtout est-inipatient-de l'entraîner; or son cœur l'engage à ficher sur des pieux la télé de Patrocle, l'ayant coupée du cou tendre.

Mais debout, et ne sois plus couché; et que la honte vienne à toi dans ton cœur, de voir Patrocle devenir un jouet pour les chiens troyens; à toi sera l'opprobre, si en quelque chose le cadavre vient (vient à être) défiguré, n [des

Etle divin Achilleaux-pieds-rapi-répondit ensuite à elle.

« Déesse Iris, qui donc des dieux t'a envoyée à moi comme messagère?"

Et la prompte Iris aux-pieds-rapides-comme-le-vent dit-à lui à son tour :

- L'illustre épouse de Jupiter, Junon a envoyé moi; ni le fils-de-Saturne assis-sur-un-trône-élevé, ni quelque autre des immortels, qui habitent l'Olympe lout-couvert-de-neige, ne le sait. »

Or Achille rapide quant aux pieds répondant dit-à elle :

« Comment donc irais-je vers le combat ?

Or ceux-ci ont mes armes; et ma mère chérie la lutte avant que de mes yeux je l'aie vue de retour en ces lieux.- car elle a promis de m'apporter une magnifique armure fabriquée par Vulcain. Je ne vois pas d'armes illustres que je puisse revêtir, si ce n'est le bouclier d'Ajax, fils de Télamon, Mais il est lui-même, je pense, aux premiers rangs, immolant des guerriers avec sa lance pour venger Patrocle. »

La légère Iris, aux pieds rapides, lui dit à son tour :

« Nous savons bien que tes armes sont au pouvoir des ennemis ; mais avance vers le fossé, et là, apparais aux Troyens; peut-être alors les Troyens, frappés d'épouvante, s'abstiendront de combattre, et les fils belliqueux des Achéens respireront après tant "de fatigues, et goûteront un court moment de repos. »

A ces mots, la prompte Iris disparaît. Achille, cher à Jupiter, se lève; Miaerve jette sur les épaules du héros l'égide aux belles frangrs; et l'auguste déesse répand autour de sa tête un nuage d'or, d'où elle ne permettait pas (a défendu) moi m'armer auparavant du moins, avant que de mes yeux j'aie vu elle étant revenue; car elle promit de m'apporter des armes illustres de chez Vulcain.

Et je ne sais pas quelque autre, dont je revêtirais les armes illustres; si ce n'est du moins le bouclier d'Ajax fils-de-Télamon.

Mais celui-ci, je crois, se trouve aussi lui-même parmi les premiers, tuant avec sa lance [mort. »

au-sujet-de (pour défendre) Patrocle

Et la prompte Iris aux-pieds-rapides-comme-le-vent dit-à lui à son tour :

« Nous aussi nous savons bien que les armes illustres à toi sont retenues par les ennemis; mais étant allé ainsi vers le fossé, montre-toi aux Troyens, pour voir si par hasard les Troyens ayant redouté toi 1 s'abstiendront de la guerre, et si les fils belliqueux des Achéens étant accablés maintenant respireront ; et un court repos de la guerre sera.»

Iris donc prompte quant aux pieds s'en alla ayant dit ainsi.

Et Achille cher à Jupiter se leva; et Minerve [tes jeta-tout-autour de ses épaules robus-l'égide garnie-de-franges ; et la plus divine des déesses répandit-autour de la tête à lui un nuage d'-or, et alluma (fit jaillir) de celui-ci fait jaillir une flamme brillante. De même que du sein d'une ville, située dans une ile lointaine qu'entoure l'ennemi, la fumée s'élève dans les airs; pendant tout le jour, les assiégés soutiennent hors de la ville un horrible combat; mais, dès le coucher du soleil, des feux nombreux sont allumés, et leur clarté se reflète au loin dans les airs, alin que les peuples voisins, apercevant ces signaux, viennent sur Jaurs navires pour repousser l'attaque : de même au-dessus de la tête d'Achille brille une flamme dont l'éclat se répand dans les airs. Achille s'arrête sur les bords du fossé; il ne se mêle point à la foule des Achéens; car il respecte les sages avis de sa mère. Il pousse un cri ; à sa voix répond au loin celle de Minerve ; et parmi les Troyens s'élève un affreux tumulte. De même que retentit le son distinct de la trompette, lorsque les ennemis qui entourent une ville donnent le signal •. de même retentit la voix du descendant d'Éaque. Au bruit une flamme toute-brillante.

Or comme lorsque la fumée étant allée hors (sortie) d'une ville va (s'élève) dans l'air, d'une île au loin, autour de laquelle combattent les ennemis, et les assiégés pendant-tout-Ic-jour sortant de leur ville combattent par un Mars (combat) horrible; mais avec le soleil se couchant et des torches nombreuses brûlent, et leur clarté apparaît s'élevant en-haut (dans les airs), pour être vue par les voisins, si par hasard ceux-ci viendraient avec leurs vaisseaux comme protecteurs contre le mal-ainsi l'éclat qui s'échappe [heur ?

de la tête d'Achille arrivait dans l'air.

Or il s'arrêta étant venu sur le fossé en dehors du mur; et il ne se mêlait point aux Achéens; car il respectait l'ordre prudent de sa mère.

S'étant tenu là il cria; et Pallas Minerve fit-en tendre-sa-voix loin de lui; et il excita-parmi les Troyens un tumulte immense.

Or comme lorsque une voix se fait entendre très-claire, quand la trompette a retenti par les (du côté des) ennemis qui-détruisent-la-vie entourant une ville :

ainsi alors fut très-claire de cette voix d'airain, les Troyens se sentent vivement émus jusqu'au fond de l'âme ; les coursiers à la belle crinière font retourner les chars ; car ils pressentent un horrible malheur. Les écuyers sont saisis d'ef-froi, lorsqu'ils voient briller sur la tête du magnanime fils de Pélée ce feu terrible, infatigable, qu'alluma Minerve, la déesse aux yeux d'azur. Trois fois sur les bords du fossé le divin Achille jette de grands cris , trois fois les Troyens et leurs illustres alliés s'enfuient en dé-sordre. Là périssent douze guerriers des plus vaillants, embarrassés dans leurs chars et percés de leurs propres lances. Les Achéens joyeux entraînent Patrocle hors de la portée des traits, et le déposent sur un lit; de fidèles compagnons l'entourent en gémissant; Achille aux pieds rapides, qui marche derrière eux, verse des larmes brû-lants, à la vue de ce compagnon chéri, étendu sur une civière, percé par l'airain aigu. Achille l'avait envoyé sur le champ de ba-la voix du descendant-d'lîaque.

Or lorsque donc ceux-ci eurent entendu la voix d'-airain du descendant-d'Éaque, le cœur à tous fut troublé; et les chevaux à-Ia-belle-crinière tournaient les chars en arrière ; car dans leur cœur ils pressentaient des malheurs.

Et les conducteurs furent effrayés, quand ils eurent vu le feu terrible infatigable brûlant sur la tête du magnanime fils-de-Pélée; et la déesse aux-yeux-bleus Minerve allumait ce feu.

Trois-fois le divin Achille cria grandement sur le fossé; et trois-fois les Troyens et les alliés illustres furent mis-en-désordre.

Et là alors aussi périrent douze hommes les meilleurs embarrassés dans leurs chars et percés de leurs lances.

Mais les Achéens ayant retiré avec-joie Patrocle hors des traits, le déposèrent sur un lit; et des compagnons chéris setenaient-près de lui en gémissant :

et Achille aux-pieds-rapides suivait-avec eux, versant des larmes chaudes, lorsqu'il vit son compagnon fidèle, étendu sur une civière, percé par l'airain aigu; lequel certes à la vérité il avait envoyé à la guerre taille avec des chars et des chevaux, mais il ne le reçut point à son retour.

La vénérable Junon, au regard imposant, ordonne au soleil infati-gable de se plonger dans les (lots de l'Océan. Le Soleil disparaît, et les divins Achéens cessent la terrible mêlée et le combat si funeste à tous.

Les Troyens, de leur côté, s'étant retirés de cette sanglante ba-taille , détachent des chars les chevaux rapides , et se réunissent en assemblée avant de songer au repas du soir. Tous se tiennent debout, aucun d'eux n'ose s'asseoir : tant les a frappés l'apparition d'Achille qui, depuis longtemps, s'était éloigné des funestes combats. Le pru-dent Polydamas, fils de Panthoüs, prend le premier la parole; mieux que les autres, il connaissait l'avenir et le passé; il était le compa-gnon d'Hector, et tous deux étaient nés la même nuit. L'un l'emportait par l'éloquence, l'autre par la valeur. Polydamas leur dit alors avec bienveillance ; ■avec des chevaux el un char, et il ne reçut plus de nouveau lui étant revenu.- Or la vénérable Junon aux-yeux-de-génisse envoya inalgré-lui le Soleil infatigable vers les courants de l'Océan pour revenir ; le Soleil à la vérité se coucha, et les divins Achéens cessèrent la mêlée terrible et le combat général.

Et d'un-autre-côté à leur tour les Troyens, s'étant retirés de cette lutte terrible, détachèrent de dessous les chars > les chevaux rapides ; et ils se réunirent pour se rendre à l'assemblée, avant de prendre-soin du repas.

Et une assemblée eut-lieu d'eux se tenant droits, et aucun n'osa s'asseoir; car la crainte les tenait tous, parce qu'Achille avait paru, or il s'était abstenu longtemps du combat déplorable.

Alors le prudent Polydamas, fils-de-Panlhoüs, commença à parler à eux; car lui seul voyait [passé) ; en avant et en arrière (l'avenir et le or il était compagnon d'Hector, et ils naquirent dans la même nuit ; mais l'un l'emportait de beaucoup par les discours, l'autre par la lance; celui-ci étant-bien-intentionné harangua et dit-au-milieu d'eux;

« Amis, délibérez avec sagesse. Pour moi, je vous engage à rentrer à l'instant dans la ville, à ne point attendre le retour de la divine aurore, dans la plaine, en face de la flotte des Grecs; car nous sommes bien loin des remparts. Tant que dura le courroux d'Achille contre le divin Agamemnon, les Achéens étaient plus faciles à combattre; je me réjouissais moi-même de rester près des rapides vaisseaux, dans l'espoir que nous nous emparerions de ces navires qui se balancent surles flots. Mais maintenant je redoute fort l'impétueux fils de Pélée; avec son âme violente, il ne voudra point rester dans la plaine, où les Troyens et les Grecs, dans l'intervalle qui sépare les deux camps, se portent des coups mutuels; mais il combattra pour s'emparer de not., ville et de nos femmes. Allons, croyez-moi, retirons-nous dans la ville; car il en sera ainsi. En ce moment la nuit divine arrête l'im-pétueux fils de Pélée; mais si demain, s'élançant en armes, il nous retrouve en ces lieux, chacun de nous saura bien le reconnaître. Celui qui pourra s'enfuir regagnera volontiers les murs sacrés d'Ilion; car beaucoup de Troyens deviendront la proie des chiens et « Examinez bien, mes amis; car moi je vous invite à aller maintenant à-la-ville, à ne pas attendre l'aurore divine dans la plaine auprès des vaisseaux ; or nous sommes loin du mur.

Tant que cet homme à la vérité était irrité contre le divin Agamemnon, aussi-longtemps donc les Achéens étaient plus faciles à combattre; car nToi je me réjouissais [des, séjournant près des vaisseaux rapi-espérant prendre les vaisseaux ballottés-par-les-eaux.

Mais maintenant je crains fortement le fils-de-Pélée aux-pieds-rapides ; tel qu'est l'esprit violent de lui, il ne voudra pas rester dans la plaine, où les Troyons et les Achéens se partagent les-uns-et-les-autres dans le milieu la fureur de Mars, mais il combattra et pour notre ville et pour nos femmes.

Mais allons vers la ville; croyez moi ; car il en sera ainsi.

Maintenant à la vérité la nuit divine a fait-cesser le fils-de-Pélée aux-pieds-rapîdes ; mais si demain, s'étant élancé avec ses armes, il trouve nous étant ici, chacun reconnaîtra bien lui ; car celui qui aura fui, arrivera volontiers dans Ilion sacrée; et les chiens et les vautours des vautours. Ah! plaise aux dieux qu'une semblable nouvelle ne frappe jamais mon oreille! Mais si, quoi qu'il vous en coûte, vous obéissez à mes avis, toute la nuit dans l'assemblée nous contiendrons notre ardeur à combattre ; et les tours, les portes élevées, munies de longs, de forts et de solides battants, protégeront la ville. Demain, dès l'aurore, nous nous tiendrons en armes sur le haut des tours ; et malheur à lui, s'il veut, loin de ses navires, attaquer nos remparts. C'est alors qu'il s'en retournera vers ses vaisseaux, après avoir épuisé ses nobles chevaux en courses errantes autour de notre ville. Achille n'aura point assez de cœur pour pénétrer dans Ilion, et jamais il ne. la renversera ; mais il deviendra la proie des chiens dévorants. i

Hector, au casque étincelant, le regarde d'un œil irrité et lui dit :

« Polydamas, tes paroles sans doute ne peuvent me plaire. Quoi! tu nous ordonnes de nous retirer encore dans la ville? Mais n'êtes-vous point las de rester renfermés dans vos tours! Jadis on disait mangeront beaucoup des Troyens; plût-au-cietque cela fût ainsi (comme je l'espère) loin de l'oreille à moi !

Mais si, quoique étant tristes, nous obéissons à mes paroles, pendant la nuit à la vérité nous contiendrons notre ardeur dans l'assemblée ; et les tours,-et les portes élevées, et les planches adaptées à celles-ci, longues, bien-polies, fortement-jointes, protégeront la ville.

Et le matin dès-l'aurore, étant cuirassés avec nos armes, nous nous tiendrons sur les tours ; et il sera plus pénible à lui, si, étant venu des vaisseaux, il veut combattre avec nous pour notre mur.

Il ira de nouveau en arrière vers ses vaisseaux, [ville, lorsque, errant sous (autour de) la il aura rassasié d'une course variée ses chevaux au-cou-élevé.

Et son cœur ne permettra point lui s'élancer en dedans d'Ilion, et il ne la détruira jamais, avant que les chiens rapides aient mangé lui. »

Hector donc au-casque-varié l'ayant regardé en dessous dit-à lui

« Polydamas, toi à la vérité tu dit ces choses nullement agréables à moi, toi qui ordonnes nous allant en arrière (nous en retournant) nous renfermer dans la ville.

Est-ce que vous n'êles pas encore ras-étant (d'être) renfermés [sasiés partout que la ville de Priam était riche en or, riche eu airain ; mais aujourd'hui les objets précieux, ornements de nos palais, sont anéan-tis, et nos nombreuses richesses ont été vendues dans la Phrygie et l'agréable Méonie , depuis que le grand Jupiter a fait peser sur nous le poids de sa colère. Et maintenant que le fils de l'artificieux Saturne m'accorde de remporter la victoire auprès des vaisseaux et de refouler les Grecs sur le rivage, insensé, garde-toi de publier dans le peuple de pareils avis. Aucun des Troyens ne t'obéira; car je ne le souffrirai point. Allons, obéissez tous à ma voix. Prenez à présent le repas du soir dans les rangs de l'armée ; songez à établir des postes, et que cha-cun veille à son tour. Si quelqu'un des Troyens craint trop pour ses ri-chesses, qu'il les rassemble et les distribue à nos troupes ; il vaut mieux èn voir jouir les Troyens que les Grecs. Demain, dès l'aurore, tous avec en dedans des tours?

Car auparavant à la vérité tous les hommes à-la-voix-articulée disaient la ville de Priam être riche-en-or, riche-co-airain ; mais maintenant déjà les belles choses-précieuses ont disparu des demeures; et certes des richesses nombreuses sont parties enlevées-pour-être-vendues dans la Phrygie et l'agréable Méonie, après que le grand Jupiter se fut irrité contre nous.

Et maintenant lorsque le fils de Saturne rusé a donné à moi de remporter de la gloire auprès des vaisseaux, et de refouler les Achéens sur les bords de la mer, insensé, ne publie plus ces avis dans le peuple.

Car aucun des Troyens n'obéira; car je ne le permettrai pas.

Mais allez, obéissons tous, comme moi j'aurai dit.

Maintenant à la vérité prenez le repas dans les rangs à travers l'armée, et souvenez-vous de la garde, et veillez chacun ; et que parmi les Troyens celui qui s'afflige excessivement au sujet de ses richesses, les ayant réunies, les donne aux peuples pour les manger-en-commun, desquelles il est meilleur chacun des Troyens jouir nos armes, engageons une lutte acharnée auprès des creux navires. Si en effet le divin Achille a reparu devant la flotte, et s'il veut com-battre, malheur à lui ! Pour moi, je ne fuirai point de la mêlée reten-tissante pour me soustraire à ses coups, mais je lui résisterai face à face; et l'un de nous remportera une éclatante victoire. Mars est commun à tous, et souvent il immole celui-là même qui se préparait à immoler. »

Ainsi parlait Hector. Les Troyens poussent des cris de joie. In-sensés! Car Minerve leur a ravi la raison, ils applaudissent aux fu-nestes avis d'Hector ; et aucun d'eux n'approuve les sages conseils de Polydamas. Puis ils prennent le repas du soir dans les rangs de l'ar-mée. De leur côté , les Achéens durant toute la nuit pleurent et gé-missent sur Patrocle; le fils de Pélée commence les lugubres lamen-tations, et, posant ses mains meurtrières sur la poitrine de son compagnon , il laisse échapper de profonds soupirs. Tel un lion à la belle crinière, à qui, dans une épaisse forêt, un chasseur vient d'en-plutôt que les Achéens.

Or le matin dès-l'aurore étant cuirassés avec nos armes, excitons un Mars (combat) vif auprès des vaisseaux creux.

Et si vraiment le divin Achille s'est levé auprès des vaisseaux, cela sera plus pénible à lui, s'il le veut.

Moi je ne fuirai pas lui hors du combat retentissant, mais je me tiendrai tout en face, soit qu'il remporte une gloire grande, soit que je la remporte.

Enyalius (Mars) est commun, et a tué (tue) celui devant tuer (venu pour tuer), n Ainsi haranguait Hector ; et lesTroyens acclamèrent, insensés !

car Pallas Minerve enleva-à eux leur bon-sens; car ils approuvèrent Hector, donnant-des-conseils funestes; et aucun donc n'approuva Polydamas, qui prononçait un sage avis.

Ensuite ils prirent le repas dans l'armée; mais les Achéens toute-la-nuit pleuraient Patrocle en gémissant.

Or le fils-de-Pélée donna-le-signal à eux des gémissements intenses, ayant placé ses mains meurtrières sur la poitrine de son compagnon, se lamentant très-fortement; comme un lion à-la-belle- crinière, auquel un homme chasseur-de-cerfs a enlevé certes ses petits lever ses lionceaux, est frappé de douleur, quand il revient, mais trop tard, dans son antre; aussitôt il parcourt de tous côtés les vallons, cherchant à découvrir les traces du ravisseur; car il est transporté d'une vive et violente colère : tel Achille, exhalant de profonds sou-pirs, dit aux Myrinidons :

Il Grands dieux ! Je n'avais donc proféré qu'une vaine parole, le jour où je rassurai dans son palais le vaillant Ménétius! Je lui promis de ramener dans Oponie son illustre fils, lorsqu'il aurait renversé la ville d'Ilion et obtenu une part du butin. Mais Jupiter n'exauce pas tous les vœux des mortels. Nous sommes destinés tous deux à rougir de notre sang les mêmes rivages ; car ni le vieux Pélée, habile à di-riger des chevaux, ni Thélis ma mère ne me recevront de retour dans leurs demeures; c'est dans ces lieux que seront ensevelis mes restes. 0 Patrocle, puisque je dois après toi descendre sous la terre, je ne te rendrai pas les derniers honneurs, ayant de l'avoir apporté les armes de la forêt épaisse ; et celui-ci est affligé étant venu après (plus tard) ; or il parcourt des vallons nombreux cherchant les traces de l'homme, s'il les découvrirait quelque-part ; car une colère vive le saisit fortement :

ainsi lui (Achille) gémissant-profondément disait-au-milieu des Myrmidons :

a 0 grands-dieux!

certes donc en ce jour-là j'ai proféré une parole vaine, rassurant le héros Ménétius dans ses demeures ; or je disais à lui moi devoir ramener dans Oponte son fils très-illustre, ayant détruit Ilion, et ayant obtenu une part du butin.

Mais Jupiter n'accomplit pas toutes les pensées aux (des) hommes.

Car il est fixé-par-le-sort nous tous-deux rougir la même terre ici dans Troie, puisque ni le vieux Pélée conducteur-de-chevaux, ni ma mère Thélis ne recevra dans ses demeures moi étant revenu, mais la terre me contiendra là-môme.

Or maintenant puisque donc, Patrocle, j'irai sous la terre postérieur à (plus tard que) toi, je ne rendrai-pas-les-derniers-hou-à toi auparavant, [neurs] avant du moins d'avoir apporté ici et la tête d'Hector, ton magnanime meurtrier. Dans la fureur qu'al-lume en moi ton trépas, j'immolerai sur ton bûcher douze Troyens des plus illustres. Jusque-là tu resteras ainsi étendu près de nies vaisseaux recourbés ; autour de loi gémiront nuit et jour ces Troyennes et ces Dardanienues aux belles poitrines, que nous avons conquises par notre valeur et par la force de nos lances en dévastant d'opulentes et belliqueuses cités, n A ces mots, le divin Achille ordonne à ses compagnons de placer sur le feu un grand trépied, afin d'enlever promptement du corps de Patrocle le sang qui le souille. Aussitôt ils posent sur un feu ardent la chaudière destinée à cet usage, ils y versent de l'eau, ils apportent et allument le bois; la flamme enveloppe les flancs du trépied, et bientôt i'eau s'échauffe. Lorsque l'airain brillant a retenti de ses bouillonne-ments, ils lavent le corps, le frottent d'une huile épaisse, et versent sur les blessures du héros un baume vieux de neuf années. Ensuite les armes et la tête d'Hector, ton magnanime meurtrier; et je décapiterai devant ton bûcher douze fils illustres de Troyens, irrité à cause de toi ayant été tué.

Et pendant-ce-temps tu seras-gisant ainsi à moi auprès des vaisseaux recourbés, et autour de toi lesTroyennes et les Dardaniennesau-sein-profond gémiront, versant-des-larmes et les nuits et les jours, lesquelles nous-mêmes nous avons conquises-en-travaillant et par la force et par la lance longue, détruisant des villes opulentes d'hommes à-la-voix-articulée. »

Ayant dit ainsi, le divin Achille ordonna à ses compagnons de placer autour du feu un grand trépied, afin qu'ils nettoyassent Patrocle du sang-versé sanglant très-promp tem en t.

Or ceux-ci placèrent sur le feu ardent le trépied propre-au-bain, et ils y-versèrent donc de l'eau, et ayant pris du bois ils l'allumèrent-en-dessous ; le feu à la vérité enveloppait le ventre du trépied, et l'eau s'échauffait.

Et lorsque l'eau eut bouilli dans l'airain brillant, alors aussitôt et ils le lavèrent, etils l'enduisirent d'une huilegrasse et ils remplirent ses blessures d'un onguent de-neuf-années; ils l'étcndent sur un lit, l'envcloppent des pieds à la tête d un léger linceul, et le recouvrent encore d'un voile éclatant de blancheur. Les Myrmidons, rassemblés autour de l'impétueux Achille, pleurent et gémissent toute la nuit sur l'infortuné Patrocle.

Alors Jupiter dit à Junon, sa sœur et son épouse :

« Tu triomphes enfin, vénérable Junon au regard imposant, puis-que tu viens de ramener au combat Achille aux pieds rapides. Ah! c'est de toi sans doute que sont issus les Achéens à la longue cheve-lure ! »

La vénérable Junon, au regard imposant, lui répond aussitôt :

« Terrible fils de Saturne, quel langage! Quoi! un mortel, un homme qui n'a point notre science, pourra exécuter ses desseins contre un autre homme; et moi, la plus noble des déesses par la naissance, moi l'épouse du plus puissant des immortels, je n'aurai pu, dans ma colère, préparer In ruine des Troyens! n Tandis qu'ils s'entretiennent ainsi, Thétis aux pieds d'argent ar-et l'ayant placé sur un lit, ils le couvrirent d'une toile souple de la tête aux pieds, et en dessus, d'un voile blanc.

Ensuite à la vérité les Myrmidons pleuraient Patrocle gémissant toute-la-nuit autour d'Achille rapide quant aux pieds.

Et Jupiter dit-à Junon sa sœur et son épouse :

« Tu as réussi enfin, vénérable Junon aux - yeux - de-génisse, ayant fait-lever pour le combat Achille rapide quant aux pieds; certes donc les Acliéens chevelus sont nés de toi-même. »-

Et ensuite la vénérable Junon aux-yeux-de-génisse répondit à lui :

« Très-terrible fils-de-Satume, quel discours as-tu prononcé?

Et à la vérité sans doute un homme, qui est mortel, et qui ne sait pas autant de conseils, doit faire cela contre un homme; comment donc moi, qui dis être la meilleure (la première)des déesses, sous-deux-rapports, et par la naissance et parce que je suis appelée ton épouse, or toi tu règnes parmi tous les immortels, je ne devais pas étant irritée machiner des maux aux Troyens? «

Ainsi ceux-ci à la vérité disaient de telles choses l'un à l'autre. rive au palais de Vulcain, palais éternel, éclatant, et superbe parmi ceux des immortels, demeure d'airain que le dieu boiteux avait lui-même construite. Elle trouve Vulcain couvert de sueur, tournant autour de ses soufflets et se livrant avec ardeur au travail. Il fabri-quait vingt trépieds qui devaient trouver place auprès du mur de son solide palais; sous chacun d'eux il attache des roulettes d'or, afin que d'eux-mêmes, prodige admirable! ils puissent se rendre à l'as-semblée des dieux et retourner ensuite dans leur demeure. Ces tré-pieds étaient presque entièrement achevés; mais le dieu n'y avait point encore adapté les anses magnifiques; en ce moment il les pré-parait et en forgeait les liens. Tandis qu'artisan industrieux , il polit son travail, Thétis , la déesse aux pieds d'argent, s'approche de lui. La belle Cliaris, au vdile éclatant, l'épouse de l'illustre dieu boiteux, l'aperçoit la première; elle la prend aussitôt par la main, et lui parle en ces termes :- Et Thétis aux-pieds-d'argcnt vint à la demeure de Vulcain, demeure incorruptible, étoilée, distinguée-parmi celles des immor-d'-airain, laquelle avait faite [tels,] le dieu boiteux lui-même.

Or elle trouva celui-ci suant, s'empressant autour des soufflets, agissant-activement ; car il fabriquait vingt trépieds en-tout, pour se tenii auprès du mur du palais solidement-fondé; et sous chaque pied il plaça à eux des roulettes d'-or, afin qu'ils entrassent à lui d'eux-mêmes dans l'assemblée divine, et qu'ils vinssent de nouveau dans sa demeure, prodige à voir.

Ur ceux-ci certes avaient un achèvement tel à la vérité, mais des anses arlistement-travaillées n'y étaient pas encore attachées; lesquelles donc il préparait, et il battait (forgeait) des liens.

Tandis que celui-ci travaillait ces objets dans son esprit habile, pendant-ce-temps la déesse Thétis aux-pieds-d'argent vint à lui tout-près.

Or la belle Charis au-voile-éclatant.

qu'avait prise-pour-femme l'illustre Dieu boiteux, s'étant avancée vit celle-ci ; et donc elle s'attacha à la main à elle,.

et pensa et dit cette parole : « Déesse au long voile, chère et auguste Thétis, pourquoi viens-tu dans nos demeures? Jusqu'ici tu n'y étais pas entrée. Approche ce-pendant, et je vais t'offrir les dons de l'hospitalité. » A ces mots, la plus noble des déesses introduit Thétis; elle la fait asseoir sur un trône splendide, orné de clous d'argent et ciselé avec art; elle place une escabelle sous ses pieds; et, appelant Vulcain, le célèbre artisan, elle lui dit:

« Accours, ô Vulcain; Thétis réclame ton secours. »

L'illustre dieu boiLeuxlui répond :

« Oui, sans doute, une auguste et respectable déesse est dans mon palais; c'est elle qui me sauva, lorsqu'après une horrible chute, je souffrais des maux cruels par l'imprudence d'une mère barbare qui voulait cacher ma difformité. Alors j'aurais dans mon cœur ressenti de vives douleurs, si Eurynome et Thétis ne m'eussent reçu dans leur sesn, Eurynome, fille de l'Océan au reflux éternel. Près d'elles, pen-- « Pourquoi, Tliétis au-long-voile, et vénérable et chérie, viens-tu dans notre demeure?

Auparavant du moins à la vérité tu ne viens (venais)-pas-fréquemment.

Mais suis-moi (viens) plus-avant, afin que je place-près de toi les dons-de-l'hospitalité. »

Ayant donc parlé ainsi, la plus auguste des déesses la conduisit en avant.

Ensuite à la vérité elle fit-asseoir elle sur un trône aux-cloiis-d'argent, beau, artistement-travaillé; et une escabelle était-sous ses pieds ; et elle appela Vulcain illustre-artisan, et lui dit cette parole :

« Vulcain, avance ici; Thétis certes a-besoin de toi en quelque chose. »

Et l'illustre dieu boiteux répondit ensuite à elle :

et Certes sans doute une déesse et grande et respectable est à moi à-l'intérieur du palais, laquelle sauva moi, lorsque la douleur pénétra moi, étant tombé au loin, par suite du désir de ma mère impudente, qui voulut cacher moi étant (parce que j'étais) boiteux; alors j'aurais souffert des douleurs dans mon cœur, si et Eurynome et Tliétis n'eussent reçu moi dans leur sein, Eurynome, fille de l'Océan qui-a-un-reflux. dant neuf années, je fis de nombreux objets d'art, des agrafes, des bracelets recourbés, des anneaux et des colliers, au fond d'une grotte que l'Océan , dans son cours mugissant, entourait de son écume. Ma retraite était ignorée des dieux et des hommes; mais elle était connue de Thétis et d'Eurynome qui m'avaient sauvé. C'est Thétis qui vient aujourd'hui dans ma demeure; aussi je dois payer à cette belle déesse le prix de mon salut. Toi, Charis, offre-lui de beaux présents d'hospi. talité, tandis que je vais déposer mes soumets et tous les instruments de mes travaux. »

A ces mots, le dieu monstrueux quitte son enclume el s'éloigne en boitant; ses jambes grêles se meuvent avec agilité. Il place ses soufflets loin du feu, et réunit dans un coffre d'argent tous les instruments de ses travaux; puis avec une éponge il essuie son front, ses mains, son Auprès de celles-ci pendant-neuf-ana je fabriquais des ornements nombreux, et des agrafes et des bracelets recourbés, et des anneaux et des colliers, dans une grotte creuse ; et le courant immense de l'Océan coulail-tout-aulour mugissant avec écume ; et aucun autre, ni des dieux, ni des hommes mortels, ne le savait, mais et Tliétis et Eurynome, qui sauvèrent (avaient sauvé) moi, le savaient.

C'est elle qui maintenant vient dans notre demeure ; aussi il est tout-à-fait besoin moi payer tout prix-du-salut à Thétis aux-belles-tresses.

Mais toi à la vérité maintenant place-devant elle de beaux dons-d'hospitalité, tandis que moi je déposerai mes soufflets et lous mes instruments. »

Le monstre impétueux dit, et se leva du billot-de-l'enclume, en boitant ; et ses jambes grèles semouvaient-avec-rapidité sous lui.

11 plaça donc à la vérité ses soufflets loin du feu, et réunit tous les instruments, avec lesquels il travaillait, dans un coffre d'-argent ; et avec une éponge il essuya tout-autour son front et ses deux mains, cou vigoureux et sa poitrine velue ; il revêt une tunique, s'appuie sur un sceptre solide, et sort en boitant. Sous les ordres du dieu s'em-pressent deux servantes, statues d'or semblables à de jeunes filles vivantes; elles ont en partage l'intelligence, la voix, la force, et les dieux immortels leur apprirent à travailler. Elles sont actives à servir leur maître; le dieu s'avance et va s'asseoir sur un trône éclatant auprès de Thétis. Il la prend par la main, et lui parle en ces termes :

a Déesse au long voile, chère et auguste Thétis, pourquoi viens-tu dans nos demeures? Jusqu'ici tu n'y étais pas entrée. Parle, exprime ta pensée; car tout mon désir est d'accomplir tes vœux , si du moins j'en ai le pouvoir, et si la chose est possible. »

Thétis lui répond en versant des larmes :

« Vulcain, parmi toutes les déesses qui habitent l'Olympe, en est-- Il une dont le cœur ait supporté des douleurs aussi nombreuses, et son cou vigoureux et sa poitrine velue ; et il revêtit une tunique; et il prit un bâton épais (solide), et il alla dehors, en boitant ; et des servantes d'-oi-, ressemblant à des jeunes-filles vivantes, s'empressaient [dieu).

sous le (aux ordres du) souverain (du Dans celles-ci à la vérité est l'intelligence dans l'esprit, dans celles-ci est aussi la voix, et la force, et elles savent (ont appris) les ou vrages des dieux immortels.

Celles-ci à la vérité [rain (du dieu); étaient-empressées auprès du souve-or celui-ci s'avançant s'assit sur un trône éclatant, près de l'endroit, où était Thétis; et donc il s'attacha à a main à elle-et pensa et dit cette parole :

a Pourquoi, Thétis au-long-voile, et vénérable et chérie, es-tu venue dans notre demeure?

Auparavant du moins à la vérité tu ne viens(venais)-pas-frequemment.

Dis ce que tu penses ; or mon cœur excite moi à accomplir cela, si du moins je puis l'accomplir, et si cela a déjà été accompli. »

Or Thétis versant des larmes répondit ensuite à lui

« Vulcain, est-ce que donc quelqu'une, autant-qu'il y a de déesses dans l'Olympe, a supporté dans son cœui aussi vives, que celles dont m'accable Jupiter, fils de Saturne? Des divinités de la mer je suis la seule qu'il ait soumise à un mortel, à Pélée, fils d'Éaque, et c'est bien malgré moi que j'ai partagé la couche d'un murtel; et maintenant, accablé sous le poids d'une triste vieillesse, Pélée languit dans son palais. Pour comble de malheur, Jupiter m'accorda de mettre au inonde et de nourrir un fils, le plus distingué des héros, un fils qui s'était développé comme une jeune plante; après l'avoir élevé comme l'arbrisseau qui croît dans un ter-rain fertile, je l'envoyai vers llion sur des vaisseaux recourbés pour combattre les Troyens ; et je ne le recevrai plus de retour dans les demeures de Pélée. Mais tandis qu'il respire encore et qu'il voit la lumière du soleil, il est plongé dans la tristesse, et je ne puis le se-courir ! La jeune captive que les fils des Achéens lui avaient donnée comme récompense, le puissant Agamemnon la lui a ravie. Dès lors Achille éploré se consuma de douleur. Les Troyens cependant tinrent autant de douleurs pénibles, que Jupiter fils-de-Saturne a donné de douleurs à moi parmi toutes les déesses?

Il a soumis à la vérité moi seule parmi les autres déesses de-la-nier à un homme, à Pélée fils-d'Éaque, et j'ai supporté la couche de cet homme, tout-à-fait ne le voulant pas; celui-ci à la vérité maintenant est-gisant dans ses demeures accablé par une vieillesse triste.

Et Jupiter a envoyé à moi d'autres maux maintenant :

après qu'il eut accordé à moi un fils et naître et grandir.

un fils le-plus-distingué des héros, (or celui-ci avait grandi semblable à une plante), moi à la vérité ayant élevé lui, comme une plante dans la partie-fertile d'une plaine, j'envoyai dans Ilion sur des vaisseaux recourbés lui, devant combattre les Troyens ; mais je ne recevrai plus de nouveau lui, étant revenu dans-sa-patrie, dans la demeure de-Pélée.

Et tandis qu'il vit à moi et qu'il voit la lumière du soleil, Il est affligé, et je ne puis étant allée secourir lui en quelque chose.

Le souverain Agamemnon [mains lui a pris de nouveau (repris) des la jeune-fille que les fils des Achéens donc choisirent à lui comme récompense.

Celui-ci donc consumait ses esprits, les Achéens renfermés dans leurs vaisseaux, et ne leur permirent plus d'en sortir; les plus vénérables des Grecs vinrent supplier Achille et lui promirent de nombreux et de riches présents; il refusa d'écarter d'eux le malheur qui les menaçait, mais il remit ses armes à Patrocle, et l'envoya au combat avec une nombreuse armée. Durant tout le jour, ils combattirent devant les portes Scées, et certes ils auraient détruit la ville, si Apollon n'eut immolé aux premiers rangs le valeu-reux fils de Ménétius qui portait la mort de tous côtés, et s'il n'eût accordé la victoire à Hector. Je viens donc maintenant me jeter à tes genoux, je viens te supplier de donner à mon fils , dont la vie doit être si courte, un bouclier, un casque, de belles cnémides garnies d'oreilles, et une cuirasse ; les armes qu'il avait, son fidèle compagnon les a perdues, dompté par les Troyens; et maintenant Achille reste étendu sur la terre, le cœur accablé de tristesse. D étant affligé à cause d'elle; mais les Troyens refoulaient les Achéens près de leurs vaisseaux, et ne leur permettaient pas de sortir au dehors; or les anciens d'entre les Argiens suppliaient celui-ci, et lui énuméra>ent (promettaient) beaucoup-de présents illustres.

Alors lui-même à la vérité ensuite refusa d'écarter d'eux la perte; mais il revêtit Patrocle de ses armes, et il envoya lui au-combat, et il lui fournit en-même-temps un peuple (des guerriers) nombreux.

Or ils combattaient tout le jour auprès des portes Scées; et certes ce-jour-là-même ils auraient détruit la ville, si Apollon n'eût tué parmi les premiers-combattants le fils courageux de Ménétius qui-avait-fait desmaux nombreuxaua:

et n'eût donné la gloire [Troyens, à Hector.

Pour-cela maintenant je viens à tes genoux, pour voir si tu auras voulu (si tu veux) donner à mon fils au-court-destin un bouclier et un casque, et de belles cnémides, bien-ajustées à des oreilles, et une cuirasse; car son compagnon fidèle, ayant été dompté par les Troyens, a perdu celle qui était à lui ; et lui (Achille) est-couché sur la terre étant affligé dans son cœur. » L'illustre dieu boiteux lui répond:

« Rassure-toi; que ces soucis n'occupent point ton âme. Puissé-Je préserver ton fils d'un affreux trépas, lorsqu'arrivcra le moment fatal, aussi facilement que je peux lui donner des armes superbes dont la vue étonnera les mortels ! »

A ces mots, il quitte la déesse et se dirige vers ses soufflets; il les approche du feu et leur ordonne d'agir. Tous alors souillent dans vingt fourneaux, laissant échapper un air actif et habilement mesuré, tantôt impétueux, tantôt ralenti, selon les désirs de Vulcain, selon les besoins de son travail. Il jette dans le feu l'airain impénétrable, l'étain, l'or précieux et l'argent; puis il place sur un billot une énorme enclume, et prend d'une main un lourd marteau, et de l'autre une forte pince.

Il fait d'abord un grand et solide bouclier qu'il embellit avec art, Or 1 Illustre dieu boiteux répondit ensuite à elle :

« Rassure-toi, que ces choses ne soient-pas-à-soin à toi dans ton esprit.

Car plût-au-ciel-que je pusse ainsi cacher lui à-l'écart loin de la mort effroyable, lorsque le destin terrible arrivera à lui, comme des armes belles serontà lui, telles qu'ensuite quelqu'un (chacun) des hommes nombreux, qui les aura vues, les admirera. »

Ayant dit ainsi, il laissa là celle-ci à la vérité, et alla vers ses soufflets ; et il tourna ceux-ci vers le feu, et leur ordonna d'agir.

Or tous les soufflets soufflaient dans vingt fourneaux, faisant-sortir un souffle différent qui-enflamme-aisément, pour aider lui tantôt à la vérité s'empressant, tantôt au contraire ne s'empressant selon que Vulcain le voulait, [pas, et que l'ouvrage s'achevait.

Et il jetait dans le feu l'airain indomptable et l'étain, et l'or précieux et l'argent; et ensuite il plaça sur le billot une grande enclume; et il prit d'une main un marteau solide, et il prit de l'autre une pince-à-fcu

Or il faisait tout-d'abord un bouclier et grand et solide, le travaillant-avec-art de-tous-côtés, l'entoure d'un triple cercle dont l'éclat brille et rayonne, et y attache une courroie d'argent. Cinq lames forment le bouclier, et Vulcain y trace de sa main industrieuse mille dessins variés. Il y représente la terre, le ciel, la mer, le soleil infatigable, la lune dans son plein, et tous les astres qui forment la couronne cé-leste : les Pléiades, les Hyades, le vigoureux Orion, et l'Ourse, qu'on appelle aussi le Chariot, qui tourne toujours dans le même lieu, re-garde Orion, et seule ne se plonge pas dans les flots de l'Océan.

Il représente deux villes magnifiques et populeuses. Dans l'une on célèbre des mariages et l'on donne de splendides festins ; à la lueur des flambeaux, on conduit les fiancées hors de leurs appartements, à travers la ville; de toutes parts retentissent les chants de l'hy-ménée; les jeunes gens exécutent des danses gracieuses; au milieu d'eux, les flûtes et les lyres font entendre d'harmonieux accords, et et il mettait-tout-autqur ur.i cercle éclatant, triple, rayonnant, et y attachait une courroie d'-argent.

Or donc cinq plis (couches) étaient du (au) bouclier lui-même; et il faisait sur celui-cides ornements nombreux dans son esprit habile.- Dessus à la vérité il forgea la terre, et dessus, le ciel, et dessus, la mer, et le soleil infatigable, et la lune pleine, et dessus il forgea tous les astres dont le ciel est couronné, et les Pléiades et les Hyades, et la force d'Orion, et l'Ourse, laquelle aussi on appelle Chariot par surnom, laquelle tourne dans-le-même-lieu, et regarde Orion, et laquelle seule est privée des bains de l'Océan.

Et dessus il fit deux belles villes d'hommes à-la-voix-articulée.

Dans l'une donc étaient et des noces et des festins ; et on conduisait les fiancées hors de leurs appartements à travers la ville, avec des torches allumées ; et un chant-nuptial nombreux s'élevait (se faisait entendre); et de jeunes danseurs tournaient, et donc des flûtes et des lyres avaient (rendaient) un son au milieu d'eux ; les femmes, debout devant leurs portes, admirent ce spectacle. Sur la place publique la foule est rassemblée ; une dispute vient de s'en-gager; deux hommes se querellent pour le rachat d'un meurtre : l'un affirme avoir tout payé et le déclare au peuple; l'autre prétend n'a-voir rien reçu. Tous deux désirent voir terminer leur différend devant un juge. Les citoyens, prenant parti pour l'un ou pour l'au-tre, poussent des cris approbateurs, et les hérauts contiennent le peuple. Les juges sont assis sur des pierres polies, dans une auguste enceinte ; ils tiennent dans leurs mains les sceptres des hérauts à la voix retentissante; c'est avec ces sceptres qu'ils se lèvent et pro-noncent tour à tour leur sentence. Au milieu de l'assemblée sont deux talents d'or destinés à celui qui aura le mieux prouvé la justice de sa cause.

Autour de l'autre ville campent deux armées, toutes resplendis-sautes sous l'éclat des armes. Les guerriers agitent un double projet: et les femmes admiraient tout se tenant chacune sur leurs vestibules.

Et sur la place publique [breux); étaient des hommes serrés (nom-or là une querelle s'était élevée ; et deux hommes se querellaient à cause de la rançon pour un homme ayant été tué; l'un affirmait avoir donné tout, le déclarant au peuple; l'autre niait avoir rien pris (reçu).

Or tous-deux désiraient [pute prendre (mettre) un terme à la dis-devant un arbitre.

Et les hommes poussaient-des-acclamations pour l'un-et-l'autre, défenseurs des-deux-côtés ; et les hérauts donc calmaient le peuple; et les vieillards (juges) étaient assis sur des pierres polies, dans une enceinte sacrée ; et ils avaient dans les mains les sceptres des hérauts à-la-voix-retenlissante ; ensuite ils se levaient avec r°s sceptres, et prononçaient chacun à-leur-tour.

Or donc dans le-milieu d'eux étaient placés deux talents d'or, pourles donner à celui qui parmi eux dirait la justice (exposerait sa cause) le plus droitement.

Mais autour de l'autre ville [mes, étaient assises deux armées d'hom-brillant par les armes.

Et un avis de-deux-façons-différentes plaisait, à eux, les uns veulent détruire la ville; les autres, diviser également les ri-chesses que renferme cette noble cité. Les assiégés, loin de se rendre, s'arment en secret pour une embuscade ; la garde des remparts est confiée aux épouses chéries, aux jeunes enfants et aux boninies qu'accable ia vieillesse; puis les combattants sortent de la ville; à leur tête s'avancent Mars et Minerve, d'or tous deux, et revêtus de tuniques d'or, tous deux superbes et imposants avec leurs armes, comme il convient à des divinités, et visibles à tous les regards : les guerriers sont moins grands que les dieux. Arrivés dans un endroit favorable à l'embuscade, près du fleuve où les troupeaux viennent se désaltérer, ils s'y arrêtent, tout couverts de l'airain étincelant. Plus loin ils placent deux sentinelles , chargées d'épier le moment où pa-raîtront les brebis et les bœufs aux cornes recourbées. Bientôt les troupeaux s'avancent, suivis de deux bergers qui charment leurs ou de la détruire, ou de diviser tout en-ùeux-parlies, les biens que renferme en-dedans cette ville agréable ; mais ceux-là (lesassiégés) ne cédaient nullement, et s'armaient-en-secrel pour une embuscade.

Les épouses chéries donc à la vérité et les enfants tout-petits défendaient le mur, se tenant-dessus, et parmi eux les hommes, que la vieillesse tenait; et ceux-ci(les guerriers)s'avancèrent or donc Mars et Pallas Minerve, tous-deux d'-or, fdaient), marchaient-devant eux (les gui-et ils étaient revêtus de vêtements d'-or, tous deux beaux et grands avec leurs armes, comme des dieux du moins, très-apparents de-part-et-d'autre ; et les hommes étaient plus petits.

Or lorsque donc ceux-ci furent arrivés là où il paraissait-bon à eux de dresser-des embûches, sur (près) d'un fleuve, où éta:t un abreuvoir pour tous les troupeaux, ceux-ci s'assirent donc là, étant enveloppés d'un airain brillant Et ensuite à l'écart des troupes étaient assis pour eux deux observateurs, épiant quand ils verraient les brebis et les bœufs aux-coines-tortues.

Or ceux-ci arrivèrent bientôt, et deux bergers suivaient en-même-temps, loisirs au son de la flûte, sans soupçonner le piège. A cette vue, les guerriers accourent et immolent les bœufs et les superbes troupeaux de blanches brebis; ils immolent aussi les bergers. Les assiégeants, qui se trouvaient réunis pour le conseil, entendent cet effroyable tumulte; ils partent, montés sur leurs rapides chevaux, et sont bientôt arrivés. Alors s'engage sur les bords du fleuve une lutte acharnée, et de part et d'autre les combattants se frappent de leurs lances à la pointe d'airain. Dans la mêlée s'agitent la Discorde et le Tumulte; et la Parque cruelle, tenant un guerrier blessé qui respire encore, un autre que le fer a épargné, en tire un autre par les pieds à travers le champ de bataille ; elle porte sur ses épaules un manteau souillé de sang humain. Tous se heurtent et combattent, comme des hommes vivants; et on les voit, des deux côtés, emporter les morts. se charmant par la flûte ; et ils ne prévirent nullement la ruse.

Ceux-là (les assiégés) à la vérité accoururent ayant aperçu ces choses, et ensuite aussitôt ils immolaient les troupeaux de bœufs et les beaux troupeaux de blanches brebis ; et ils tuaient en outre les bergers.

Or lorsque donc ceux-là (les assié-étant assis [géants), devant l'assemblée, eurent entendu un tumulte grand auprès des bœufs, ils partirent aussitôt étant montés sur leurs chevaux rapides, et ils arrivèrent bientôt.

Et s'étant tenus sur les bords du fleuve ils engageaient le combat, et se frappaient les-uns-les-aulres avec des lances garnies-d'airain.

Or parmi eux se trouvaient la Dis-ct parmi eux le Tumulte, [corde, et parmi eux la Parque funeste, tenant un homme vivant nouvellemcnl-blessé, un autre non-blessé, traînait par les pieds à travers le combat un au tre étant mort ; et elle avait autour des épaules un vêtement tout-ensanglanté par le sang des hommes.

Et ils se rencontraient, comme des mortels vivants, et combattaient, et entraînaient les cadavres morts les-uns-des-aulres, Vulcain trace encore une vaste jachère, dont le terrain gras et fer-tile est travaillé trois fois; de nombreux laboureurs vont et viennent sans cesse en faisant retourner leur attelage. Lorsqu'ils sont arrivés à l'extrémité du champ, un serviteur leur remet une coupe pleine d'un vin délicieux; puis ils retournent à leurs sillons, impatients d'arriver au bout de la vaste jachère. Quoique la terre soit d'or, on la voit, par un prodige de l'art, se noircir comme celle d'un champ nouvellement labouré.

Il représenté encore un champ couvert d'une riche récolte; la moissonnent des ouvriers, tenant dans leurs mains des faucilles tran-chantes. Les épis nombreux tombent à terre en javelles le long des sillons; on resserre les gerbes dans des liens. Il y a trois bouelcurs, et derrière eux des enfants ramassent les gerbes, les portent dans leurs bras et les leur présentent sans relâche. Au milieu de ses serviteurs, le maître, debout sur ses fertiles sillons, tient son sceptre en silence, Et dessus il plaça (il grava) une terre-labourée molle, champ gras (fertile), vaste, retourné-trois-fois ; eL dans celle-ci des laboureurs nombreux faisam-tourner le joug (l'attelage) le poussaient ici et là.

Et lorsque ceux-ci l'ayant tourné arrivaient à la limite du champ, alors ensuite un homme étant venu donnai t à eux dans les mains une coupe d'un vin doux-comme-miel; et ceux-ci se tournaient vers leurs sillons, désirant arriver à la limite du labour profond.

Or celui-ci se noircissai t par-derrière, et ressemblait, quoique étant d'-or, à une terre labourée ; cela certes par-dessus tout était une merveille.

Et dessus il plaça un champ aux-profondes-moissons; et là des ouvriers moissonnaient, ayant dans leurs mains des faucilles aiguGs.

Or les gerbes tombaient nombreuses les unes à terre le long du sillon, et des botteleurs attachaient les autres dans des liens.

Et donc trois botteleurs se tenaient-à-côté; et par-derrière des enfants ramassant-Ies-gerbes, les portant dans leurs bras, les présentaient sans-relâche; et le roi (maître) se tenait au milieu sur la rangée-des-gerbes, [d'eux et dans son cœur goûte une joie secrète. A l'écart, les hérauts pré-parent le repas sous un chêne ; ils apprêtent un bœuf énorme qu'ils ont immolé; et les femmes saupoudrent les chairs d'une blanche fa-rine pour le repas des moissonneurs.

Il représente aussi un beau vignoble d'or, surchargé de raisins; les grappes sont noires; partout les vignes sont soutenues par des éclialas d'argent. A l'entour il trace une fosse profonde qu'il borde d'une baie d'étain ; un seul sentier conduit à ce vignoble ; c'est par ce sentier que passent les porteurs au temps' de la vendange. Des jeu-nes filles et des jeunes gens, aux tendres pensées , portent dans des corbeilles tressées le doux fruit de la vigne. Au milieu d'eux un enfant fait entendre les doux accords de sa lyre harmonieuse t et de sa voix gracieuse il entonne l'hymne de Linus; les vendangeurs, frappant la terre en cadence d'un pied joyeux, l'accompagnent de leurs chants et de leurs cris.

: Il figure un troupeau de bœufs aux cornes élevées; ces bœufs sont ayant son sceptre en silence, joyeux dans son cœur.

Et les hérauts préparaient le repas à l'écart sous un chêne, et ayant immolé un grand bœuf ils s'en occupaient; et les femmes mêlaient beaucoup-de farine blanche, repas pour les ouvriers.

Et dessus il plaça un vignoble beau, d'-or, chargé grandement de raisins ; et dans celui-ci étaient des grappes noires ; et il se tenait appuyé sur des échalas d'-argent d'un-bout-à-l'autre.

Et tout-autour il traça une fosse sombre (profonde), et autour il traça une haie d'étain; or un seul sentier était vers celui-ci (ce vignoble), celui par lequel allaientles porteurs, lorsqu'ils vendangeaient le vignoble.

Etdes j eunes-fillesetdesjeuncs-grns, ayant-des-pensées tendres, portaient le fruit doux dans des corbeilles tressées.

Et dans le-milieu d'eux un enfant jouait un air agréable avec une lyre harmonieuse:

et il chantait d'une voix grêle un beau chant de Linus; et ceux-ci frappant ensemble la terre le suivaient (l'accompagnaient) et par le chant et par les cris en trépignant des pieds.

Et dessus il fit un troupeau de génisses aux-cornes-élevées; faits d'or et d'étain; ils se précipitent hors de l'étable en mugissant, pour se rendre au pâturage près d'un fleuve impétueux dont les rives bruyantes sont bordées de roseaux. Quatre bergers en or s'avancent avec les bœufs et sont suivis de neuf chiens agiles. Deux lions terri-bles saisissent, à la tête du troupeau, un taureau mugissant; l'animal est entraîné malgré ses horribles mugissements; les chiens et les jeunes bergers s'élancent à son secours. Mais les lions, après avoir déchiré la peau de cet énorme bœuf, se repaissent de ses entrailles et de son sang noir; c'est vainement que les bergers les poursuivent, en excitant leurs chiens rapides; car ceux-ci n'osent mordre les lions, mais ils aboient auprès d'eux et les évitent toujours.

L'illustre dieu boiteux représente, dans un délicieux vallon, une immense prairie où paissent de blanches brebis, des étables, des cabanes couvertes et des parcs. et les génisses étaient fabriquées d'or et d'étain ; et elles s'élançaient avec un mugissement de l'étable au-pâturage, auprès d'un neuve retentissant, auprès d'un lieu-plcin-de-roscaux bruyant.

Et quatre bergers d'-or s'avançaient avec les génisses, et neuf chiens agiles des pieds suivaient elles.

Mais deux lions terribles tenaient un taureau mugissant parmi les premières génisses ; or celui-ci éLait entraîné mugissant au-loin (fortement); et les chiens et les jeunes bergers allaicnt-aprcs lui.

Ceux-ci (les lions) à la vérité ayant déchiré la peau de ce grand bœuf, avalaient ses entrailles et son sang noir; mais les bergers poursuivaient vainement, excitant les chiens rapides.

Car ceux-ci certes à la vérité se détournaient des lions en refusant de mordre, mais se tenant tout près ils aboyaient, et les évitaient.

Et l'illustre dieu boiteux fit dessus, dans un beau vallon, un grand lieu-de-pâture des (pour les) brebis blanches, et des étables et des cabanes couvertes et des parcs. L'illustre dieu boiteux trace encore avec art un chœur de danse, semblable à celui que jadis, dans la vaste Cnosse, Dédale forma pour Ariane à la belle chevelure. Là, des jeunes gens et des vierges attrayantes dansent en se tenant par la main. Celles-ci sont couvertes de voiles légers, ceux-là de tuniques dont le riche tissu brille comme le doux éclat de l'huile ; celles-ci portent de belles couronnes, ceux-là portent des glaives d'or supcndus à des baudriers d'argent. Tantôt, d'un pied agile, les danseurs tournent aussi rapides que la roue du potier, lorsque de sa main il essaye si elle se meut aisément; tantôt ils sautent en ordre les uns devant les autres. La foule nombreuse qui les entoure admire ces danses gracieuses; au milieu d'eux, un chantre divin unit aux accents de sa voix les accords de sa lyre; et. lorsqu'il commence le chant, deux bateleurs s'agitent au milieu de l'assemblée. Et l'illustre dieu boiteux traça-avec-art sur le bouclier un chœur, semblable à celui que autrefois dans la vaste Cnosse Dédale arrangea pour Ariane aux-belles-tresses.

Là à la vérité des jeunes-gens et des jeunes-filles très-recherchées dansaient, tenant au poignet les mains les-uns-des-aulres.

Or parmi eux celles-ci avaient des voiles fins, ceux-là étaient couverts de vêtements bier.-tissus, légèrement brillants d'huile:

et donc celles-ci avaient de belles couronnes, et ceux-là avaient des glaives d'-or attachés à des baudriers d'-argent.

Et ceux-ci tantôt à la vérité couraient très-facilement de leurs pieds savants (exercés), comme lorqu'un polier étant assis essaye sa roue bien-adaptée aux mains, pourvoir si elle court (tourne bien); et tantôt d'un-autre-côté ils couraient par rangées les-uns-après-les-autres.

Ur line foule nombreuse se tenait-autourdu chœur charmant, se réjouissant; et au milieu d'eux chantait un chantre divin, jouant-de-la-citliare ; et deux bateleurs, le chantre commentant le chant, s'agitaient parmi eux dans le milieu. Enfin, il figure l'immensité de l'Océan aux extrémités de ce solide et merveilleux bouclier.

Lorsqu'il a terminé ce grand et magnifique ouvrage, il fait une cuirasse d'un éclat plus vif que l'éclat du feu; il fabrique un casque solide qui doit s'adapter au front du héros, casque superbe , habile-ment travaillé, qu'il surmonte d'une aigrette d'or; enfin, il façonne de belles cnémides avec un étain flexible.

A peine l'illustre dieu boiteux a-t-il achevé l'armure entière, qu'il la présente à la mère d'Achille. Thélis aussitôt s'élance, rapide comme l'épcrrier, du sommet neigeux de l'Olympe, emportant du palais de Viilcain ces armes éLincclantcs. Et dessus il plaça la force grande de l'Océan fleuve, près de l'orbe extrême du bouclier solidement fait.

Et après qu'il eut fabriqué le bouclier et grand et solide, il fabriqua donc à lui (à Achille) une cuirasse, plus brillante que l'éclat du feu ; et il fabriqua à lui un casque fort, bien-adapté à ses tempes, beau, artistement-travaillé; et il mit-au-dessus une aigrette d'-or; et il fabriqua à lui des cnémides d'un étain flexible.

Et lorsque l'illustre dieu boiteux eut travaillé toutes ces armes, il les plaça les ayant enlevées devant la mère d'Achille.

Or celle-ci, comme un épervier, s'élança de l'Olympe neigeux, apportant de-chez Vulcain ces armes resplendissantes.

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