V. 214 Pallas
Le rôle prêté à Minerve est odieux. Achille est déjà le plus fort, et il ne semble pas qu'il ait besoin d'un appui divin. Mais Pallas est passionnée pour les Grecs et acharnée contre les Troyens ; elle ne pardonne même pas au sage et généreux Hector. Le seul avantage qu'ait son intervention, c'est de diviser l'horreur que cause l'implacable férocité d'Achille; le vainqueur parait moins cruel, puisque Minerve inspire sa fureur et qu'elle la partage. Mais ce n'est pas seulement dans ce dénouement suprême que Pallas revêt ce personnage; elle le revêt durant tout le poëme. Si elle donne aux mortels de prudentes résolutions, elle les pousse aussi aux résolutions impitoyables. Il est vrai que c'est toujours contre les ennemis des Grecs qu'elle agit; et le patriotisme peut être l'excuse d'Homère.