‹ L'Iliade d'Homère. Ier chantChapitre 2 sur 7 · SUR HOMÈRE · texte numérisé non relu

SUR HOMÈRE

Homère n'est pas un être imaginaire, comme ont essayé de le démontrer certains critiques, dont les raisonnements n'ont pu se soutenir devant l'unité de vue, d'action et de style, que l'on admire dans les épopées de ce grand poëte. Mais sa vie, telle que nous l'ont transmise plusieurs écri-vains de l'antiquité, est remplie de fables et de contradic-tions. On ignore le lieu de sa naissance: sept villes ont ré-clamé l'honneur de lui avoir donné le jour. On n'est pas même d'accord sur l'époque où il a vécu, et ce n'est que par conjecture qu'on la place dans le dixième siècle avant Jésus-- Christ.

V lliade et l'Odyssée, qui sont encore aujourd'hui les plus beaux modèles du genre épique, ne sont pas les seuls ou-vrages que l'on attribue à Homère ; la Batrachomyomachie, trente-trois hymnes et quelques épigrammes ont aussi été publiés sous son nom. Mais ces derniers ouvrages sont évidem-ment d'une époque postérieure à celle où les deux premiers ont été composés ; ils sont sans doute l'œuvre de ces homé-rides, qui faisaient profession de chanter les vers d'Homère, et qui ajoutaient quelquefois aux poëmes de leur maître leurs propres compositions.

Les épopées d'Homère ne furent longtemps connues que dans la Grèce asiatique, où elles étaient chantées sous le nom de rhapsodies, par morceaux détachés. Ceux qui les chantaient s'appelaient rhapsodes (paTtieiv, coudre, M~, chant). Lycurgue, au retour de ses voyages, rapporta les rhapsodies dans la Grèce propre; et, sous les Pisistratides, ces fragments furent réunis en deux corps d'ouvrage, l'Iliade et l'Odyssée, formant une suite non interrompue depuis le commencement jusqu'à la fin. Plusieurs siècles après, les grammairiens d'Alexandrie divisèrent l'un et l'autre poëme en vingt-quatre chants, à chacun desquels ils donnèrent le nom d'une des vingt-quatre lettres de l'alphabet, et c'est en cet état qu'ils sont parvenus jusqu'à nous.

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