LES ÉCOLES PUBLIQUES DE CHICAGO
Les écoles publiques de la ville de Chicago ont été organisées avec beaucoup de talent et de succès. Les travaux des élèves ont reçu des médailles aux expositions de Vienne et de Philadelphie. Le cours des études est divisé en douze degrés ou classes d'un an chacun. Les écoles elles-mêmes sont divisées en trois groupes ou départements ; ce sont les écoles primaires, les écoles de grammaire, et les écoles supérieures {high schools). Les premières embrassent les quatre premières années d'étnde ou degrés ; les secondes les quatre suivants, et enfin les dernières complètent le cours. Le programme comprend des leçons sur la langue, la numération, la forme des choses et des objets communs, et la lecture; puis viennent l'arithmétique, la grammaire; l'histoire générale et celle de États-Unis, la géographie, l'allemand, le chant, le dessin linéaire ; dans les écoles supérieures l'on enseigne la géographie
physique, la géographie ancienne et l'histoire, l'algèbre, la géométrie, l'astronomie, la botanique et la zoologie, la physiologie et l'hygiène, la physique, la chimie, la géologie, l'économie politique, la rhétorique, la littérature anglaise, la philosophie, le français, l'allemand, le latin et le grec.
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KiNG SCHOOL.
Les écoles municipales de Chicago occupent soixante-onze bâtiments capables de recevoir 41,670 élèves; il faudrait au moins dix mille pupitres de plus pour pouvoir admettre tous les enfants en uge
d'aller à l'école. Pour remédier autant que possible à cela, les autorités scolaires ont adopté le système des classes du matin et classes de l'après-midi, par lequel un certain nombre d'écoliers qui ont eu leurs leçons le matin sont remplacés l'après-midi par d'autres qui recevront la même instruction ; environ six mille enfants sont admis sur ce pied là. On a trouvé que les plus jeunes élèves font autant de progrès en une année que s'ils venaient en classe deux fois par jour.
Le nombre total des élèves reçus dans les écoles en 1877 se décompose comme suit: écoles supérieures, 1,177; écoles de grammaire, 7,668; écoles primaires, 30,539; école normale municipale, 108. Total moyen des présences, 39,494. Nombre d'enfants reçus, 92,189, dont beaucoup on été réadmis plusieurs fois. *
La plupart des élèves ont moins de seize ans, et l'on évalue à 78,436 le nombre des enfants entre seize et six ans qui devraient aller à l'école. Il y en avait l'année dernière 53,529 inscrits dans les écoles publiques, 18,664 dans les établissements particuliers; si l'on déduit ceux au-dessus de seize ans, l'on verra que 7,243 enfants seulement n'ont pas été à l'école qui étaient en âge d'y aller. Beaucoup de ces derniers sont élevés et instruits chez eux ; d'autres vont faire leurs études en dehors de la ville ou sont en apprentissage.
Quoique le programme de chaque degré soit calculé pour la durée d'un an, les promotions peuvent avoir lieu aussitôt que les élèves sont capables de passer les examens. Les portes pour l'avancement sont toutes grandes ouvertes, autant que possible, afin de stimuler l'émulation dans les classes.
Les instituteurs publics de Chicago, en 1877, étaient répartis comme suit : écoles supérieures, 36 dont la moitié étaient des hommes ; écoles de grammaire, 184 dont seize hommes; dans les écoles primaires, 509, toutes du sexe féminin.; soit 730 en tout. En moyenne le salaire des instituteurs a été de 1,500 pour la même année, et celui des institutrices de 570 dollars.
Le revenu total des écoles s'est monté A. 767,752 dollars, y compris la taxe des écoles, les revenus de l'État, les loyers, etc. Les dépenses pour chaque élève inscrit se sont élevées à treize dollars trente-cinq cents.
La grandeur de bâtiment qui a été reconnue la meilleure et la plus économique est celle qui comporte douze salles. La gravure ci-jointe montre la façade et le plan du King ScJiool, l'une des écoles biities le plus récemment. L'édifice est construit en briques, à trois étages
* Cela s'explique de la manière suivante: quand un élève a été absent trois jours consécutifs il est raye, et doit être réadmis s'il revient.
au-dessus du sous-sol. Le sous-sol est occupé par les appareils de chauffage ; le premier et le second étage sont à peu près identiques, le troisième n'en diffère que parceque le bureau du principal s'y trouve. Il y a quatre salles d'étude, et autant de vestiaires, dans chaque étage ; chaque salle contient soixante-trois pupitres, ce qui fait que le bâtiment peut recevoir 756 élèves.
Outre ses écoles municipales, Chicago a un grand nombre d'écoles et d'institutions particulières de toutes sortes, depuis le jardin d'enfance jusqu'à l'université. Beaucoup de ces établissements sont excellents. L'Université de Chicago possède des locaux bien situés et coûteux ; ses patrons et amis font en ce moment des efforts qui promettent de réussir pour la mettre sur un pied financier qui ajoutera à son utilité. A Evanston, un faubourg de la ville, il y a une autre université, celle du Nord-Ouest {Northwestern University), dont la réputation est excellente et dont l'avenir promet beaucoup. Dans la ville même fleurissent plus ou moins cinq écoles de médecine {médical collèges), une de droit et quatre de théologie. Les jésuites ont aussi un collège à eux, le collège de St. Ignace, avec seize professeurs et 348 élèves. L'Athénée de Chicago est un établissement créé dans le but d'offrir aux jeunes hommes et aux jeunes femmes les facilités nécessaires pour étudier telles branches qu'ils désirent; on y a, pendant le jour et le soir, des classes de calligraphie, de phonographie, de dessin linéaire et de machines, de peinture, de déclamation, de chant, détenue des livres, d'arithmétique, d'algèbre, de géométrie, d'allemand, de français, de latin et de langue anglaise.
La bibliothèque publique, propriété municipale, quoique fondée de nouveau après le feu de 1871, est déjà importante et s'agrandit rapidement; elle est très-libéralement ouverte à tous les citoyens. Chicago possède aussi une Académie des sciences, une école de dessin, et diverses autres sociétés d'éducation. Ses journaux politiques sont parmi les plus entreprenants des États-Unis; et leurs grandes feuilles de huit et souvent de douze pages in-folio, discutent avec beaucoup de liberté et souvent d'habileté toutes les questions publiques ou d'un intérêt général. Us exercent une grande influence sur l'opinion publique, et sont une riche source d'inforrnation.
Aucune ville américaine n'a d'aussi beaux édifices dans ses rues d'affaires. Nous donnons comme illustrations du style d'architecture des gravures représentant (quelques uns des grands hôtels.
Le Grand Hôtel du Pacifique est regardé comme l'un des plus grands du monde. Il occupe toute l'espace compris entre quatre rues parallèles deux à deux, et couvre une superficie de 375 pieds sur 300 ;
sa hauteur est de 130 pieds. Il contient cinq cents chambres, dont 250 avec cabinets de bains. Les grands salonâ ont cent pieds de longueur sur vingt-cinq de largeur, et la grande salle à manger mesure 130 pieds sur 60. La salle à manger pour dames seules est de 60 pieds sur 60, et la promenade couverte pour les dames a 130 pieds sur 30. Les plafonds à panneaux peints des pièces principales leur donnent un air de richesse et de grande élégance. L'hôtel est tenu d'après le système américain, sous la direction de John B. Drake et Cie.
Le Grand Hôtel du Pacifique.
Cet hôtel est entièrement pourvu d'appareils électriques pour le service et pour donner l'alarme en cas de feu. Un des traits de cet établissements est son système de bains turcs, électriques, russes, et de vapeur. Le lecteur pourra juger de son architecture par la gravure ci-jointe.
UHotcl Palmer (Palmer Housc) est, à ce qu'on prétend, le seul hôtel à l'épreuve du feu en Amérique. Il a été commencé en 1870, et achevé en 1874; il a coûté deux millions et quart de dollars. Cet édifice a une fat;ade de 270 pieds sur State Street, 254 sur Monroe Street, et 137 sur Wabash Avenue; sa hauteur est de huit étages. La gravure ci-jointe donne une idée suffisante du style de cet hôtel. Il
contient 720 chambres à coucher et parloirs, et dix-sept magasins. Le grand escalier est de marbre italien et d'un bel effet. L'ameublement a coûté 580,000 dollars. L'Hôtel Palraer est tenu par son propriétaire, M. Potter Palmer, et il combine les deux plans américain et européen.
L'HoTKi, Tkemont.
I/IIotel Tremmit (Tremont House) est regardé comme l'un des bâtiments contruits avec le plus de goût ù Chicago. Il recouvre près de 50,000 pieds carré de terrain, et ses fac;ades ont plus de cinq cents pieds; sa hauteur est de six étages au-dessus du sous-sol, avec des tours de deux étages pour couronnement. Les murs de face sont en pierre d'Amherst, une qualité de grès très belle et très durable; les sculptures en sont élégantes, sans cependant rien ôter de l'apparence solide et massive de l'édifice. Le style d'architecture est celui de la Renaissance fran(;aise. Son propriétaire, M. James Oouch, le tient dans les deux plans combinés américain et européen.