‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 26 sur 94 · C.H..., H. 25ans · texte numérisé non relu

C.H..., H. 25ans

Licencié en droit, étudiant en médecine. S’occupe spéciale ment de psychologie expérimentale.

1.- Il m’est arrivé plusieurs fois d’éprouver une subite impression d’étonnement, précédant ou accompagnant cette im. pression, que j’avais déjà, soit vu tel décor, soit éprouvé tel

ememUe de sensations soit pensé telle chose, dans les mêmes termes ».

•Dans tous les eas de paramnêsie que j’ai éprouyés, mon impression de reconnaissance n’a été accompagnée d’aucune tentatwe de localisation. Je reconnaissais les circonstances actuelles comme une possibilité déjà prévue, et non .Gomme un passé déjà vécu. Dans un moment de ma vie mtédeure., semWait-il, j’avais imaginé un ensemible de sensations possédant une saveni’ spéciale, ensemble .que j’avais totalement oublié., let qui se reproduisait aujourd’hui. Mais, à quel moment -dema vie j'’avais eu cette prévision, et é len imaginant jadis cet ensemble de sensations j’avais eu consoience'qu’elles se reproduiraient un jour, bref, si elles avaient été conçues comme possibles, ou comme futures, l’idée de le chercher ne mlest jamais venue au moment de la paramnèsie. M smtm seMement que f avals du pouvoir, puisque ie reconnaissais:

Il m’a presque toujours été impossible de me représenter de nouveau, tel qu’il était au moment de l’impression morbide, le complexus que j’avais cru reconnaître. Si j’avais « reconnu » le décor extérieur, c’est vainement que je cherchais ensuite à le revoir avec l’aspect qu’il avait eu sur le moment ; si j’avais reconnu une phrase, même très mnémotechnique par sa structure, deux minutes après il m’était impossible de la retrouver.

2. - L’impression de reconnaissance était immédiate, ou immédiatement consécutive à l’împressiôn d’étonnement, la perception d’une identité s’imposait à moi. 'Quand j’ai pu maintenir -mon attention sur l’objet de la fausse reconnais sauce, je n*aî jamais pu isoler un élément fie la Tëalatë que je reconnusse en particulier ; bref, tout jugement ëtait étran-

ger au phénomène. Je ne décrirai donc id qne des :fansses reconnaissances de Ja .forme ia plus ^onlanée.

L’impression de reconnaissance a ^presque imjm'ns ^oviê sur la totalité des sensations actuelles ; .État physiologirpe, nuance d’^âme, pensée du moment et décor esterrenr, sans qu’il me fut possible de démêler, niâumoiment.de l’imppessiûn première, ni après coup, quel deefô éléments en particulifâr avait donné naissance au .phénomène..

D’autreipart, il m’est anivë fréquemment (nne ^dkaine de fois en tout) d’observer en moile netonr netfeement pereeptib'le d’une sensation, on plutôt-d’un ensemble sde sensations rqu’ii. me semblait avoir déjà éprouvé. Ce fait qu’une limpression, nu plutôt un ensemble d’impressions, possède une naveun, ®n, æî l’on veut, un timbre propre et iparfaitement îsolable, .que par il peut être .neco»?^n,'indépendamment de ses éléments ntéu souvenir .de ces .éléments, rme nemble avoir une grande importance pour l’explication du .mécanisme .des fausses ireconnaissances.

3. - Mon premier souvenir net remonte à l’àge de 15uns je croirais volontiers que 'vers J-IO dus, lorsque, â plusieurs reprises j’ai .cm-éprouver des pressentimeilts, ces pressentiments n’étaient que la suite de fausses .recannaisBances ttelte que j’en décrirai uiïe an ig.-ËÔ.

4. - Ma dernière .impression'de ce genre remonte .au mois de, juillet dernier, je venais d’avoir .25 .ans. .Elle présentait ceci de particulier qu’elle s’est produite dans une période de santé -et dans .un m ornent de ;bien-être.

5. - Je n’avais éprouvé ce phénomène jdepuis J’àge .de L8 ans. Pai’contre, éelo àlS.ans, .jecrois Lavoir éprouvé .une dizaine dei&is.d’une.f£^cn nette.

0 et 7. - Ma mémoire était et est encore bonne.

« J’ai eu dès l’enfance la mémoire visuelle, développée et cultivée par les circonstances ; de plus, j’ai toujours retenu avec facilité les détails des conversations.

« Depuis l’âge de 13 ou 14 ans, j’ai eu du goût pour les idées générales, dans quelque ordre d’études que ce . soit, pour la généralisation et la classification.

« Enfin, je crois ma mémoire plus apte que beaucoup d’autres à retrouver dans leur totalité et avec leur saveur, les impressions, ou même les états d’ânie d’autrefois, m’imposant ainsi des comparaisons que je n’ai pas cherchées, ou m’aidant à prévoir des émotions qui vont venir (attente, appréhension-, regret, tristesse).

8. - Ma mémoire ne présentait aucune particularité dans la période où j’éprouvais les fausses reconnaissances.

9. - Pour deux des cas que je me rappelle nettement, je me trouvais dans des décors et des circonstances connus.

« Pour le troisième, je me trouvais dans un milieu nouveau.

« Mais des deux premiers cas dont je parle, l’un s’étaitprésenté lorsque le décor extérieur était modifié quant à sa physionomie générale ; dans le troisième, la nouveauté du milieu n’a pas ôté l’objet de la fausse reconnaissance.

11 et 12. - La solitude est chez moi favorable à l’apparition des fausses reconnaissances. Elles surviennent au cours de méditations ou de contemplations.

« Une fois seulement, j’ai éprouvé cette impression au milieu d’une conversation animée ».

13. - Dans tous les cas que je me rappelle, sauf le dernier, je me trouvais dépi’imé au physique et au moral par l’étude,

l’ateence de satisfactions, désirées ou non, et les préoccupations philosophiques ou religieuses (de 15 à IS ans).

17. - Je n’ai jamais éprouvé en rêve l’impression de fausse reconnaissance ; si plusieurs fois des passages de rêve m’ont inspiré de l’étonnement, c’était par leur étrangeté. D’autres fois, un jugement modifié me les faisait reconnaître, dans la suite de mon rêve.

18. - La morphine ne m’a jamais procuré de fausses reconnaissances, mais seulement des rêveries très variées et généralement optimistes. Je ne me suis piqué d’ailleurs qu’une dizaine de fois au plus et pour motifs médicaux.

20. - J’estime que la fausse reconnaissance, avec la surprise qui l’accompagne, dure de 3 à 10 secondes cedernierchifres étant le plus grand auquel l'attention puisse l’amener. Passé ce temps, la fausse reconnaissance n’est plus qu’un jugement sur lequel l’intelligence travaille (ou bien qui s’efface en entier).

Mes récits indiquent les points de repère sur lesquels j’établis mes appréciations.

22. - Non les erreqrs que j’ai pu faire à ce sujet (mais que je n’ai pas constatées) n’offraient rien de spécial.

Page 1