‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 27 sur 94 · Non · texte numérisé non relu

Non

24. - L’impression qui accompagne le phénomène, est toujours chez moi primitivement et presque uniquement la surprise ; sans aller jusqu’à la stupeur, elle est toujours assez forte pour ne laisser percevoir aucune autre nuance de sentiment ni gaie, ni triste. — La sensation consécutive serait plutôt une sorte d’inquiétude, mais je n’ai éprouvé ni angoisse ni oppression. Jamais d’impression d’ennui, ni de bien-être à l’occasion de la paramnésie.

27i-Il me semble que je puis prolonger de quelques secondes l’impression de fausse =reconnaissanceq)ar une sorte 8%. bibifion portant sur le cours de 'mes idées-eft sur les -perceptions extérieures ; il en est de même chez moi pour toutes les

mpressions subjectives.

En provoquer l’apparition, me semble'tout ‘à îàit impossible.

■28;- Je ri’aî jamais essayé de les faire cesser.

39 et 30.-Souvent le second stade de la fausse reconnaisgance a été-chez moi rillusion que je savais ee qui allait wriver.

G’est-â-dire que, après l’impression dereconnaissanee, l’idée d’un évènement prêt à survenir, a?ec vi^on nette denet^évènement, s’est quelquefois imposée à moi. H ne s’agissait pas défaits devant survenir immédiatement, mais d’évènements prochains, susceptibles d’influer sur toute ma déstiPée. J’en donne plus loin un exemple. D’autres fois aussi, je n’ai éprouvé qu’une sensation d’attente, pouvant S’exprîmei’ ainsi : « que va-t-il survenir ? Toutefois, j’attendais, nonpas un évènement, mais la seule prévision de cet évènement : Puisque pavais prévu jadis un fait, une sensation, et que ce faît ou eette sensation s’étaient réalisés. Les autres faits ou sensations ‘que j’avais pu prévoir en même temps devaient se réaliser -aussi, et sans effort de-recherche,T’attendais que le reste fle mes pré- ■vdsions passées apparut'; très souvent, rien ne s’estprésenté. Je présente ici sous forme deTaisonnement’ies pensées qui se présentaient en réalité a moi, d’une façon instantanée et en apparence spontanées, le mécanisme de son apparîfion ou restant mconscient.

En somme ces pressentiments me semMent liés chez moi à

ridée d’a^'oir préru les évènements actuels et ne se seraient peut-être pas produits si j’avais cru simplement les a^oir vécus.

Ges pressentiments ne 'portaient pas sur des évènements' devant survenir immédiatement, mais sur des événements prochains susceptibles d’influer sur toute ma destinée, j’en donne plus loin un exemple.

Les événements ultérieurs n’ont jamais justifié mes prévisions.

31,32,33 etl34. - Non.

Z2 bis. - Quelquefois j’ai éprouvé cette impression que les choses avaient un air étrange ; mais je ne puis ni définir plus longuement cette impression, ni l’expliquer, ni surtout la rattacher aux phénomènes de reconnaissance, vraie ou fausse.

35. - Je ne suis sujet à aucun des p'hénomènes morbides énumérés, je suis seulement assez distrait, et quelquefois hanté d’une façon irritante par un air de musique (qui me plaît, ou qui m’a toujonrs déplu), par nne strophe, -ou par un vers isolé.

I. — Le cas te plus ancien dont j’aie un souvenir net,nst celui-ci ; A. l’àge de 15 ans, ut me trouvant au collège, je suivais un jours mes camarades, allant 4u réfectoire à la cour de récréation ; je marchais avec quelqrfennui tout en développant une pensée, mais sans perdre pour cela, ni 'la notion du camarade qui était devant moi, ni du temps, qui était brumeux, ni des bâtiments enrâronnants, quand tout à coup, je fus frappéde .5uiprise,et m’aperçus-que mes pensées actuelles avec nette dose ^exacte d’eonui, et >,cet arrangement prëdS'des lignes perspectives, m’étaient déjà connues,-fit que je m'^étais vu déjà à -cette même place, suivant la file de mes

camarades, et voyant aux choses cette physionomie. Immédiatement, j’eus l’impression que j’échouerais l’année suivante à mon baccalauréat et que un an après, je mourrais. Pendantout cela, je m’étais arrêté, et j’eus à faire deux ou trois mètres, pas plus, pour attraper mon chef de file. Le décor m’était bien connu, et je le revoyais tous les jours depuis plusieurs mois.

II. — Entrant dans ma chambre écartée et déserte, la fenê tre étant ouverte je suis arrêté sur le seuil par l’impression d’avoir déjà prévu cet aspect particulier de la chambre, ce silence du dedans, ces bruits du dehors, mon recueillement, le sentiment que fai à ce moment de Vinulité de ma me actuelle, ou de la me en général. Sentiments que je n’avais pas encore au moment où je mettais le pied dans la pièce. J’espérais que j’allais prévoir, ou plutôt que j’allais retrouver le souvenir d'autres prévisions] 2 Ai& faites en même temps que celle du décor actuel ; et rien n’est venu. J’ai éprouvé plusieurs fois des phénomènes construits sur le même tjq)e (de 10 à 18 ans).

III. - Dernièrement, je me trouvais à déjeuner dans une famille peu connue de moi, mais selon mes goûts, et à ce moment là fort gaie. Je me trouvais moi-même dans des dispositions heureuses, lorsque j’émis à un certain momentunephrase qume frappa comme ayant été pensée par moi plusieurs années auparavant (il me semblait pouvoir dire 10 ans) et non seulement pensée, mais pensée comme devant être redite plus tard, dans les circonstances et l’état d’esprit actuel, je suis convaincu que la phrase était pour moi absolument nouvelle, d’autant plus qu’elle s’appliquait de tous points aux circonstances. Je fis tous mes efforts pour la retenir et me la répétai

à plusieurs reprises, comptant l’écrire dès que je serais seul, mais je cessai ce travail après quelques minutes, et une heure après la phrase m’avait complètement é'chapppé. C’est le seul cas de paramnésie survenue à un moment de bien-être.

Observation 40

- A. ...G, H. Né le 12 mars 1871.

Docteur en médecine. S’occupe de psychiatrie et de psychologie expérimentale.

1. - Oui, et cette impression qui se produisait chez moi avec une grande vivacité et une grande netteté m’avait déjà frappé beaucoup, même avant que je me fusse occupé des sciences psychologiques.

2. - Il me semble que dans tous les cas dont j’ai gardé quelque souvenir, l’impression de déjàvu portait sur le contenu tout entier du champ de conscience à un instant donné.

3. - .Je connaissais déjà le phénomène à l’âge de 10 ans. et l’avais insuffisamment remarqué pour en parler aux personnes qui m’entouraient. Peut-être l’avais-je éprouvé bien plus jeune.

N. B. - Mes plus anciens souvenirs d’enfance remontent à l’âge de 2 ans.

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