Les cinq derniers cas que j’ai observés sont survenus
' le 5 décembre 1896, le 16 mars 1897, en avril 1897. Le 18 mai
1897 et le 20 juin 1897.
Je suis sûr qu’il n’y en a pas d’autres, depuis le cinqdécem-r bre 1896.
5. - Fréquence manifestement plus grande (jusqu’à, trois fois par semaine en moyenne) de 18 à 20 ans.
6 et 7. -Mémoii’e visuelle : bonne pour la couleur, médiocre pour la ligne. Mémoire des physionomies, très mauvaise. Mémoire des paysages et des tableaux : Le dessin en est toujours très déformé ; quand je revois un paysage après plusieurs années d’absence, je suis toujours surpris de voir que l’image que j’en avais gardée', image ordinairement fortement colorée et très intense, différait profondément de la réalité. Surtout quant à la ligne, car les couleurs sont plutôt « transposées » avivées et enrichies, qu’elles ne sont inexactes, à proprement parler. Le fait m’a été particulièrement facile-à vérifier pour les tableaux. Il résulte de ce processus constant de déformation automatique, que jamais, il me semble^, je n’éprouverais si. j’étais réellement placé pour la seconde fois dans des circonstances identiques, une impression de reconnaissance totale susceptible d’être mise en parallèle avec les phénomènes auxquels se rapporte ce^ questionnaire..
Mémoire auditive. Peut-être un peu au-dessus de la moyenne.
Mémoire olfactive. De même.
Mémoire des positions segmentaires. (Mémoire musculaire) très mauvaise, au point par exemple que je ne puis écrire qu’en suivant constamment des yeux le bec de ma plume. Mémoire motrice verbale très mauvaise également : après une douzaine d’auditions, je suis incapable après une douzaine d’auditions de chanter- intérieurement un air, alors que je retiens souvent (mémoire auditive) à première ou deuxième audition des fragments symphoniques importants, que je suis capable de me rejouer intérieurement.
D’une façon générale, ma mémoire est, surtout depuis quel-
les anflées, extrêmemeüt abstraite, présente deux caractères’ principaux.
a) Elle est extrêmement abstraite ; c’est-à-dire que je me rappelle très difficilement les faits, beaucoup plus facilement les théories, et les classifications (du moins celles que j’ai faites moi-même). Ma mémoire n’est pas, comme celle de certaines personnes, une collection de photographies, mais bien un catalogue, une collection de fiches, sil’on veut.
b) Elle est en quelque sorte aymbolique ; je ne pense habituellement ni avec des mots articulés ni avec des mots entendus, ni avec des images visuelles ressemblant à des objets réels, mais au moyep d’une sorte d’algèbre mentale, à la fois visuelle et auditive, dont les éléments, susceptibles de se combiner de mille manière sont des signes, ordinairement dépourvus de toute ressemblance avec les choses concrètes qu’ils schématisent.
9 et 10. - Pour ce qui est dés lieux et des circonstances, il me semble que leur nouveauté favorise bien nettement l’apparition du phénomène.
« Quant à la nonveauté des actes, elle n’a chez moi aucune influence. Dans tous les cas dont j’ai gardé quelque souvenir^ les actes que j’accomplissais étaient absolument banals et habituels ».
11. -Je crois ne l’avoir jamais éprouvé dans de telles circonstances.
12. - Peut-être Fai-je éprouvé dans la solitude, mais je n’ai de cela aucun souvenir précis. Dans tous les cas dont je- me souviens, il y avait avec moi une ou plusieurs personnes.
13-14-15 et 16. - Je n’ai remarqué aucune relation nette entre les états énumérés et l’apparition de la fausse reconnais-
saQce. Je serais cependant tenté de croire que chez moi elle serait favorisée par- un certain état d’excitation (Exposition ou discussion d’idées particulièrement intéressantes pour moi devant 5 ou 6 personnes).