‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 43 sur 94 · Non · texte numérisé non relu

Non

34. - Tous les objets conservent leur aspect normal, bien plus, prennent une valeur extrinsèque plus grande, comme si je sentais plus nettement leur raison d’être, leurs rapports réciproques.

35. - Je suis assez bien équilibré au point de vue nerveux, mais de souche névropathique. La seule phobie dont je suis atteint est celle du vide obscur : il m’est extrêmement désagréable de sentir derrière mon dos une chambre non éclairée, ou, encore plus, une enfilade de chambres non éclairées, surtout quand je me trouve moi-même dans l’obscurité.

36. - Je ne me rappelle aucun fait avec une netteté suffisante.

Observation 50.

D’’ Laupts. H.

Docteur en médecine, auteur de différents travaux de psychologie normale et pathologique.

1 et 2. - J’ai éprouvé à différentes reprises, entre 6 et 16 ans le phénomène curieux de « déjà éprouvé. » Il consistait en ceci que l’instant vécu, avec tout son ensehible de sensations, paraissent avoir été déjà vécu antérieurement; dans Tenfance le fait m'avait frappé, et j’ai lu avec plaisir, qu’il était commun à beaucoup de personnes.

3 et 5. - J’ai éprouvé souvent cette impression entre 6 et 16 ans, presque toujours en conversant, surtout avec des person-

nés ennuyeuses. Quand j’ai quitté la France pour l’Algérie, , beaucoup plus tard, j’ai trouvé l’Algérie et la vie Algérienne telle que je la prévoyais d’après les descriptions, mais à aucun moment, ni à Alger, ni à Constantine, ni dans le désept, ni à Tunis, ni dans les palais, ni durant les nuits passées sur les routes ou dans les Douars avec dés inconnus, je n’ai éprouvé le « déjà vu. »

4. - « La dernière fois, à 16 ans, je causais avec un professeur de musique, l’archet aux doigts ; pendant 4 ou 5 secondes j’éprouvai avec une -intensité extraordinaire l’impression de déjà vu. Depuis lors, j’ai éprouvé surtout des souvenirs de « déjà vu » mais tellement rapides, 1/2 seconde peut-être, que je ne puis les comparer aux sensations de l’enfance: plus' explicitement, depm's l’âge de 16 ans, il ni’est arrivé de traverser de très courts états qui m’ont semblé être des souvenirs des états de « déjà vu » et non des états de « déjà vu » eux-mêmes. »

6 et 7. - Mémoire des faits bonne.— Mémoire des noms, quasiunlle ; de même mémoire des physionomies.

Au point de vue du langage intérieur, voir G. St-Paul. 1892, p. 34.

8. - « La même; pour moi, la qualité de la niémoire n’âpas beaucoup de relations avec le phénomène. »

9. - Avec des personnes nouvelles, inconnues ouenuyeuses ; quand je m’ennuyais ; en allant pour la première fois chez quelqu’un.

11 et 12. - Non.

13. - Je crois à l’influence de l’anémie, de la fatigue et du surmenage intellectuels ; plus le corps et Fesprit sont bien portants, moins ces phénomènes sont fréquents.

14 et 15. - Non. - 16. - Plutôt - 18 et 19. -Pas du tout. - 20.-3 à 4 secondes (plutôt n^oins). —22. - Je ne sais pas. - 24. Etonnement mais plutôt satisfaction. — 25. - Non.

27. - J’ai essayé mais je n’ai jamais pu. Il faut que cela vienne à l’improviste .m. 28.- Ces états cessaient spontanément. 29, 30, 31 et 33. » Non.

34. - Jamais ; quelquefois des mots me paraissent comiques et stupéfiants ; ce sont toujours des mots tout à fait usuels et qu’on emploie constamment et sans penser à les examiner, qui me font cet effet, de même parfois des habitudes tout à fait normales, me paraissent extraordinairement gaies ; l’idée que nous portons des chapeaux hauts de forme, ou qu’un militaire a un pantalon rouge, un prêtre une soutane, etc. Ces idées ne me viennent pas en voyant un prêtre, ou un officier, ou un monsieur en chapeau haut-de-forme ; elles me viennent parfois sans raison, et me paraissent délicieusement comiques ; elles sont en dehors de toute idée philosophique, ' théoriques, etc.

35. - « Distractions. Quand je travaille cérébralement, le reste du monde n’existe pas pour moi ; delà parfois des distractions fâcheuses, si l’idée d’un travail me poursuit.

« Obsessions. - Non.

« Phobies. Non.

« Frayeurs : A Vêiat de mille depuis l’âge de seize ans, je ne pense pas avoir eu peur de quoi que ce soit, étant générament trêsphlegmatique; j’ai passe de vrais dangers. En rem, il m’arrive encore rarement, il est vrai, des terreurs épouvantables survenant pour des choses, qui, si j’étais éveillé, ne me causeraient aucune crainte, ou même m’amuseraient ; je me réveille tout couvert de sueur ; l’objet de la peur est

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insignifiant ou comique: bataille de chevaux, ou de serpents, etc.

Absences ; Tics. Non.

Pas d’ audition colorée .

Observation 51,

Prêtre catholique. Directeur d’une institution de jeunes gens.

1. - Oui. Mais ajoute-t-il, en dehors du cas décrit plus bas, « je ne retrouve rien d’assez net pour l’écrire. Plusieurs fois j’avais eu cette vague impression (sorte d’éclair traversant mon esprit) qu’une situation, neuve en réalité avait déjà été vécue. Qu’une phrase inédite avait été déjà prononcée ; je le répète, ces incidents rapides n’ont laissé en moi qu’un vague souvenir : il me serait impossible d’en déterminer le nombre, ni d’en donner le détail. »

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