‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 44 sur 94 · N’a pas compris la question · texte numérisé non relu

N’a pas compris la question

5. - J’ai eu un sentiment de ce genre, il y a quelques jours, mais très rapide.

6 et 7. - Médiocre mémoire, mauvaise même pour les noms propres et pour les nombres.

13 et 16. - Ces états vont toujours pour moi avec la fatigue et les ennuis.

24. - Le fait que je raconte plus bas m’avait produit un état de douloureuse angoisse : j’en avais la tête toute fatiguée.

35. - J’ai éprouvé plusieurs fois (8 ou 10 fois peut-être dans les 8 ou 10 dernières années environ), toujours la nuit, un sentiment ^anéantissement, de néant avec (pour toute re-

présentation ou image), une impression de vide noiv. Sentiment très douloureux. Il m’arrive aussi, et assez souvent, la nuit, quand je viens d’entreprendre quelque œuvre, ou quelque travail important de concevoir à son endroit des craintes qui vont jusqu’à-l’angoisse. Ce qui dans le jour m’avait paru réalisable, me semble alors, absurde, téméraire, voire à l’insuccès. Je voudrais n’avoir jamais conçu le plan de cette entreprise. Le jour dissipe toutes ces appréhensions et ces terreurs. »

36. - Le fait de paramnésie le plus saillant dont j’aie gardé le souvenir, est le suivant ;

« Il y a 4 ans, j’étais chargé de travail, surmené même. Un soir, après une journée pleine de fatigues, je me suis mis à écrire (vers 10 heures ou II heures) une lettre que je tenais à expédier de bonne heure le lendemain matin. C’était une lettre importante, à laquelle je donnai une grande attention. Le lendemain, j’en donnai lecture à un de mes amis et je me souvient que vers la fin de cette communication j’eus une impression, assez vague encore, que j’avais dû déjà écrire cette même lettre, et dire ces mêmes choses à mon correspondant. Si je me souviens bien, l’impression fut assez forte pour me retenir de mettre aussitôt la lettre à la poste, je m’y résolus pourtant, mais toute la journée, et la lettre étant déjà hors de mes prises je fus poursuivi, torturé même par cette idée que mon correspondant allait trouver plus qu’étrange cette seconde édition d’une missive déjà adressée à lui. Je me creusais l’esprit pour me rappeler ^ comment j’avais pu être amené à lui écrire déjà une première fois les mêmes choses que ce jour; à lui exprimer les mêmes sentiments, à lui faire les mêmes représentations. J’en souffrais beaucoup, ne pou-

vant en aucune manière répondre à cette troublante question. I] me semble que vers le soir je fus moins préoccupé. Les jours suivants, je fus repris par mes travaux, et j’acquis la conviction que jamais je n’avais écrit ni expédié de lettre semblable.

Observation 52

A... R..., H. 26 ans.

Licencié en philosophie. Professeur au collège libre des sciences sociales.

1. - Oui. très fréquemment ; certainement beaucoup pins de 100 fois depuis 7 ou 8 ans.

Il ne me semblait pas que les faits se fussent présentés pour la première fois il y a longtemps (comme le dit Dickens,) mais récemment. Toujours. Cette impression est toujours très forte, si bien que l’eifet peut en être remarqué par autrui.

2. - C’était toujours et uniquement une impression immédiate de reconnaissance d’un ensemble des perceptions présentes et aussitôt le sentiment de reconnaissance, très vif sur le moment, s’évanouissait.

3. - Vers 18 ans, je crois. — 4. - Il y a quelques jours. — 5, - Non.

,6. - Bonne en général. A surtout la qualité d’être très logique, très impérieux, d’oû l’impression d’agacement dont nous parlerons plus loin.

8, 9 et 10. - Non.

11.-A quelques reprises, mais pas de préférence. — Surtout dans des circonstances « ordinaires ».

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