‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 66 sur 94 · OBSERVAI'ION · texte numérisé non relu

OBSERVAI'ION

A. F..., H. 17 ans.

Elève assez bon de philosophie dans un lycée de Paris.

• 1. - « Je suis, et surtout j’ai été fort sujet aux phénomènes de paramnésie ; j’ai ressenti la triple impression dont parle Dickens ».

2. - « C’était chez moi une impression immédiate de reconnaissance portant sur le total des prescriptions à l’instant con-

sidéré, et je ne me rappelle pas avoir jamais eu mie fausse reconnaissance incomplète ».

3. - « J’ai commencé à éprouver ce phénomène il y a quelques mois seulement, huit ou neuf peut-être ».

4. - M. A. F..., est encore actuellement sujet aux fausses reconnaissances. Le dernier fait est survenu 4 jour avant qu’il fit sa réponse au présent questionnaire.

6et7.-« J’ai une bonne mémoire. Elle est cependant beaucoup plus rapide que fidèle. Je me rappelle que l’année dernière, je lisais mes leçons en allant au lycée, et je les savais toujours, même s’il s’agissait d’apprendre du latin ou du grec ; j’aurais été incapable de les répéter sans les relire le lendemain matin, voire même une heure après. Je ne retiens que ce qui m’intéresse : quand bien même j’aurais étudié un sujet à fond, si ce sujet m’est indifîèrent ou désagréable, je l’oublie très facilement. Au contraire, je retiendrai indéfiniment une chose qui m’aura intéressé, même ne l’ayant lue ou vue qu’une fois. La mémoire la plus développée en moi, est la mémoire des images visuelles. »

5. - « C’est en janvier dernier que j’ai été le plus sujet aux phénomènes de paramnésie. »

8. - A. F..., n’a remarqué aucune variation des qualitis de sa mémoire parallèle à la fréquence plus ou moins grande des phénomènes de paramnésie.

9 et 10. - « C’est en exécutant des actes habituels, clans des lieux familiers que le phénomène s’est produit chez moi le plus souvent. »

11 et 12. - « C’est dans les soirées et dîners de cérémonie .que la fausse reconnaissance se produit .le. plus, souvent chez moi, cependant je l’ai observé aussi dans la solitude.

13 et 15. - « La fatigue physique n’occasionne jamais chez moi de fausses reconnaissance » un léger surmenage physique, chez A. F.s’accompagne ordinairement àliyperm-nésie).

' J’ai observé des cas de fausse reconnaissance coïncidant avec de la fatigue intellectuelle ou de l’excitaüon intellectuelle. î- Surtout, lorsque, dans la solitude, il se livre à un travail quelconque de composition, en particulier, diversification.

Au mois de juin 1896, et surtout en juillet, c’est-à-dire peu de temps avant de passer son baccalauréat, et dans une période de travail très assidu, il a noté une fréquence particulière des phénomènes de paramnésie.

14, 15,16 et 17. - Jamais le phénomène ne s’est présenté dans des circonstances graves pour moi, ni en rêve, autant que je puis m’en souvenir.

18 et 19. - Rien.

20 et 21. - Durée extrêmement variable.

' 22. - Non. ■

23. - Les faits seront présentés tantôt isolément, tantôt en séries « dont tous les termes étaient étroitement juxtaposées, et se succédaient sans solution de continuité. »■ Il cite une de ces séries, qui aurait duré trois heures sans interruption, mais dont le diagnostic est trop douteux pour qu’il y ait lieu d’en tenir compte.

24, 25 et 26. - C’est dans les moments de spleen intense que j’éprouve le plus de phénomènes de paramnésie. Cependant il peut se faire que je sois attristé sans que ces phénomènes se produisent... c’est le cas de beaucoup le plus fréquent ».

27. - J’ai essayé en vain de provoquer rappfarition du Leroy 1 1

phénomèae ; je n’y suis jamais arrivé ni directement ni indirectement.

27. - J’ai fait cesser le phénomène en m’efforçant de fixer la date du souvenir, mais le plus souvent cet effort ne m’a donné aucun résultat, et l’attention que j’apportais à l’examiner, semblait au contraire lui donner de la force et de l’intensité » Il n’a jamais essayé de le faire cesser autrement.

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