‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 67 sur 94 · Quelquefois, mais rarement · texte numérisé non relu

Quelquefois, mais rarement

30. - Cette prévision m’a parue toujours justifiée, mais il me serait impossible de donner à ce sujet des renseignements précis.

31,32,33 et34.-Non.

■ 35. - Fréquemment distractions. Rarement obsessions jamais de phobies ni de terreurs sans motifs. En somme, sujet bien équilibré au point de vue nerveux.

36. - I. Un jour j’avais passé mon après-midi à composer une pièce de vers assez longue, je fus interrompu au milieu de mon travail par un visiteur importun,,mais je restai dans un état d’excitation intellectuelle ; la conversation que j’eus avec le visiteur me parut ancienne ; je l’avais déjà eue, avec la même personne, dans le même milieu. Or, cela était matériellement impossible (je voyais cette personne pour la troisième fois). Lorsque, après son départ, je voulus me soumettre à l’œuvre, je ne le pus pas : je relus ce que j’avais fait, -et il me sembla le reconnaître : j’eus l’expression d’avoir déjà écrit cette même pièce longtemps au paravant. Pour me convaincre, je fus obligé de chercher dans mes manuscrits antérieurs. IL II y a une quinzaine de jours, au milieu d’un dîner je causais de la Crète ; tout à coup, il me sembla que j’avais dit déjà ce je venais de raconter, et la réponse de moninterlo-

cuteur me parut également connue ; il me semble même prévoir ce qu’il dit réellement ensuite ; puis tout disparut. »

Observation 63.

A. A..., H..., 17 ans.

Elève de •philosophie dans un lycée de Paris.

1 et 2. - A..., a fréquèmment ressenti l’impression de fausse reconnaissance. Cette impression survient brusquement : « Tout à coup, dit-il. je me revois dans le même état, entouré des mêmes personnes, prenant part à la même conversation, mais à partir du moment où j’éprouve cette impression, la perception de ce qui m’entoure devient graduellement moins nette. Tout me semble estompé ». Sur cette scène RÉELLE ainsi entrevue confusément, viendrait d’après lui se projeter une deuxième scène identiçiue, mais beaucoup plus nette, et imaginaire. De telle sorte que dans ce singulier tableau, « le réel n’est que l’ombre du faux ». C’est en somme l’impression que la réalité n'Qü qu'un rèoe dont nous parle également l’auteur de l’observation A..., A..., traduit encore autrement cette même impression dans les lignes suivantes : « il me semblait que ce que j’entendais était ce qui allait être dit ou fait ». La reconnaissance passait porter plus fréquemment sur les sensations proprement objectives, que sur les propres actes de A. A. En effet, pour ce qui est par exemple de ses paroles, une fois seulement il lui arriva de dire une petite phrase qu’il crut reconnaître pour l’avoir déjà dite de la même façon, et exactement dans les mêmes circonstances, aune époque indéterminée, mais très lointaine.

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