‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 74 sur 94 · Oui, et selon les termes exacts de Dickens · texte numérisé non relu

Oui, et selon les termes exacts de Dickens

2. - L’impression de reconnaissance estimmédiate, brusque, et portant sur la totalité des perceptions et états affectifs ; mais elle est durable, et ne di.'paraît que par un effort de volonté, déraisonnement.

C’est toujours subitement qu’elle apparaît, et sans que je puisse nüen expliquer la cause. Parmi les choses ou les personnes que je reconnais, aucune ne me semble avoir éveillé plus qu’une autre le souvenir ; le tableau est reconnu d’emblée dans sa totalité, perceptions et états effectifs. Il me semble alors que je me suis déjà trouvé dans la même situation, frappé des mêmes impressions : Cette personne qui passe me fait une impression, aussitôt, je suis vivement ému que cette même

sensation m’ait été déjà provoqué par la même personne déjà , rencontrée ; ce n’est pas tant la perception de la personne (traits de physionomie, taille, allures), que je reconnais, que mon impression ressentie lors d’une première perception (illusoire). J’ai même quelquefois l’impression que plusieurs fois les même associations de faits et de gens sont déjà prësen-. tés à moi : je reconnais cette situation comme ayant été vécue déjà, non pas une fois, mais plusieurs fois, et il m’est alors impossible de me rendre compte si réellement cette fausse reconnaissance s’est présentée à moi plusieurs fois dans les mêmesconditions, ou si je. suis le jouet d’une illusion en quelque sorte multipliée, comme une image répétée par une série de miroirs.

3. - Il m’est impossible de me rappeler l’àge où pour la première fois j’ai observé ce phénomène. —4. - Gertaihement deux ou trois mois.

5. - Je n’ai pas remarqué que ces fausses reconnaissances soient arrivées plus communément à une époque déterminée, maiselles se reproduisent généralement àdes intervalles assez, rapprochés, puis disparaissent pour longtemps.

6. - D’une manière générale, mauvaise, ou tout au moins médiocre.

7. - Plutôt visuelle qu’auditive, ma mémoire n’emmagasine, que les choses qui m’ont demandé un certain effort personnel de compréhension ; c’est ainsi que je me rappelerai plutôt des théories ou des faitsqui m’auront frappé par leur complexité ou leur étrangeté, que les choses de pure mémoire, en quelque sorte, telles que pièces de vers, faits liistoriques ; ma mémoire est particulièrement réfractaire à certaines catégories de choses, telles que les chiffres, sous toutes leurs formes

pratiques (prix, mesures, dates, anniversaires), les noms l’étude des langues étrangères. Si cette distinction a quelque légitimité physiologique, je dirai que ma mémoire est plutôt intellectuelle que sensorielle : je me rappelle plutôt l’impression que j’ai éprouvé à la vue d’un tableau, à l’audition d’une musique, que l’image de ce tableau, les sons de cette musique.

8. - Je ne crois pas que ma mémoire ait jamais subi quelque variation.

9 et 10. - C’est toujours dans des circonstances plus que banales, à un moment de la vie, que se produit ce phénomène.

11 et 12. - Sans être aussi affirmatif que dans la réponse précédente, je crois bien et je suis généralement seul lorsque ces reconnaissances m’arrivent, non seul, mais je dirai même isolé de moi-m3m8,ma personnalité consciente étant distraite, jamais quand je travaille, pense, ou agis d’une manière quelconque. Je ne crois pas que cela me soit jamais arrivé dans une chambre, dans un lieu de travail, mais toujours je crois, dans la rue ; c’est lors de l’engourdissement psychique produit par la marche-en rue, que je me réveille soudain de ma distraction, sous l’empire de cette impression ou de fause reconnaissance.

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