‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 76 sur 94 · Oui (c/. Rep. 36 II · texte numérisé non relu

Oui (c/. Rep. 36 II

35. - A eu jadis de l’agoraphobie. A encore peur de l’obscurité. Rien d’autre à signaler.

36. -1. — Etant un jour assis à la terrasse d’un café, j’eus la sensation de m’être déjà trouvé au même endroit, dans les mêmes circonstances ; c’était une impression d’ensemble : mon souvenir ne se précisa que pour un seul détail. Je reconnais parfaitement une personne assise à côté de moi ; laquelle m’était d’ailleurs inconnue.

' II. — J’étais assis devant une table, occupé à écrire, et je venais d’exécuter toute une série d’actes habituels et insignifiants tels que prendre un papier, un crayon, ouvrir un livre etc., quand tout-à-coup, j’eus nettement l’impression d’avoir déjà exécuté ces actes dans le même ordre, me trouvant identiquement dans les mêmes circonstances, toutefois, dans mon souvenir, cette série se terminait par l’entrée d’une certaine personne dans ma chambre. J’avais à peine fait cette constatation que la porte s’ouvrait et que la personne entrait.

III, — Le 23 août 1897, j’étais couché dans mon lit, quami un ami vint me voir. Dès qu’il fut entré, je crus me souvenir d’avoir déjà éprouvé la même série d’impressions ; sa vue, le - bruit de sa voix, des gestes, étaient identiques. Je croyais me souvenir notamment de l’avoir vu s’approcher de mon lit de la même façon, à gauche, ce qui était impossible, vu que je venais de faire retourner mon lit, qui sans cela n’était abordable qu’à droite. Je suis d’ailleurs sûr quecetami n’était jamais venu me voir.

E. Boirac, docteur ès-lettres,

1. - Voici ce que disait M. Boirac dans la note citée p. 1876.

« Il m’est arrivé, voyant pour la nremiêre fois un mouve-

ment, un paysage, une personne de porter tout à coup et malgré moi ce jugement ; j’ai vu ce que je vois. Impossible de dire en quel lieu ni en quel temps, la reconnaissance et comme la sensation du déjà vu n’en était pas moins très vive et très nette. Elle ne disparaissait pas à la réflexion, mais au contraire semblait s’accroître. Je les ai principalement observées en moi lorsque j’arrivais, pour y demeurer, dans une ville qui m’était encore inconnue. Je l’ai encore éprouvée dans mes lectures : subitement, sans raison apparente, je me rappelle avoir lu cette page, ces lignes, ces mots même, imprimés avec ces caractères ; et la saveur particulière de l’état mental où je me trouvais alors, me revient encore toute fraîche...

D’autres fois, assistant à une conversation d’ailleurs tout à fait insignifiante, il m’arrive de reconnaître à faux, par une sorte de réflexion soudaine, une combinaison de paroles, de mouvements, de sentiments dont je crois être témoin pour la seconde fois (1876, p. 430).

M. Boirac se rappelle avoir ressenti cette impression, notamment en visitant pour la première fois la ville de Poitiers (il y a une douzaine d’années). Il croit n’y être plus sujet depuis assez longtemps.

Observation 70

B. L... H. 25 ans.

Etudiant.

1 et 2. - Oui. — 3. - Vers 15 ans. — 4. - J’y suis encore sujet. — 5. - Non.

6 et 7. - Médiocre en général. Mémoire topographique et Leroy 15

mémoire des noms mauvaises. Mémoiie des paysages et des scènes vues moins mauvaise.

8j 9 et 10. - Non. — 11. - Peut-être. — 12. - Non. — 13 ... Fatigue intellectuelle : oui. — 14 et 15. ■ Non. —16. - Oui. — 17, 18et 19.-Non.

20. - Un éclair ; mais c’est une impression forte qui laisse, la croyant 'dans l’esprit, des traces qui ne sont pas dissipées par ce fait que l’erreur apparaît immédiatement comme évidente, mais seulement par le raisonnement.

23, 24, '25, 26, 27, 28, 29, 30 et 31. - Non. — 32. - Oui. - 32 Us. - Oui. — 33 et 34. - Non.

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