‹ L'IllusionChapitre 19 sur 78 · SILENCIEUX ^4^COU · texte numérisé non relu

SILENCIEUX ^4^COU

Wr i de nous n'eut, un jour, au cœur Un amour profond qu'il dut taire, Et ne connut cette langueur Que donne un désir solitaire?

Je t'aime, et te suis pas à pas, Je t'aime, et ne puis te le dire, Je t'aime, et tu ne le vois pas, Quand je me tais devant ton rire;

Quand je te contemple parfois, Immobile, l"âme éblouie, Les yeux dilatés, et sans voix, Comme un fou contemplant la vie !

Et cependant t'aimer ainsi Est plein de ravissants supplices :

Aux douleurs* se mêlent aussi De mystérieuses délices;

Les longs désirs silencieux Ont des ivresses qu'on ignore :

Mon rêve te voit par ses yeux Plus belle que tu n'es encore,

Et, comme une étoile qui luit, Comme un grand lys, vêtu de gloire, J'évoque, à ton insu, la nuit, Pur, sans tache, ton corps d'ivoire.

CHANTS Dl i tMOUH B r DE LA MO RI

*AUt%.OtR.l:

L'aurore chaste est comme une vierge aux seins blancs Qui vers le bien-aimé lève ses yeux tremblants, Entr'ouvre les cils longs qui frangent leur paupière, Et l'attendrit par la douceur de leur lumière. L'aurore est la danseuse en ses lins voiles d'or Qui lentement découvre et montre le trésor De son corps jeune, ayant le charme des fleurs pâles; L'aurore a dans les yeux les lueurs des opales; L'aurore a des regards de vierge et des baisers Par qui les sens brûlants peuvent être apaisés; Blanche et pure, l'aurore au sourire de femme Lave de sa lumière et rafraîchit mon came.

Près des Baléares.

<PO%T'll<AlT

... fahe as vmier.

J e sais des yeux couleur de l'eau, Pareils à ceux de la Joconde, Mais qu'aurait retouchés "NYatteau.

Je sais des yeux couleur de l'onde.

Comme les ailes d'un oiseau Palpitant sur une eau profonde, Tremblent, clair et léger rideau, Les cils blonds de ces yeux de blonde.

Et ces yeux laissent entrevoir, Sous leur calme et brillant miroir, Une sirène, dont l'empire

Mystérieux, froid et charmant, Fait songer ainsi vaguement A l'onde fausse de Shakespeare.

chants ni: L amour et DB la mort 97

TIT^i^ItA

bien-aiméc est une enfant, Une enfant aux yeux de pervenche, Dont le jeune cœur triomphant Semble un oiseau sur une branche.

Ma bien-aimée est un oiseau, Un oiseau dont l'aile est légère, Qui se berce sur un roseau, Puis vole et fuit dans la lumière.

Ma bien-aimée au regard clair Sans doute eut pour mère ou marraine, Régnant aux grottes de la mer, Folle et fantasque, une sirène :

Ses lèvres au pays natal

Auront pris le babil des vagues,

Et dans le palais de cristal

Auront fleuri ses grands yeux vagues.

Ma bien-aimée a dans sa voix Claire, limpide, sans pareille, Des sons rappelant dans les bois Le bruit de l'aube qui s'éveille ;

Et le charme étrange est si doux De cette voix pleine d'aurore, Qu'en l'écoutant à tes genoux Je tremble, je souffre et t'adore.

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