‹ L'IllusionChapitre 18 sur 78 · LE H^A%EM · texte numérisé non relu

LE H^A%EM

\-J h ! Aïcha, la vie, et Nédjéma, l'étoile, Zohra, Zohra, fleur jaune, et parfum de mes nuits, Djohar, la perle fine, et pâle sous ton voile, O Djemma, paradis d'amour, aube qui luis!...

Mon âme est comme un ciel fleuri d'astres sans nombre: Mon âme est comme un frais jardin mystérieux : Que de cyprès aimants m'ont couvert de leur ombre ! Que de beautés de lune ont ébloui mes yeux !

I h \ \"i s DE i. A M 0 U I i J Dl i I m ORT Xy

P^YS^LGE Tf'EGYTTE

Jur le sable brun des presqu'îles, Où s'enfoncent leurs ventres lourds, Se sont groupés des crocodiles :

C'est la saison de leurs amours.

La terre brûle : rien ne bouge ; Et le grand épervier des airs, Le soleil, mourant, d'un sang rouge Éclabousse au loin les déserts.

La lune lentement s'élève Dans les chaudes vapeurs du soir :

Près du fleuve s'allonge et rêve Un sphinx ancien de granit noir;

Il regarde sur l'eau dormante Glisser silencieusement Une barque où près d'une amante Pleure la flûte d'un amant.

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Ovk ton sein pâle mon cœur dort D'un sommeil doux comme la mort Mort exquise, mort parfumée Du souffle de la bien-aimée :

Sur un lys pâle mon cœur dort...

Ma pensée est sereine et rêve parfumée,

Comme la chambre heureuse où dort la bien-aimée.

Large fleur au cœur blanc qui parfume la nuit, La lune sur l'étang du ciel s'épanouit.

Ma pensée est sereine et rêve caressée

D'une odeur de santal que tes bras m'ont laissée.

CHANTS DB L &MOUB i T m: LA mort 91

LES iJiEG^4(K.cDS DES <AM*AtX,TS

-L 1: s regards des amants ressemblent aux abeilles, Qui ne penvent quitter le visage des fleurs; Et leurs veux, en buvant vos beautés non pareilles, En sont ivres parfois jusqu'à verser des pleurs.

Mais ce volage amour est tout à la surface : De votre corps, plus doux que la lune qui luit, O femmes, quand l'éclat se ternit et s'efface, De leurs yeux vous voyez la tendresse qui fuit.

Et j'ai pitié de vous, les pauvres bien-aimécsl A l'appel du désir que vous croyez divin, Oh ! que ne gardez-vous vos lèvres mieux fermées, Puisque ce grand amour des hommes est si vain?

FETES 'DE JVoiTTE*AU

\~J e s parcs seigneuriaux, des pièces d'eau, des marbres,

De lumineux étangs, bordés par de grands arbres,

Offrant leur radieux et tranquille miroir

Aux couples des amants qui s'y penchent le soir.

Sur ce théâtre ouvert aux folles aventures

Un ciel de pourpre et d'or déroule ses tentures ;

Errant en ce profond et splendide décor,

La guitare à la main, chante le beau Lindor;

Et sans fin les élus de ce monde magique

Vivent ainsi dans la lumière et la musique.

Colombine apparaît : troublé dans ses amours,

Arlequin la regarde et fuit, sautant toujours.

Près d'un faune qui rit, comme au temps de Virgile,

Voici Pierrot, gourmand, lascif et très agile;

Et là, sur un gazon tout émaillé de fleurs,

Tel qu'un tapis persan aux brillantes couleurs,

De beaux galants couchés près de leurs amoureuses,

Ont enlacé leur taille et les rendent peureuses

En attaquant soudain leur bouche de corail,

Et, trop fous, sont punis par des coups d'éventail.

CHANTS DE L A IfOUB ET DI I A V ORT 93

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