‹ L'IllusionChapitre 22 sur 78 · LES ÉTOUSES T>U VE'MT · texte numérisé non relu

LES ÉTOUSES T>U VE'MT

Our h steppe sais-tu la plante Qu'emporte le vent dans son vol, La sœur de la tzigane errante, Sans racine attachée au sol,

Qui si pâle et légère et frêle, Vole toujours, vole en avant, Et qu'en Ukraine l'on appelle La .petite épouse du vent?

Elle adore ce vent oui passe, Soupire à son oreille et fuit, Et sans fin à travers l'espace, Insouciante, elle le suit.

Et toi, mignonne, dont la tête, Avec son charme et sa douceur, Pour les lointains est toujours prête, La plante folle est bien ta sœur ;

Et des âmes, j'en sais plus d'une, Au cher caprice décevant, Qui, sous le soleil ou la lune, Sont bien les épouses du vent.

C il A NT s i> 1: i. A m (i U R i-i D H L k M 0

Lji CII^lcKSOclsL DES LÈVRES

L i'; v k i: s, ô mères du baiser, Qui savez parfois apaiser

La soit' Je l'âme, Lèvres exquises de l'enfant, Lèvres de l'amour triomphant,

Lèvres de femme ;

O lèvres, qui buvez nos pleurs, Lèvres plus douces que les fleurs,

Fleur rouge ou rose, Fleur qu'empourpre la passion, Fleur pâle où l'adoration

Folle se pose ;

Fleur dont l'abeille du désir Boit longuement, suce à plaisir

L'aimant calice, Et dont les frissons, la pudeur, Où s'attise encor cette ardeur,

Sont un délice ;

Fleur frémissante de la chair Où tout l'être qui nous est cher

Palpite et tremble, Coupe où se rejoignent les cœurs, Pour en d'ineffables langueurs

Mourir ensemble;

Coupe d'où s'écoule le vin Parfumé, mystique et divin

De ces caresses, Qui font pâlir les adorés, Les beaux amants transfigurés

Par leurs tendresses :

Fruit charnel, dont le suc puissant Brûle, dévore notre sang,

Et nous enivre, Fruit délectable que l'on mord, De l'arbre de vie et de mort

Fruit qui fait vivre;

Fruit qu'on se jette en souriant, Le regard humide et brillant,

Pour se répondre, Pulpe molle, fruit savoureux, Qui dans le cœur des amoureux

Semble se fondre;

Cil A NT'- D B I. A KO UH II H B I.A MORT i<>;

Arc vivant du terrible Archer, Que l'âme ne peut approcher

Sans des blessures, Mais telles, qu'en dût-on mourir, On préfère ne pas guérir

De leurs morsures;

Arc donc la courbe est sans défaut, Arc redoutable et dont il faut

Parfois qu'on meure, Tout petit arc au fin contour, D'où peut naître un si grand amour

Qui saigne et pleure;

Lèvres d'où jaillissent les chants, Brûlants, passionnés, touchants,

Et le beau rire, Lèvres au son d'argent ou d'or, Et plus musicales encor

Que n'est la lyre ;

Sources des chansons et des voix, Qui gazouillez, ainsi qu'au bois

Les nids de mousses, Lèvres aux longs babils charmants, Lèvres -d'enfants, lèvres d'amants,

Toutes si douces;

lo6 l'illusion

Lèvres, symboles des amours, L'une auprès de l'autre toujours,

Comme des rimes, Nobles rimes, je vous bénis, Et dans mon cœur je vous unis

Aux yeux sublimes;

Je vous bénis pour les douleurs, Pour la joie ardente ou les pleurs,

Les chaudes fièvres, Pour mes extases d'autrefois Et les baisers que je vous dois,

O chères lèvres 1

CHANTS i» r L VHOUF i ; D1 I \

ZCOTUTUTil

Ui'AM) nous saurons qu'après la tombe Rien de nous ne survivra plus, Que l'être tout entier succombe, Que les rêves sont superflus.

Alors exaltés par la crainte

De ce gouffre où nous sombrerons,

Oh! dans une anxieuse étreinte,

Chers cœurs aimés, nous vous prendrons,

Et, tendres formes fugitives, Douceurs, splendeurs, fiertés d'un jour, Dans nos caresses plus hâtives, Nous mettrons encor plus d'amour !

— Et je veux ainsi dans cette heure, Laissée à ma mortalité, M'abreuver, avant que je meure, De tant de joie et de clarté,

Soleil que dévore sa flamme, Aimer, vivre si puissamment, Que tu regrettes moins, mon âme, De n'avoir brûlé qu'un moment !

CH V N'is Dr: i. mOO B BT D B LA 11 01 i [OQ

'X.OCTU'Ii'KE

J 'ÉTOUFFE et j'ai soif d'air illimité : Mon cœur à travers la nuit féminine, Oh! là-haut, si loin, par l'immensité Se voudrait enfuir hors de ma poitrine !

J'étouffe et j'ai soif d'air illimité : Oh! si l'air aimant, si le vent qui passe, Ce lourd vent d'amour, ce vent chaud d'été, Pouvait emporter mon cœur dans l'espace !

LiASCE'KTO

1 leure, ô mon âme, avec les voix Des violons mélancoliques, Chantant d'anciennes musiques, Où pleure une âme d'autrefois.

Pleure, ô mon âme, avec les vents Qui hurlent, pleurent tout l'automne, Roulant la plainte monotone Des pauvres morts et des vivants.

... Pleure avec l'Océan amer Qui sans fin pleure et se lamente Vers la Lune, sa pâle amante, Inaccessible dans l'éther!

C il A NTs h i: i \ •: 1: LA M 0 l'.T

LJL FEMME ET L'Oci\LT)E

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