‹ L'IllusionChapitre 23 sur 78 · U APRES UNE ESTAMPE · texte numérisé non relu

U APRES UNE ESTAMPE

-L .\ curieuse, pour se voir, Faisant d'un étang son miroir,

Sur lui se penche, Et, lys en fleur au bord des eaux, Mêle aux verdures des roseaux

Sa clarté blanche.

Elle rit à la nudité

De son jeune corps reflété

Par l'eau qui tremble, Et songe qu'aujourd'hui d'argent, Sombre hier, à son cœur changeant

L'onde ressemble.

Et tandis que ses membres nus, Adorablement ingénus,

Avec paresse S'offrent au long baiser charmant De l'air -tiède ou du flot aimant,

Qui les caresse,

L'eau, murmurant avec douceur, Semble parler comme une sœur

A cette blonde, Et lui dire : « Tes yeux vermeils, Tes yeux mobiles sont pareils,

Vierge, à mon onde ;

« Sœur perfide aussi, dans tes bras, Tes amants, tu les berceras,

Et leur ivresse Sera telle qu'ils se fieront Aux candeurs de ton jeune front,

A ta tendresse.

« Mais qu'importe, quand à genoux Ils goûteront le philtre doux

Qui les pénètre, Si tes yeux, comme un lac profond, Cachent sous l'appel qu'ils leur font,

La mort peut-être,

« Pourvu que celle qui leur rit, Ainsi qu'une eau bleue et les prit

Dans ses mensonges, Sache du moins quelques moments Mettre en l'âme de ses amants

De divins songes ! »

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT n;

t\C^ieDOthLE

Lie toucher de ta chair, fraîche comme une fleur, Tes yeux d'un azur vague, et l'exquise pâleur De ta beauté tranquille et pourtant si troublante, Et ton doux parler lent, et ta démarche lente Me rappellent parfois ces vierges de jadis, Peintes sur un fond d'or, tenant en main des lys, Au visage candide, avec des yeux étranges, Et dont le corps semblait nourri du pain des anges.

LJi. CH^cXJSOcM T>U VE^T

Vext fou qui voles où tu veux, De fleur en fleur, de femme en femme, Vent qui carresses les cheveux, Vent libre, je voudrais ton âme.

Vent qui murmures dans les bois, Comme un chœur à bouche fermée, Certains soirs je voudrais ta voix, Pour parler à ma bien-aimée;

Et, vent qui soulèves les mers, Qui hurles le long des rivages, Je voudrais dans mes jours amers Parfois aussi tes cris sauvages,

Pour y jeter tous mes sanglots, Toutes mes colères, ma haine, Et pour fouetter comme des flots L'océan de la foule humaine !

. M O Ull I.T DE l h

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